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Émission 269 - Evangile de Jean 14:16 - 15:4

Diffusé le 10 janvier 2008 - ::

Chapitre 14

Versets 16-17

Dans le chapitre 14 de Jean, Jésus console ses disciples et les enseigne concernant le Saint-Esprit qui viendra prendre sa place pour les diriger dans leur vie de disciple. Il se veut avant tout rassurant. Ce qu'il dit aux apôtres, il le dit à moi aussi.

Versets 18-20

Je continue.

Non, je ne vous laisserai pas seuls comme des orphelins, mais je reviendrai vers vous. Sous peu, le monde ne me verra plus ; mais vous, vous me verrez parce que je suis vivant et que, vous aussi, vous vivrez. Quand ce jour viendra, vous connaîtrez que je suis en mon Père ; vous saurez aussi que vous êtes en moi, et que moi je suis en vous (Jean 14.18-20).

La crucifixion, la résurrection, l'ascension et la Pentecôte sont des événements qui s'enchaînent rapidement. Ils forment un tout qui marque la transition entre la fin du ministère visible de Jésus sur terre et le commencement de celui du Saint-Esprit, qui prend le relai en quelque sorte. De la même manière que les apôtres ont vu et connu le Père en la personne de Jésus, ils continueront à le voir par la foi grâce à la présence du Saint-Esprit en eux. C'est aussi par lui qu'ils comprendront tout ce que Jésus leur a enseigné, que la lampe de leur intelligence spirituelle va s'éclairer, et que les morceaux du puzzle géant vont se mettre en place.

L'affirmation de Jésus, vous saurez aussi que vous êtes en moi, et que moi je suis en vous, est particulièrement forte de sens : être en Christ signifie posséder le salut, la vie éternelle. C'est se savoir porté et pardonné par lui et au bénéfice de sa justice. Chaque personne humaine est soit en Christ soit hors de Christ. Il n'y a pas d'entre les deux, de situation intermédiaire. En parallèle, Jésus leur dit aussi : je suis en vous. Il fait référence à la puissance du Saint-Esprit qui se manifeste dans la marche chrétienne du croyant. L'apôtre Paul écrit :

Ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi. Ma vie en tant qu'homme, je la vis maintenant dans la foi au Fils de Dieu qui, par amour pour moi, s'est livré à la mort à ma place (Galates 2.20).

Versets 21-24

Je continue le texte.

Celui qui m'aime vraiment, c'est celui qui retient mes commandements et les applique. Mon Père aimera celui qui m'aime ; moi aussi, je lui témoignerai mon amour et je me ferai connaître à lui. Jude (qu'il ne faut pas confondre avec Judas Iscariot) lui demanda : — Seigneur, pourquoi est-ce seulement à nous que tu veux te manifester, et non au monde ? Jésus lui répondit : — Si quelqu'un m'aime, il obéira à ce que j'ai dit. Mon Père aussi l'aimera : nous viendrons tous deux à lui et nous établirons notre demeure chez lui. Mais celui qui ne m'aime pas ne met pas mes paroles en pratique. Or, cette Parole que vous entendez ne vient pas de moi, c'est la Parole même du Père qui m'a envoyé (Jean 14.21-24).

Aimer Jésus et lui obéir est une seule et même chose. Vu ainsi, au lieu d'être un sentiment fluctuant, l'amour est un acte volontaire très pratique et mesurable. Jude, comme tous les autres apôtres, s'attendait encore à l'instauration d'un royaume visible dans un futur proche. Comme toujours, ils sont très terre-à-terre et n'ont pas compris que Jésus va se manifester à eux par le biais du Saint-Esprit. À un niveau individuel, il va entretenir une relation d'amour avec ses disciples qui auront foi en lui et qui lui obéiront.

Quant au monde, Dieu ne l'a pas oublié, puisqu'il va maintenant établir son Église sur terre par l'entremise de ses disciples. Or ce n'est pas par une simple profession de foi ou en fréquentant une assemblée chrétienne le dimanche qu'un croyant fera connaître Jésus autour de lui, mais en obéissant aux commandements du Seigneur.

Versets 25-26

Je continue.

Je vous dis tout cela pendant que je suis encore avec vous. Mais le Consolateur, le Saint-Esprit que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses et vous rappellera tout ce que je vous ai dit moi-même (Jean 14.25-26).

