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Diffusé le 4 janvier 2008 - ::
Dans le chapitre 12 de l'Évangile de Jean a eu lieu ce qu'on a coutume d'appeler l'entrée triomphale de Jésus à Jérusalem. Mais c'est là que commence aussi sa lente agonie qui va le mener à la croix. Dieu le Père a manifesté de façon audible son soutien et sa présence à côté de son Fils.
Je continue le chapitre 12.
Ceux qui se trouvaient là et qui avaient entendu le son de cette voix crurent que c'était un coup de tonnerre. D'autres disaient : — Un ange vient de lui parler. Mais Jésus leur déclara : — Ce n'est pas pour moi que cette voix s'est fait entendre, c'est pour vous (Jean 12.29-30).
La voix était audible, mais apparemment personne n'en comprit les paroles. Pour certains, il s'agissait d'une intervention angélique. Ceux-là, sans être dans la vérité, étaient au moins sur la bonne voie, ils avaient un début de discernement spirituel. Pour les autres, il s'agissait du tonnerre, un phénomène naturel. Ces adeptes du naturalisme représentent aujourd'hui l'immense majorité des gens dans les pays dits modernes, où le progrès et la science sont les plus développés. Leur perspective matérialiste repose sur l'hypothèse que la seule vérité est ce qui nous entoure et qui peut être expliqué en termes scientifiques et mesurables. Rien d'autre n'existe et donc il n'y a ni réalité spirituelle ou surnaturelle.
Je continue le texte.
C'est maintenant que va avoir lieu le jugement de ce monde. Oui, maintenant le dominateur de ce monde va être expulsé (Jean 12.31).
La croix représente deux victoires. Tout d'abord, la culpabilité des hommes a été expiée, le prix du péché payé et la dette acquittée pour tous ceux qui accepteront de faire alliance avec Dieu par l'intermédiaire de Jésus-Christ, le seul médiateur entre le Créateur et moi. Deuxièmement, c'est le triomphe du royaume de Dieu et la défaite de Satan qui doit lâcher sa prise sur le genre humain. Le pouvoir que le diable exerçait sur nous par le mal et la mort fut vaincu à la croix. Les hommes ont maintenant la possibilité d'être libérés de la puissance des ténèbres spirituelles et de l'esclavage du vice.
Satan a été jugé et condamné. Cependant, il est toujours actif, car il n'a pas encore été mis totalement hors de nuire. Pour des raisons que les Écritures ne nous donnent pas, Dieu a choisi pour le moment de laisser Satan en liberté, disons, surveillée. Il ne peut faire ce qu'il veut, mais il a quand même pas mal d'autonomie. C'est un peu comme quand une loi est votée, mais qu'il y manque les décrets d'application. Dans le cas du diable, il y en aura trois ; le premier sera mis en place à la fin du temps de l'Église. Je cite le passage :
Il fut précipité, le grand dragon, le Serpent ancien, qu'on appelle le diable et Satan, celui qui égare le monde entier. Il fut précipité sur la terre, et ses anges furent précipités avec lui. Maintenant, notre Dieu a manifesté sa puissance et instauré son règne. Maintenant, son Messie a pris l'autorité en mains. Car l'Accusateur de nos frères, celui qui, jour et nuit, les a accusés devant Dieu, a été jeté hors du ciel (Apocalypse 12.9-10).
Le deuxième décret d'application sera pris à la fin de la période de 7 ans de terreur qui s'appelle la Tribulation, et juste avant l'instauration du règne de 1 000 ans de Jésus-Christ comme souverain sur la terre. C'est un ange qui l'applique. Je cite le passage :
Puis je vis un ange descendre du ciel. Il tenait à la main la clé de l'abîme et une grande chaîne. Il se saisit du dragon, de ce Serpent ancien qui est le diable et Satan. Il l'enchaîna pour mille ans. Il le précipita dans l'abîme qu'il ferma au-dessus de lui, en y mettant des scellés afin que le dragon ne puisse plus égarer les peuples avant le terme des mille ans. Après cela, il doit être relâché pour un peu de temps (Apocalypse 20.1-3).
Finalement, le troisième et dernier décret sera appliqué à la fin de ces 1 000 ans du règne de Jésus sur terre, et suite à une immense bataille. Je lis ce passage :
Les nations s'ébranlèrent sur toute la surface de la terre et investirent le camp du peuple de Dieu et la ville bien-aimée de Dieu. Mais un feu tomba du ciel et les consuma. Alors le diable, qui les trompait, fut jeté dans l'étang de feu et de soufre (Apocalypse 20.9-10).
