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Diffusé le 3 janvier 2008 - ::
La résurrection de Lazare 4 jours après son ensevelissement est racontée en détail par Jean et a donné lieu à des paroles relativement bien connues de Jésus-Christ, comme :
Je suis la résurrection et la vie. Celui qui place toute sa confiance en moi vivra, même s'il meurt. Et tout homme qui vit et croit en moi ne mourra jamais (Jean 11.25).
Cependant, ce miracle a considérablement envenimé la situation avec les religieux. En effet, ceux-ci voyaient leur pouvoir auprès du peuple s'effriter aussi vite que la neige fond au soleil.
Je continue maintenant notre texte dans le chapitre 12.
Entre-temps, on apprit que Jésus était à Béthanie. Les gens s'y rendirent en foule, non seulement à cause de Jésus, mais aussi pour voir Lazare qu'il avait ressuscité d'entre les morts. Alors les chefs des prêtres décidèrent aussi de faire mourir Lazare. Car, à cause de lui, beaucoup se détournaient d'eux pour croire en Jésus (Jean 12. 9-11).
Jésus soulevait une telle controverse au sein du peuple qu'il lui était impossible de demeurer près de Jérusalem sans se faire remarquer. De tous les coins du pays, on était venu pour célébrer la fête de Pâque. Plusieurs cherchaient Jésus, mais la curiosité semblait motiver le plus grand nombre à venir voir le ressuscité. Il était devenu un zoo à lui tout seul. On arrivait de partout pour dévisager le phénomène ; il était encore plus populaire que la femme à barbe. Mais dans tout ça, il n’a pas de chance. Déjà, il est mort il n’y a pas si longtemps. D'accord, il est revenu à la vie, mais ses réjouissances furent de courte durée, car voilà que la faune religieuse fomente un mauvais coup, un complot pour lui faire la peau.
Les religieux ne tolèrent aucun rival, donc Lazare doit mourir. Décidément, c'est la guigne pour lui. Je me demande quand même ce que croyaient vraiment ceux qui étaient venus l'examiner sous toutes les coutures ? Bien sûr au premier abord ça impressionne quelqu'un qui ressuscite, surtout si on peut le toucher pour s'assurer qu'il est vraiment en chair et en os, puis la vie reprend son cours, chacun vaque à ses occupations et on oublie vite.
Je continue.
Le lendemain, une foule immense était à Jérusalem pour la fête. On apprit que Jésus était en chemin vers la ville. Alors les gens arrachèrent des rameaux aux palmiers et sortirent à sa rencontre en criant : — Hosanna ! Béni soit celui qui devait venir de la part du Seigneur ! Vive le roi d'Israël ! (Jean 12.12-13).
Un enthousiasme sans pareil éclata au sujet de Jésus. Des milliers de pèlerins venus de Galilée, du nord du pays, pour célébrer la Pâque, avaient vu plusieurs de ses prodiges et bien qu'il ait refusé le rôle de Messie politique, les gens pensaient que le moment était peut-être venu de l'accueillir à nouveau comme tel. En effet, Jérusalem était la ville du grand roi et Jésus y venait. En agitant leurs branches de palmier, symbole de victoire, les gens criaient Hosanna !, ce qui signifie : Accorde le salut ! Citant un psaume de l'Ancien Testament, ils lui donnèrent des titres messianiques comme « celui qui devait venir » et « Vive le roi d'Israël ! » Alors que dans l'Évangile de Jean le ministère de Jésus se termine sur sa célébration en tant que roi, c'est exactement de cette manière que débute celui de Matthieu. Je cite le passage :
Jésus était né à Bethléhem en Judée, sous le règne du roi Hérode. Or, des mages venant de l'Orient arrivèrent à Jérusalem. Ils demandaient : — Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu se lever son étoile, et nous sommes venus lui rendre hommage (Matthieu 2.1-2).
Je continue notre texte.
Jésus trouva un ânon et s'assit dessus, selon cette parole de l'Écriture : Sois sans crainte, communauté de Sion, car ton roi vient, monté sur un ânon (Jean 12.14-15).