C'est l'Esprit qui plus tard, permettra aux apôtres de comprendre la portée des paroles et des actes de Jésus. C'est ainsi que certains d'entre eux pourront en particulier rédiger les documents du Nouveau Testament, comme Jean par exemple, qui a écrit cet Évangile. Alors qu'il était sur terre, Jésus a toujours présenté sa parole comme étant celle du Père. Par la suite, l'enseignement du Saint-Esprit sera attribué au Fils.

Verset 27

Je continue.

Je pars, mais je vous laisse la paix, c'est ma paix que je vous donne. Je ne vous la donne pas comme le monde la donne. C'est pourquoi, ne soyez pas troublés et n'ayez aucune crainte en votre cœur (Jean 14.27).

Ce sont les dernières paroles de réconfort que Jésus adresse à ses disciples. À cette époque, les Juifs se quittaient en disant : Shalom ! Ce qui en hébreu veut dire Paix. Le Nouveau Testament en distingue plusieurs catégories. L'homme en paix avec Dieu est celui dont les péchés sont pardonnés. Ici, il s'agit plutôt d'une paix en Dieu, qui est dans le cœur, et plus exactement un repos de l'âme que le croyant expérimente lorsqu'il se confie en Jésus, même lorsque les circonstances autour de lui sont inquiétantes.

Verset 28

Je continue.

Vous m'avez entendu dire que je pars, mais aussi que je reviendrai auprès de vous. Si vous m'aimiez, vous seriez heureux de savoir que je vais au Père, car le Père est plus grand que moi (Jean 14.28).

Le Fils de Dieu retrouvera auprès du Père la gloire qui était la sienne avant qu'il ne vienne sur terre, ce qui devrait réjouir les disciples s'ils aimaient leur Seigneur et comprenaient son enseignement. Mais à présent, ils ont été fortement ébranlés. Ils sont atterrés et dans un moment ils vont vivre les heures les plus sombres de leur vie. Ce sera la panique à bord et le sauve-qui-peut.

Certaines sectes s'appuient sur les paroles : le Père est plus grand que moi, pour déclarer que Jésus est un dieu inférieur au Père. Toutefois, cela amène soit à considérer Jésus comme une créature, soit au polythéisme. Or, ces deux positions sont manifestement contraires à l'enseignement des Textes Sacrés. En effet, comme le texte le montre bien, le Père et le Fils partagent la même nature et sont un, quant à leurs paroles et à leurs œuvres. Il faut donc comprendre ici que le Père est plus grand en valeur relative, en vertu de sa position et de sa gloire, tandis que le Fils en est dépourvu du fait qu'il est encore sur terre et dans l'humiliation.

Versets 29-31

Je continue jusqu'à la fin du chapitre.

Je vous ai prévenus dès maintenant, avant que ces choses arrivent, pour qu'au jour où elles se produiront, vous croyiez. Désormais, je n'aurai plus guère l'occasion de m'entretenir avec vous, car le dominateur de ce monde vient. Ce n'est pas qu'il ait une prise sur moi, mais il faut que les hommes de ce monde reconnaissent que j'aime le Père et que j'agis conformément à ce qu'il m'a ordonné. Levez-vous ; partons d'ici (Jean 14.29-31).

Après le choc initial de l'assassinat de leur Maître, les disciples vont comprendre que les prophéties de l'Ancien Testament ainsi que les prédictions de Jésus se sont accomplies conformément à la volonté de Dieu, ce qui sera pour eux d'un très grand réconfort. Le dominateur c'est le diable ; ailleurs dans le Nouveau Testament, il est appelé le Prince de ce monde. Sa puissance c'est premièrement le péché de l'homme qui lui donne un pouvoir juridique sur la race humaine ; et deuxièmement, la mort. C'est lui qui par haine a suggéré à Judas qu'il trahisse son Maître afin de le faire crucifier.

Cependant comme Jésus est sans faute et qu'il offre volontairement sa vie en sacrifice pour les péchés, en obéissance à son Père, le pouvoir de Satan sur lui n'est qu'une apparence. C'est un dragon de papier. Jésus vient de rappeler à ses disciples tout ce dont ils auront besoin de savoir pour supporter l'épreuve qui approche et poursuivre la mission qui leur est confiée. Maintenant, l'heure fatidique est proche ; Jésus quitte la Chambre Haute et va au-devant du supplice.