C'est vrai que c'est un peu compliqué tout ça. Nous aurons l'occasion de voir ces événements en détail lorsque je commenterais le livre de l'Apocalypse. Ce qui est essentiel dans tout ça, c'est la croix parce que c'est sur ce lieu de supplice que la défaite de Satan a été scellée et son sort final et éternel réglé, même s'il faudra pas mal de temps pour arriver jusqu'à l'application du troisième et dernier décret.
Je continue le texte du 12e chapitre de l'Évangile de Jean.
Et moi, quand j'aurai été élevé au-dessus de la terre, j'attirerai tous les hommes à moi. Par cette expression, il faisait allusion à la manière dont il allait mourir (Jean 12.32-33).
En déclarant : j'attirerai tous les hommes à moi , Jésus parlait de la dimension universelle du salut que Dieu allait offrir à tous sans distinction de race ce que confirment tous les textes du Nouveau Testament. J'en cite un :
Ils chantaient un cantique nouveau : Oui, tu es digne... car tu as été mis à mort et tu as racheté pour Dieu, par ton sang répandu, des hommes de toute tribu, de toute langue, de tout peuple, de toutes les nations (Apocalypse 5.9).
Durant son ministère terrestre, Jésus a attiré à lui toutes sortes de personnes et en grand nombre, mais surtout des Israélites. Tout au début, l'Église fut composée essentiellement de Juifs, mais peu à peu elle s'est étendue au monde entier et a englobé tous les peuples.
Je continue.
La foule répondit : — La Loi nous apprend que le Messie vivra éternellement. Comment peux-tu dire que le Fils de l'homme doit être élevé au-dessus de la terre ? Au fait : qui est donc ce Fils de l'homme ? (Jean 12.34).
La foule était intriguée. Certains semblaient avoir compris que Jésus, le Fils de l'homme, prédisait sa mort. Or, il se déclarait le Messie, et selon les Écritures celui-ci doit effectivement vivre éternellement, alors, ils étaient confus, du moins c'est ce qu'ils disent.
Je continue.
Jésus leur dit alors : — La lumière est encore parmi vous, pour un peu de temps : marchez tant que vous avez la lumière, pour ne pas vous laisser surprendre par les ténèbres, car celui qui marche dans les ténèbres ne sait pas où il va. Tant que vous avez la lumière, croyez en la lumière, afin de devenir vous-mêmes des enfants de lumière. Après avoir dit cela, Jésus s'en alla et se tint caché loin d'eux (Jean 12.35-36).
Jésus refuse de se lancer dans des explications d'ordre intellectuel. Il leur lance un dernier appel et prononce un jugement sur ceux qui n'y répondront pas. Ses auditeurs qui pour la plupart sont ses ennemis, doivent prendre une décision immédiate par rapport à lui, la lumière, et non pas se préoccuper du fait qu'il se nomme le Fils de l'homme. Jésus insiste sur l'urgence et la nécessité de saisir cette dernière opportunité de lui faire confiance qui leur est offerte, avant que lui-même ne soit arrêté, jugé, condamné, et exécuté.
Cet enchaînement d'événements représente les ténèbres, qui comme une couverture épaisse les recouvriront, endurcissant leur cœur en même temps. Alors, ils n'auront plus d'autres occasions de croire en lui, de le suivre et ainsi d'obtenir le salut. L'apôtre Jean nous donne maintenant l'explication de la situation dans laquelle se trouve cette foule qui après avoir rejeté Jésus va devoir subir le jugement divin.
Je continue.
Malgré le grand nombre de signes miraculeux que Jésus avait faits devant eux, ils ne croyaient pas en lui. Ainsi s'accomplit ce que le prophète Ésaïe avait prédit : Seigneur, qui a cru à ce que nous avons prêché et à qui ta puissance a-t-elle été révélée, ô Dieu ? Pourquoi ne pouvaient-ils pas croire ? C'est encore Ésaïe qui nous en donne la raison quand il dit : Dieu les a aveuglés, il les a rendus insensibles, afin que leurs yeux ne voient pas, que leur cœur ne comprenne pas, qu'ils ne se tournent pas vers lui pour qu'il les guérisse. Ésaïe a dit cela parce qu'il avait vu la gloire de Jésus et qu'il parlait de lui (Jean 12.37-41).
