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Diffusé le 14 janvier 2008 - ::
Juste avant sa mort, Jésus donne ses dernières instructions à ses disciples. Il les met en garde contre les persécutions qu'ils vont subir, en particulier de la part des autorités juives.
Je continue dans le chapitre 15 de Jean.
Si je n'étais pas venu et si je ne leur avais pas parlé, ils ne seraient pas coupables, mais maintenant, leur péché est sans excuse. Celui qui a de la haine pour moi en a aussi pour mon Père. Si je n'avais pas accompli au milieu d'eux des œuvres que jamais personne d'autre n'a faites, ils ne seraient pas coupables. Mais maintenant, bien qu'ils les aient vues, ils continuent à nous haïr, et moi, et mon Père. Mais il fallait bien que s'accomplisse cette parole écrite dans leur Loi : Ils m'ont haï sans raison (Jean 15.22-25).
Jésus vint sur terre afin de révéler Dieu. Le monde est coupable de ne pas avoir reconnu en lui le Serviteur de l'Éternel, et de ne pas se soucier de Dieu qui l'a envoyé. Avant que le Christ ne vienne, les gens pouvaient toujours prôner l'ignorance pour justifier leur incrédulité. S'il n'était pas venu, la culpabilité des Juifs et en particulier des autorités religieuses aurait été moins grande. Jésus est venu de Dieu et a dirigé le faisceau lumineux des cieux sur les âmes des hommes. C'est la lumière qui dans une pièce met en relief la poussière et toute sorte de saleté, et c'est ainsi qu'il a mis le doigt sur leurs péchés.
Maintenant donc ils doivent choisir : soit ils acceptent la révélation de Dieu en Jésus-Christ, soit ils s'enveloppent dans les ténèbres. Chaque fois qu'on éclaire dans un lieu habituellement sombre, les rats, les chauves-souris et les cafards se ruent à la recherche de l'obscurité pour se cacher. C'est ce qu'ont fait les Juifs après avoir entendu les paroles de Jésus et vu ses œuvres. Ils sont sans aucune excuse et coupables de l'avoir rejeté en toute connaissance de cause. En effet, Nicodème, un des principaux docteurs de la loi de Moïse, a lui-même reconnu l'origine divine du ministère de Jésus quand il a dit :
Maître, nous savons que c'est Dieu qui t'a envoyé pour nous enseigner car personne ne saurait accomplir les signes miraculeux que tu fais si Dieu n'était pas avec lui (Jean 3.2).
Malgré cela, la nation d'Israël, par l'entremise de ses autorités religieuses, a choisi d'assassiner le Seigneur. Cette haine dirigée contre lui et son Père était sans raison puisqu'il ne faisait que le bien ; il les guérissait et opérait des miracles pour soulager leur peine et leurs besoins, mais en vain. Ils sont donc sans la moindre excuse.
Je continue le texte jusqu'à la fin du chapitre.
Quand le Défenseur sera venu, celui que je vous enverrai d'auprès du Père, l'Esprit de vérité qui vient du Père, il rendra lui-même témoignage de moi. Et vous, à votre tour, vous serez mes témoins, car depuis le commencement vous avez été à mes côtés (Jean 15.26-27).
Face à l'opposition et à la haine dont il sera victime, un croyant pourrait être tenté d'échapper au monde ou de demeurer silencieux. Le monachisme fut une réaction de séparation trop grande d'avec le monde ; des hommes souvent très vertueux choisirent de se retirer dans des monastères. Jésus encourage ses disciples en leur promettant l'appui de l'Esprit qui est envoyé de la part du Père tout comme le Fils l'a été. Il est digne de foi, car il est l'Esprit de vérité.
De même que l'œuvre de Jésus devait promouvoir le Père et non lui-même, le Saint-Esprit représentera Jésus en le confirmant comme le Messie. Toutefois, il n'agira pas à la place des disciples, mais à leurs côtés. Ce sont les apôtres qui témoigneront en faveur du Christ parce qu'ils ont été avec lui dès le commencement, et connaissent tous les faits. Ils savent que Jésus est la vérité, qu'il avait calmé la tempête et ressuscité des morts, dont Lazare qu'il fit sortir du Tombeau alors qu'il était déjà en état de décomposition. C'est donc l'obéissance des disciples, alliée à la puissance du Saint-Esprit, qui permettra à l'Église naissante de s'étendre jusqu'aux extrémités du monde.