Chapitre 15

Introduction

Nous voici rendus au chapitre 15 de Jean qui poursuit l'entretien précédent qui s'appelle le discours de la Chambre Haute. Jésus va maintenant expliquer à tous ceux qui l'écoutent le type de relation qu'ils devront entretenir avec lui, entre eux et vis-à-vis du monde. Ses disciples auront pour tâche première de demeurer en lui, c'est-à-dire lui obéir, s'aimer les uns les autres, et témoigner de leur foi en lui. Jésus va éventuellement se rendre dans le Jardin des Oliviers où il sera arrêté.

Mais avant cela, il va donner ce dernier discours. On ne sait pas exactement où il a eu lieu. Il est possible qu'avant de se rendre au Jardin, Jésus ait fait un crochet par le Temple qui restait ouvert toute la nuit durant la fête de Pâque. Construit par le roi Hérode, c'était un bâtiment imposant et une merveille d'architecture. On dit aussi que ses portes étaient d'une très grande beauté. Elles avaient été façonnées en Grèce, acheminées par bateau jusqu'à Jérusalem, puis installées sur place, faites en bronze battu et ornées d'un plant de vigne en or sculpté. On venait de partout rien que pour les admirer. Si Jésus s'est rendu une dernière fois au Temple, alors il est probable que le discours qui va suivre et qui s'adresse en priorité aux disciples ait aussi eu pour auditeurs des pèlerins de passage. Tard dans la soirée, Jésus et les onze vont se diriger vers le Jardin des Oliviers en parcourant les vignes qui couvraient son flanc.

Verset 1

Je commence à lire ce chapitre 15.

— Je suis le vrai plant de vigne et mon Père est le vigneron (Jean 15.1).

C'est la dernière des 7 déclarations retentissantes commençant par «  Je suis  ». Israël était la vigne que l'Éternel s'était choisie et à laquelle il accordait ses soins et son attention. Tout au long de l'Ancien Testament, la vigne est un des symboles de la nation d'Israël. Je cite quelques passages caractéristiques :

Tu avais arraché de l'Égypte une vigne, puis tu as chassé des nations, et tu l'as replantée. Or, c'est la nation d'Israël qui est la vigne de l'Éternel, du Seigneur des armées célestes. Le plant qui faisait ses délices ce sont les habitants du pays de Juda. Il attendait d'eux la droiture, et ce n'est qu'injustice ; il attendait d'eux la justice, et ce sont des cris de détresse. Moi, je t'avais plantée comme un cep excellent d'une variété sûre. Comment se fait-il donc que tu te sois changée en plant dégénéré d'une vigne sauvage ? Israël est semblable à une vigne qui dégénère, il ne produit du fruit que pour lui-même (Psaumes 80.9 ; Ésaïe 5.7 ; Jérémie 2.21 ; Osée 10.1).

Dieu désirait ardemment que sa vigne produise du bon fruit, mais en vain, car elle n'a donné que du mauvais raisin. Aussi en tant que vrai cep, Jésus accomplit ce que la nation d'Israël aurait dû faire. Par ces paroles, Jésus se présente comme l'Israël authentique, de la même manière dont il s'est dit la véritable lumière et le vrai pain de vie. Il est le vrai cep dont seuls font partie les sarments que le Père ne coupe pas et qui portent du bon fruit.

En d'autres mots, les disciples sont invités à abandonner le système religieux juif et à le remplacer par lui, le véritable Israël de Dieu. Ça, c'était vraiment révolutionnaire aux oreilles des disciples dont la vision du monde et la façon de penser étaient juives jusqu'au bout des ongles. Cependant, une prophétie de l'Ancien Testament annonçait déjà que de la nation d'Israël, de cette vigne morte et stérile, surgirait un nouveau plant. Je la cite :

Car devant l'Éternel, il a grandi comme une jeune pousse ou comme une racine sortant d'un sol aride (Ésaïe 53.2).

Verset 2

Je continue le texte.

Tout sarment qui est en moi et qui ne porte pas de fruit, il le coupe, et tous ceux qui en portent, il les taille afin qu'ils produisent un fruit encore plus abondant (Jean 15.2).

L'objectif des sarments n'est pas seulement de demeurer sur le cep, c'est-à-dire de se dire chrétien voire même de fréquenter une communauté de croyants, mais de porter du fruit ; le bon raisin c'est l'obéissance, la droiture et la justice selon l'Ancien Testament, ou encore comme l'écrit l'apôtre Paul que je cite :

Le fruit de l'Esprit c'est l'amour, la joie, la paix, la patience, l'amabilité, la bonté, la fidélité, la douceur, la maîtrise de soi (Galates 5.22-23).