Le fait que Jésus soit entré dans la ville sur un ânon était un signe de paix. Il ne s'est pas présenté sur un cheval de guerre ; il ne portait ni épée ni couronne. Il n'est pas non plus arrivé sur un char, comme l’ont fait plusieurs rois d'Israël auparavant. Sa manière d'entrer dans Jérusalem accomplissait une prophétie de l'Ancien Testament que je cite :
Tressaille d'allégresse, ô communauté de Sion ! Pousse des cris de joie, ô communauté de Jérusalem ! Car ton roi vient vers toi, il est juste et victorieux, humilié, monté sur un âne, sur un ânon, le petit d'une ânesse (Zacharie 9.9).
Jésus est certes victorieux puisqu'il est sur le point de triompher à la fois de Satan et de la mort, mais il est aussi humble. Par cette attitude, il corrige une partie des attentes de la foule. Tout en affirmant sa victoire et sa puissance, il vient en tant que Sauveur des hommes, pour apporter la paix de la part d'un roi dont le royaume n'est pas de ce monde. Il s'offre au peuple comme leur roi, mais ne se mêlera plus à eux pour les enseigner ou pour accomplir des prodiges. Son ministère est terminé. Maintenant, il lui faut accomplir le plus dur, devenir l'Agneau sacrificiel qui enlève mon péché.
Je continue.
Sur le moment, ses disciples ne comprirent pas ce qui se passait, mais quand Jésus fut entré dans sa gloire, ils se souvinrent que ces choses avaient été écrites à son sujet et qu'elles lui étaient arrivées. Tous ceux qui étaient avec Jésus lorsqu'il avait appelé Lazare à sortir du tombeau et l'avait ressuscité d'entre les morts, témoignaient de ce qu'ils avaient vu. D'ailleurs, si les foules venaient si nombreuses au-devant de lui, c'était aussi parce qu'elles avaient entendu parler du signe miraculeux qu'il avait accompli (Jean 12.16-18).
Il va sans dire que les disciples sont dans le cirage le plus complet. Ils perdent pied chaque fois que quelque chose de nouveau arrive ou que Jésus leur donne un nouvel enseignement. La foule continuait à grossir. La nouvelle de la résurrection de Lazare avait embrasé les esprits. C'était un jour de grandes réjouissances populaires, mais les gens n'avaient aucun discernement spirituel. Ils étaient seulement attirés par l'extraordinaire, le jamais vu, ce qui frappe l'imagination et fait rêver.
Je continue.
Alors les pharisiens se dirent les uns aux autres : — Vous le voyez : vous n'arriverez à rien, tout le monde le suit ! (Jean 12.19).
La réception que les masses faisaient à Jésus fit échouer les plans des pharisiens. D'après un autre Évangile, ils complotaient dur dur. Je cite le passage :
Les chefs des prêtres et les spécialistes de la Loi cherchaient un moyen de s'emparer de Jésus par ruse et de le faire mourir. Car ils se disaient : — Il ne faut pas agir pendant la fête, pour ne pas provoquer d'émeute parmi le peuple (Marc 14.1-2).
C'est donc la mort dans l'âme que la faune religieuse constatait la popularité de Jésus. Leur inquiétude était grandissante, car parmi la foule qui le suivait, il y avait aussi des païens, et même des dirigeants du peuple comme le mentionnera Jean un peu plus loin.
Je continue.
Parmi ceux qui étaient venus à Jérusalem pour adorer Dieu pendant la fête, il y avait aussi quelques personnes grecques. Elles allèrent trouver Philippe qui était de Bethsaïda en Galilée et lui firent cette demande : — Nous aimerions voir Jésus. Philippe alla le dire à André, puis tous deux allèrent ensemble le dire à Jésus (Jean 12.20-22).
Le fait que ces Grecs soient mentionnés est significatif, car ils étaient considérés comme les errants du vieux monde et les chercheurs de la vérité. C'étaient des sympathisants ou prosélytes qui participaient au pèlerinage de la Pâque. Leur présence symbolisait le monde des païens venant adorer Dieu en la personne du Christ. Philippe de même que son ami André portaient tous deux des noms grecs, et c'est sans doute pour cette raison que ces gens vinrent les trouver. Ils étaient tous deux réservés et abordables. De plus, il est possible que Jésus se soit rendu une dernière fois au temple, où les non-Juifs ne pouvaient pénétrer ; alors, il leur fallait prendre rendez-vous en quelque sorte.
Je continue.