Nous voici rendus au chapitre 16 qui va conclure ce fameux discours de la Chambre Haute. Afin de communiquer des réalités spirituelles, Jésus aimait à utiliser des images et des objets qui étaient familiers à ses auditeurs. Dans l'exemple de la vigne, symbole d'Israël, il s'est comparé au cep tandis que son Père est le vigneron. Il a invité les apôtres, en tant que sarments, à lui rester attachés parce qu'il est non seulement le cep, mais aussi le véritable Israël de Dieu.
Ce discours a commencé avec l'ordre de demeurer en lui. Cette démarche est nécessaire à un témoignage efficace dans un environnement hostile. En effet, l'opposition entre le monde marqué par la haine et les croyants caractérisés par l'amour est radicale. C'est ainsi que les disciples porteront du fruit qui plaira au vigneron. Cette image des sarments qui demeurent attachés au cep décrit la façon dont les croyants doivent rester fidèles au Seigneur malgré des conditions souvent difficiles, et puiser en lui les ressources nécessaires à l'accomplissement de leur mission.
Jésus a bâti son enseignement autour de la notion de relation. Tout d'abord, il existe un lien parfait entre le Père et le Fils, ensuite une relation d'intimité entre lui et ses disciples, car il est en eux et ils sont en lui. Eux-mêmes reçoivent un nouveau commandement : celui de s'aimer les uns les autres. À cela s'ajoute un quatrième type de relations, celles entre les croyants et le monde qui leur est hostile, en particulier les religieux juifs avec qui, Jésus les avertit, ils auront maille à partir.
Je commence maintenant à lire le chapitre 16.
— Je vous ai dit tout cela pour que vous soyez préservés de toute chute. Car on vous exclura des synagogues, et même l'heure vient où tous ceux qui vous mettront à mort s'imagineront rendre un culte à Dieu (Jean 16.1-2).
Jésus lisait dans l'esprit des apôtres qu'ils se demandaient pourquoi il leur parlait de la haine et de la persécution dont ils seraient victimes. C'est pourquoi Jésus leur explique qu'ils doivent s'attendre à rencontrer de grosses difficultés qui risquent de mettre leur foi à rude épreuve. Parce qu'ils sont prévenus et qu'ils comprennent la raison des exactions à venir, ils seront prêts et préservés de toute chute. Ainsi, ils demeureront fidèles à Dieu dans l'accomplissement de leur mission.
Il leur a déjà dit qu'un serviteur peut s'attendre à un traitement identique à celui qui a été infligé au Maître. Jésus fut mis au ban de la société et martyrisé et il leur prédit qu'il en sera de même pour eux. La longue liste des martyrs chrétiens montre à quel point cela s'est vérifié. Le fanatisme a toujours conduit à assassiner ceux qui sont considérés comme hérétiques.
Les premiers chrétiens étaient des Juifs, et très tôt après que l'Église ait commencé à grandir et à s'étendre, ils furent excommuniés des synagogues, à commencer par les apôtres. À cette époque, c'est ce qui pouvait arriver de pire à un Juif pieux. En prenant parti pour le Christ, les premiers croyants ont brûlé leurs ponts. Il n'y avait plus de retour en arrière possible. Devant eux s'étendait le royaume des cieux, mais avant de l'atteindre ils allaient endurer toute sorte de persécutions et beaucoup le martyre. Les paroles de Jésus, l'heure vient où tous ceux qui vous mettront à mort s'imagineront rendre un culte à Dieu, sont remarquablement prophétiques .
Avant de devenir le grand apôtre Paul qui a écrit presque la moitié du Nouveau Testament, ce Juif érudit s'appelait Saul de Tarse et persécutait les chrétiens avec violence comme il le confesse lui-même dans une de ses lettres. Je cite le passage :
Pour moi donc, j'ai d'abord pensé que je devais m'opposer par tous les moyens au nom de Jésus de Nazareth. C'est ce que j'ai fait à Jérusalem : j'ai jeté en prison, en vertu des pouvoirs que j'avais reçus des chefs des prêtres, un grand nombre de ceux qui appartenaient à Dieu et, lorsqu'il s'agissait de les condamner, j'ai voté leur mise à mort. Je passais d'une synagogue à l'autre pour les faire punir et essayer de les contraindre à renier leur foi ; dans l'excès de ma fureur, j'allais les traquer jusque dans les villes étrangères (Actes 26.9-11).