L'incrédulité des Juifs était irrationnelle, mais avait été prophétisée dans l'Ancien Testament. Parce que la nation avait systématiquement refusé la révélation que Dieu leur donnait en son Fils Jésus-Christ, ils étaient punis par l'endurcissement de leur cœur, c'est-à-dire l'impossibilité future de croire. De tels jugements de Dieu envers ceux qui persistent dans leur incrédulité sont fréquents tout au long des Textes Sacrés. C'est pourquoi dans un des livres du Nouveau Testament, et à 3 reprises je suis exhorté et en même temps solennellement averti en ces termes :
Aujourd'hui, si vous entendez sa voix, N'endurcissez pas vos cœurs (Hébreux 3.7, 15 ; 4.7).
Tout ce qui arrive à Jésus est l'accomplissement des prophéties : aussi bien sa mort que le refus de croire de beaucoup de ses contemporains et en particulier des autorités religieuses juives. La citation d'Ésaïe que nous donne Jean, a pour but de montrer que l'attitude de la nation d'Israël ne prend pas Dieu par surprise, mais que comme tous les événements qui entourent la venue, le ministère, la vie et la mort de Jésus, elle était prévue de longue date et fait partie de son plan immuable.
Cette parole prophétique aurait dû être un avertissement pour les Juifs afin qu'ils se gardent bien de ne pas faire partie de ceux dont Dieu endurcirait le cœur. Ce texte était donc à la fois une mise en garde, un jugement et une dernière occasion de prendre franchement position pour le Christ et de le suivre, parce que lui seul est la lumière du monde et celui qui donne la vie éternelle. La prophétie d'Ésaïe s'adressait bien sûr en priorité aux Juifs du temps de Jésus. Mais elle est aussi d'actualité pour moi aujourd'hui au 21e siècle, et elle est tout aussi valable pour vous qui m'écoutez.
Parce que dans leur immense majorité les contemporains de Jésus ont refusé d'accepter sa parole, ils furent délibérément endurcis, c'est-à-dire qu'il leur devint désormais impossible de revenir en arrière, de faire un retour sur eux-mêmes de se repentir en somme. Dieu n'est pas un papa gâteau qui se promène sur un nuage rose. L'apôtre Paul nous avertit en ces termes :
Ne vous y trompez pas : on ne se moque pas de Dieu. Ce qu'un homme aura semé, il le moissonnera aussi (Galates 6.7).
Il est tout à fait possible et même fréquent de franchir un point de non-retour avec Dieu. Je peux entendre l'Évangile, la bonne nouvelle de Jésus, une fois, deux fois, trois fois et peut-être plus. Mais si je persiste dans mon refus, il viendra un moment où je serais complètement imperméable à la Parole de Dieu. Mon sort éternel sera alors arrêté à tout jamais. C'est pourquoi l'exhortation que j'ai citée précédemment est d'actualité : Aujourd'hui, si vous entendez sa voix, N'endurcissez pas vos cœurs. J'en ajouterais une autre du même auteur :
Prenez donc garde : ne refusez pas d'écouter celui qui vous parle. Les Israélites qui ont refusé d'écouter celui qui les avertissait sur la terre, n'ont pas échappé au châtiment. À combien plus forte raison en sera-t-il de même pour nous, si nous nous détournons de celui qui nous parle du haut des cieux (Hébreux 12.25).
Je continue le texte de Jean.
Et pourtant, même parmi les dirigeants, beaucoup crurent en lui ; mais, à cause des pharisiens, ils n'osaient pas le reconnaître ouvertement de peur d'être exclus de la synagogue. Car ils tenaient davantage à l'approbation des hommes qu'à celle de Dieu (Jean 12.42-43).
Cette foi est une adhésion tout ce qu'il y a de plus intellectuel ; ce n'est pas l'engagement confiant vis-à-vis de Jésus qui procure le salut. Mais c'est malgré tout un rayon de soleil dans un tableau autrement très sombre que nous dresse l'apôtre Jean. Parmi ces responsables du peuple se trouvait notre ami Nicodème dont nous avons fait la connaissance au début de l'Évangile. On pourrait dire qu'il faisait partie de l'armée secrète de Jésus ; mais au moment de sa mort sur la croix, il va sortir de l'ombre et se déclarer ouvertement pour lui en l'ensevelissant en compagnie d'un autre dirigeant. Quant aux autres, quelques-uns apparaîtront sans aucun doute dans l'Église naissante, mais leurs noms ne nous sont pas donnés.