Celui-ci leur répondit : — L'heure est venue où le Fils de l'homme va entrer dans sa gloire. Vraiment, je vous l'assure : si le grain de blé que l'on a jeté en terre ne meurt pas, il reste un grain unique. Mais s'il meurt, il porte du fruit en abondance (Jean 12.23-24).
Nous ne connaissons pas la question que ces Grecs posèrent au Seigneur, parce que pour Jean la présence de ces non-Juifs, qui illustre la versatilité du salut, était beaucoup plus importante que ce qu'ils sont venus demander à Jésus. Cependant, ce qu'il leur dit répond et pourrait bien correspondre à une requête de leur part de venir aussi enseigner dans leur pays. Mais cela ne pouvait se faire parce que ce n'était pas dans le plan du Père ; la preuve étant que son heure était venue, cette heure de ténèbres pour laquelle il était spécialement venu sur terre.
Pour l'immense majorité des gens, disons pour tout le monde à quelques exceptions près, l'agonie et la mort sont synonyme d'humiliation, et une tragédie personnelle. Cependant, le Seigneur a été crucifié, ce qui correspond à la plus abominable des exécutions, bien pire que la guillotine, la chaise électrique ou la chambre à gaz. Mais pour Jésus, cette mort infâme par laquelle il fut littéralement maudit était le moyen d'une part de me délivrer du châtiment que méritaient mes fautes, et d'autre part d'entrer dans la gloire en tant que Roi des rois et Seigneur des seigneurs. L'apôtre Paul et un autre auteur du Nouveau Testament expriment ces deux vérités de la façon suivante :
Le Christ nous a libérés de la malédiction que la Loi faisait peser sur nous en prenant la malédiction sur lui, à notre place. Il est, en effet, écrit : Maudit est quiconque est pendu au gibet. Parce qu'il avait en vue la joie qui lui était réservée, Jésus a enduré la mort sur la croix, en méprisant la honte attachée à un tel supplice, et désormais il siège à la droite du trône de Dieu (Galates 3.13 ; Hébreux 12.2).
Ainsi, la gloire de Jésus-Christ est double ; d'une part, elle émane du fait qu'il est Dieu de toute éternité, et d'autre part il l'a gagnée, méritée en offrant volontairement sa vie pour expier les péchés du monde, obéissant ainsi à son Père. Pour expliquer la nécessité de sa mort, Jésus commence avec la formule solennelle « Vraiment, je vous l'assure », qui annonce une déclaration à laquelle ceux qui l'écoutent doivent prêter la plus grande attention.
L'image de la graine qui doit mourir afin qu'elle fructifie et donne une récolte est fréquente dans les Écritures. Ici, c'est Jésus, qui grâce à sa mort permettra à sa vie de porter du fruit. Il va donner la vie éternelle à une foule de futurs croyants dans le monde entier. On peut étudier et connaître le Jésus historique sur le bout des doigts, mais ce qui compte vraiment c'est de comprendre la signification de sa mort et de sa résurrection ; sans cela il n'est qu'un grand personnage comme Jules César ou Confucius.
Je continue.
Celui qui aime sa propre vie la perdra, mais celui qui haït sa vie en ce monde la gardera pour la vie éternelle. Si quelqu'un veut être à mon service, qu'il me suive. Là où je serai, mon serviteur y sera aussi. Si quelqu'un est à mon service, le Père lui fera honneur (Jean 12.25-26).
L'analogie du grain de blé illustre un principe général paradoxal, à savoir que la mort est le chemin qui mène à la vie. L'opposition aimer — haïr, dans ce contexte, établit un ordre de priorité bien net. Aimer sa propre vie, c'est l'égocentrisme, c'est vivre pour soi ici sur terre et satisfaire son petit moi en faisant les 400 coups et tout ce que je veux, et en suivant mes petites ambitions pour profiter des plaisirs de ce bas monde, acquérir richesses et statut, et sexe à gogo. L'apôtre Jean appelle ces poursuites vaines, la soif de posséder et d'être la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l'orgueil de la vie (1Jean 2.16).