Le Père vigneron désire que sa vigne porte du bon raisin. Ce souhait va être mentionné à 8 reprises dans ce chapitre, avec une progression qui va aller de fruit à plus de fruit , à beaucoup de fruit . Ceci pour dire combien Dieu y tient à voir sa vigne fructifier. Dans ce but, les vignerons taillent leur vigne une fois l'an. Tout bois, qui n'a plus de sève et qui est donc mort, est coupé à ras du cep. Toutes les branches vivantes sont émondées afin qu'elles portent davantage de raisins.

Dans la métaphore de la vigne, le sarment qui est en Jésus se réfère à tous ceux qui affirment faire partie des disciples, mais qui ne sont pas nécessairement des vrais. Ainsi de toute évidence, le sarment qui ne porte pas de raisins est mort. C'est un faux chrétien, et par conséquent il est coupé ; de cette catégorie faisait partie Judas . Tant qu'il était en compagnie de Jésus, il ressemblait à n'importe quel autre sarment ou apôtre, mais en fait, il n'avait jamais reçu la vie de Dieu en lui. Aussi quitta-t-il les autres sarments et sa destinée fut celle d'un sarment mort.

Verset 3

Je continue.

Vous aussi, vous avez déjà été purifiés grâce à l'enseignement que je vous ai donné (Jean 15.3).

Précédemment, Jésus avait dit : vous, vous êtes purs, mais pas tous . Les apôtres, à l'exception de Judas, étaient de vrais croyants, même s'ils ne comprenaient pas grand-chose à l'enseignement que Jésus leur donnait. Ils lui étaient néanmoins fidèles et très attachés. Ils s'étaient soumis à lui et à ses instructions autant qu'ils le pouvaient. C'est la Parole de Dieu et sa puissance purificatrice qui purifie. Elle donne la vie et émonde les sarments afin qu'ils portent toujours davantage de fruits. Voilà comment l'exprime l'apôtre Pierre dans une de ses lettres :

Par votre obéissance à la vérité, vous avez purifié votre être. Car vous êtes nés à une vie nouvelle par une semence incorruptible : la Parole vivante et éternelle de Dieu (1Pierre 1.22-23).

Versets 4-6

Je continue le texte.

Demeurez en moi, et moi je demeurerai en vous. Un sarment ne saurait porter du fruit tout seul, sans demeurer attaché au cep. Il en est de même pour vous : si vous ne demeurez pas en moi, vous ne pouvez porter aucun fruit. Je suis le cep de la vigne, vous en êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, portera du fruit en abondance, car sans moi, vous ne pouvez rien faire. Si quelqu'un ne demeure pas en moi, on le jette hors du vignoble, comme les sarments coupés : ils se dessèchent, puis on les ramasse, on y met le feu et ils brûlent (Jean 15.4-6).

Tout au long de ce passage, Jésus insiste et déclare dix fois en 7 versets que ce qui compte vraiment, c'est de demeurer en lui. L'attachement à une religion, fut-ce le judaïsme, à un rite ou à une organisation n'a aucune valeur pour Dieu. Jésus avait déjà déclaré qu'il était le Vrai Cep, mais ce n'est que maintenant qu'il dit en plus que chaque disciple est un sarment. Pour que celui-ci porte du fruit, il est nécessaire que la sève du pied de vigne lui soit transmise ; que la vie du Fils de Dieu soit reproduite dans le croyant ; c'est pour cela qu'il doit suivre l'enseignement de Jésus, c'est-à-dire demeurer en lui. Ce verbe qui apparaît onze fois dans ce chapitre est utilisé 40 fois dans l'Évangile de Jean.

Il décrit une réalité riche de sens ; c'est s'attacher fidèlement à l'enseignement de Jésus et lui obéir, mais aussi aimer les autres selon l'exemple qu'il a donné, et finalement annoncer à ceux qu'on côtoie qui il est et la valeur de son sacrifice sur la croix. Par contre, ceux qui se prétendent chrétiens et qui n'obéissent pas au Christ sont comme les sarments sans vie dans la vigne. Ils ne portent pas de fruit, sont coupés, rassemblés, mis à sécher, et brûlés. Quelle pensée sobre !