Je continue le texte.
Jésus déclara à haute voix : — Si quelqu'un me fait confiance, ce n'est pas en moi seulement qu'il croit, mais encore en celui qui m'a envoyé. Qui me voit, voit aussi celui qui m'a envoyé. C'est pour être la lumière que je suis venu dans le monde, afin que tout homme qui croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres (Jean 12.44-46).
Cette exhortation à voix forte est aussi un dernier appel à la foi, ainsi qu'un résumé général de la manière dont Jésus-Christ se révéla à la nation. Il est la manifestation parfaite, visible, en chair et en os, du Père qui l'a envoyé ; de sorte que lui faire confiance revient à croire en Dieu. Dans le christianisme, il n'y a qu'un seul objet de la foi qui sauve et c'est Jésus, l'image exacte du Père. Il est venu dans le monde afin d'extraire les hommes hors du domaine ténébreux de Satan et les conduire dans le royaume de lumière de Dieu. Cet appel à la foi clôt le ministère public de Jésus.
Je continue jusqu'à la fin de ce chapitre 12.
Si quelqu'un entend ce que je dis, mais ne le met pas en pratique, ce n'est pas moi qui le jugerai ; car ce n'est pas pour juger le monde que je suis venu, c'est pour le sauver. Celui donc qui me méprise et qui ne tient pas compte de mes paroles a déjà son juge : c'est cette Parole même que j'ai prononcée ; elle le jugera au dernier jour. Car je n'ai pas parlé de ma propre initiative : le Père, qui m'a envoyé, m'a ordonné lui-même ce que je dois dire et enseigner. Or je le sais bien : l'enseignement que m'a confié le Père c'est la vie éternelle. Et mon enseignement consiste à dire fidèlement ce que m'a dit le Père (Jean 12.47-50).
Étant donné que Jésus est le Logos, la Parole de l'Éternel adressée aux hommes, Dieu a parlé de manière décisive et définitive par lui. Le but de la révélation du Père en la personne du Christ est de sauver et non de juger. Mais le rejet des Paroles de Jésus équivaut à le mépriser, lui la lumière et la vie éternelle. Cela conduit, par défaut pourrait-on dire, à une autopunition, un enfermement de soi dans les ténèbres. C'est ça qui constituera la sentence de jugement au dernier jour.
Cette dernière mise en garde de Jésus met fin à un passage qui avait commencé par ce qu'il est coutume d'appeler l'entrée triomphale dans Jérusalem et qui est rapportée par les 4 Évangiles. Mais dans les faits, ce pseudotriomphe fut un vrai feu de paille, comme la suite l'a bien montré. En effet, l'atmosphère qui domine autour de Jésus est toujours la même : l'incrédulité du peuple, la haine des autorités religieuses, et aussi l'incompréhension des disciples. De plus, Jésus ajoute à ce climat déjà lourd, l'angoisse qu'il ressent à la perspective de la croix qui se dresse devant lui et vers laquelle il a résolument décidé de se rendre. Cependant au-delà des ténèbres, la lumière du salut universel pointe à l'horizon ; les Grecs qui viennent le voir dans l'intention de lui parler, et peut-être même de l'inviter chez eux, en sont les premiers fruits. De plus, certains dirigeants du peuple commencent à croire en Jésus.
Nous voici maintenant arrivés à la dernière grande section de l'Évangile de Jean. Après le premier chapitre composé d'un petit prologue et d'une introduction tout aussi brève, le corps du récit a été constitué par les chapitres 2 à 12. Jésus s'est manifesté d'une part comme le Fils de Dieu, ce qu'il a amplement démontré par ses œuvres miraculeuses, et d'autre part comme la lumière du monde ce qu'il a proclamé haut et fort par un enseignement avec une très grande autorité. Son ministère public est désormais terminé puisqu'il a été officiellement rejeté par la nation.
Jésus va maintenant passer les dernières heures qui lui restent à vivre avant qu'il ne soit arrêté, à instruire ses disciples, et plus particulièrement les 12 qui sont appelés à continuer son œuvre. Il va surtout leur parler de l'amour que le Père a pour lui et pour eux. Les vrais disciples rayonnent de l'amour du Père qu'ils doivent manifester envers Jésus et entre eux. Le nouveau commandement qu'il va donner est : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il va aussi leur parler de la relation filiale et d'amour qui le lie à ceux qui lui ont fait confiance, ainsi que de la place qu'il leur a réservée dans le royaume des cieux.