La façon dont Saul de Tarse s'est conduit envers les premiers chrétiens est représentative d'autres situations où le persécuteur croit faire ce qui est juste et agir au nom de Dieu. L'histoire de l'Église abonde avec de tels crimes ; il y a eu les croisades, l'inquisition, la guerre de 30 ans et la contre-réforme bien sûr, mais aussi la conduite de Calvin qui fut moins qu'honorable envers ses adversaires à Genève. Tous les dirigeants d'organisations, qu'elles soient politiques, religieuses ou entreprises privées, attirent le chaland avec ce qui brille. Qu'ils soient PDG, chefs de file ou grands-prêtres, tous ces gens et leurs sous-fifres jouent sur ma convoitise qu'ils amorcent par des demi-vérités. Ils mettent en avant les avantages fabuleux que j'aurai à gagner si je les rejoins, et passent sous silence les difficultés, les inconvénients, les privations et les sacrifices, surtout le coût qu'il soit financier ou de sa personne.
Jésus, lui, agit de manière opposée. Il jouait franc-jeu avec ses disciples. Certes, il leur a dit que s'ils le suivaient, il leur préparerait une place dans le royaume des cieux, mais il n'oublie pas non plus de les avertir que le chemin d'accès est couvert de rocailles, que leur consécration va leur coûter cher et sans doute tout ce qu'ils ont. Il les a déjà mis en garde par des paroles qu'on trouve dans les autres Évangiles. Ainsi à quelqu'un qui exprimait le désir de le suivre, il a dit :
Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel des nids ; mais le Fils de l'homme n'a pas d'endroit où reposer sa tête. Puis, s'adressant à tous, il dit : Si quelqu’un veut me suivre, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge chaque jour de sa croix, et qu'il me suive (Matthieu 8.20 ; Luc 9.23).
Jésus n'a jamais laissé entendre que le suivre serait une vie de pacha, au contraire, il va dire à ses disciples un peu plus loin dans ce chapitre :
Vous aurez des tribulations dans le monde ; mais prenez courage, moi, j’ai vaincu le monde (Jean 16.33).
Je continue le texte.
Ils en arriveront là parce qu'ils n'ont jamais connu ni mon Père ni moi (Jean 16.3).
Les Juifs persécuteront les disciples parce qu'ils ont rejeté Jésus. Ils ont refusé de reconnaître que ses paroles et ses œuvres venaient du Père. Cette attitude haineuse était due au fait qu'ils n'avaient pas la connaissance de l'Éternel, le Créateur du ciel et de la terre. Oh, ils étaient très religieux, pour ça oui, mais en soi, cela n'a absolument aucune valeur.
La nation d'Israël avait une connaissance de Dieu grâce à la loi de Moïse, mais cette perspective légaliste des choses n'est pas une source de salut. Les Juifs du temps de Jésus étaient comme la première génération d'Israélites qui avait été délivrée de l'esclavage sous la conduite de Moïse. Jésus avait opéré une quantité incommensurable de miracles aux yeux du peuple et des autorités religieuses, mais ils l'ont néanmoins rejeté.
Leurs ancêtres avaient assisté de leurs yeux aux 10 plaies d'Égypte, aux prodiges de Moïse, par lesquels l'Éternel avait jugé les faux dieux et le pharaon, et pourtant ils ont éventuellement tourné le dos à leur Dieu qui prononça alors un jugement contre eux. J'en lis une partie :
Pendant quarante ans, j'ai éprouvé du dégoût pour cette génération, et j'ai dit alors : C'est un peuple qui s'égare, et qui ne fait aucun cas des voies que je lui prescris. C'est pourquoi, dans ma colère, j'ai fait ce serment : Ils n'entreront pas dans mon repos (Psaumes 95.10-11)
Je continue le texte.
Je vous ai annoncé tout cela d'avance pour que, lorsque l'heure sera venue pour eux d'agir ainsi, vous vous rappeliez que je vous l'ai prédit. Je ne vous en ai pas parlé dès le début, parce que j'étais encore avec vous (Jean 16.4).
Jésus révèle à ses disciples une nouvelle fois ce qui va leur arriver, afin de fortifier leur foi. En effet, lorsque ces choses s'accompliront, ils se rappelleront que Jésus les leur avait prédites. Ils réaliseront alors qu'il connaissait l'avenir, et auront davantage confiance en lui pour continuer malgré les persécutions. Jusqu'à présent, la haine des Juifs était dirigée contre le Seigneur et il était présent pour protéger ses disciples, fussent-ils par des moyens surnaturels. Mais maintenant qu'il va les quitter, ce sont eux qui seront la cible de ceux qui haïssent Dieu.
Je continue.
— Maintenant, je vais auprès de celui qui m'a envoyé, et aucun de vous ne me demande où je vais ? Mais, à cause de ce que je vous ai dit, la tristesse vous a envahis (Jean 16.5-6).
En effet, les disciples sont grandement attristés en apprenant que Jésus allait les quitter. Ils se sentent orphelins et abandonnés . S'ils avaient compris pourquoi leur Maître partait et où il allait, ils s'en seraient réjouis. Mais au lieu de poser des questions, ils demeurent bouche bée, parce qu'ils sont trop préoccupés par ce qui va leur arriver une fois que Jésus sera parti.
Étant plutôt du genre primaire dans leurs pensées et leur façon de voir les choses, ils ne font pas de lien entre tout ce que le Seigneur leur a dit. Ils sont déroutés, n'ayant pas la moindre idée de l'enchaînement des événements qui est sur le point de s'enclencher : l'arrestation et le jugement de Jésus, sa mise en croix et la résurrection, son apparition puis l'ascension, et enfin la Pentecôte. Plus tard, Jésus leur annoncera que leur tristesse se changera éventuellement en grande joie, à cause de la résurrection. Mais pour l'instant, ils sont confus et déprimés.
Je continue.
Pourtant, c'est la vérité que je vais vous dire : il vaut mieux pour vous que je m'en aille. En effet, si je ne m'en vais pas, le Consolateur ne viendra pas à vous. Mais si je m'en vais, alors je vous l'enverrai (Jean 16.7).
Le départ de Jésus était nécessaire bien que douloureux et difficile, pour les disciples certes, mais dans une certaine mesure pour le Seigneur aussi. En effet, en tant qu'homme, ces onze apôtres étaient ses amis intimes. Ils avaient vécu ensemble pendant 3 ans. Il leur était attaché et devait maintenant tirer un trait sur cette amitié tout humaine certes, mais bien réelle quand même.
En fait, ce départ allait leur être bénéfique, car Jésus devait faire l'expiation des péchés afin de sauver son peuple. Il était indispensable qu'il meure sur la croix, soit enseveli et ressuscite. D'autre part, une fois glorifié il pourrait envoyer le Saint-Esprit, le Consolateur qui les assisterait de sa présence partout où ils iraient et qui donnera force et autorité au témoignage des disciples.
Je continue.
Et quand il sera venu, il prouvera au monde qu'il s'égare au sujet du péché, de ce qui est juste et du jugement de Dieu (Jean 16.8).
Le Saint-Esprit va persuader et convaincre les gens qu'ils font fausse route dans leur façon de concevoir leur Créateur. Je ne peux pas m'imaginer à quel point Dieu a en horreur mes fautes, combien sa justice est implacable et son jugement sans appel. Le mot traduit par « prouvera qu'il s'égare » fait partie du vocabulaire juridique. Il apparaît 23 fois dans « Le procès de Socrate » qu'a rédigé Platon.
De la même manière dont l'accusation présente ses arguments lors d'un procès contre celui qui est mis en examen, telle sera la tâche du Saint-Esprit auprès de ceux qui entendent l'Évangile de Jésus-Christ. Il les convaincra de leur culpabilité devant Dieu et de la certitude du jugement à venir à moins qu'ils ne se repentent et acceptent le salut que leur offre le Christ. L'évangéliste Luc, qui a aussi écrit le livre des Actes des Apôtres, rapporte une prédication de saint Paul où il précise justement cette nécessité de changer d'opinion en ce qui concerne Dieu et Jésus. Je le cite :
Dieu ne tient plus compte des temps où les hommes ne le connaissaient pas. Aujourd'hui, il leur annonce à tous, et partout, qu'ils doivent changer. Car il a fixé un jour où il jugera le monde entier en toute justice, par un homme qu'il a désigné pour cela, ce dont il a donné à tous une preuve certaine en le ressuscitant d'entre les morts (Actes 17.30-31).
Les autorités religieuses étaient totalement dans les ténèbres en ce qui concerne les réalités spirituelles ; aveuglés par leur incrédulité et leur haine, ils avaient déclaré Jésus coupable devant leur loi. En réalité, ces dirigeants despotes s'étaient eux-mêmes placés sous le jugement divin. Ils erraient tellement loin de la vérité qu'ils pensaient qu'il était juste de livrer Jésus à la mort. Mais la résurrection prouva aux yeux de tous que c'était lui qui était droit aux yeux de Dieu.