Jésus enseignait maintenant en priorité ses disciples, les exhortant donc à faire peu de cas d'eux-mêmes, à renoncer à leurs intérêts personnels pour se consacrer à l'avancement du royaume de Dieu et de sa justice. Pour être un serviteur de Jésus, il faut suivre l'exemple du Maître et agir selon ses priorités ; ce qui veut dire que comme lui ils connaîtront eux aussi la souffrance. Selon la tradition, plusieurs des premiers disciples et tous les apôtres, à l'exception de Jean, moururent martyrs. Les paroles de Jésus constituaient donc une prophétie et aussi une promesse. Ses vrais disciples le suivront dans l'humiliation, et plus tard dans l'honneur et la gloire.
Je continue.
À présent, je suis troublé. Que dirai-je ? Père, sauve-moi de cette heure ? Mais c'est précisément pour l'affronter que je suis venu jusqu'à cette heure ! (Jean 12.27).
Jean ne raconte pas l'agonie de Jésus dans le jardin de Gethsémané, juste avant d'être arrêté à la veille de son exécution, mais il mentionne son angoisse. Cependant, le désir de Jésus d'accomplir sa mission en obéissant au Père est bien supérieur à l'appréhension atroce qu'il peut ressentir. C'est donc volontairement qu'il ira jusqu'au bout. En dévoilant ses émotions devant ses disciples, le Seigneur les instruisait sur ce qu'il en coûte de s'engager à faire la volonté du Père. Mourir crucifié est déjà particulièrement cruel. On ne fait guère mieux.
Pourtant, ce n'est pas cela que Jésus redoute le plus. Ce qui l'horrifie profondément, c’est l'idée qu'il allait littéralement être fait péché dans sa mort, c'est-à-dire que le poids de toutes les fautes de toute l'humanité de tous les temps serait placé sur ses épaules et qu'il devrait les expier par ses souffrances. Des prophéties de l'Ancien Testament annonçaient la raison de ce supplice et ce qu'il accomplirait. J'en cite une :
Il a plu à l'Éternel de le briser par la souffrance... Après avoir livré sa vie en sacrifice pour le péché, Il verra une postérité et prolongera ses jours ; Et l'œuvre de l'Éternel prospérera entre ses mains. Et parce que beaucoup de gens le connaîtront, mon serviteur, le Juste, les déclarera justes et se chargera de leurs fautes. C'est pourquoi je lui donnerai beaucoup (d'hommes) en partage ; ... parce qu'il s'est livré lui-même à la mort, Et qu'il a été mis au nombre des malfaiteurs, parce qu'il a porté le péché de beaucoup, et qu'il a intercédé pour les coupables (Ésaïe 53.10-12).
Pour accéder à la gloire royale de devenir le Sauveur du monde, Jésus devait d'abord passer par la croix et une humiliation sans pareille. C'est pourquoi il fut tenté de demander la délivrance de ce moment où il allait subir ce châtiment terrible qui l'attendait ; mais en disant : c'est précisément pour l'affronter que je suis venu, il refuse complètement cette alternative. Il n'empêche qu'en tant qu'homme, il connut à plusieurs reprises une angoisse indescriptible. Mais Jésus accepte la croix afin d'offrir sa vie en sacrifice suprême. En faisant cela, il montre le chemin à ses disciples en leur donnant un exemple à suivre.
Il illustre pour eux l'enseignement qu'il venait de leur donner et qu'ils devront mettre en pratique, lorsqu'il avait dit : Celui qui aime sa propre vie la perdra, mais celui qui haït sa vie en ce monde la gardera pour la vie éternelle. L'avenir démontra que les apôtres ont bien compris la leçon puisque, comme je l'ai déjà dit, tous sauf un, finirent martyrs. Ceux qui veulent véritablement suivre Jésus-Christ peuvent se trouver un jour dans la situation où ils devront y laisser leur vie. Ceci est particulièrement vrai pour les membres de certaines religions qui désirent devenir chrétiens. Ceux-ci comprennent sans difficulté ce que signifie : haïr sa vie, car pour eux, accepter de suivre Jésus équivaut à la certitude d'une persécution et quelques fois à un arrêt de mort. Je me rends bien compte que ce sont des paroles bien dures que je dis, mais ce sont là les exigences particulièrement sévères que le Seigneur communiqua à ceux qui voulaient devenir ses disciples.
Je continue .
Alors une voix se fit entendre, venant du ciel : — J'ai déjà manifesté ma gloire et je la manifesterai à nouveau (Jean 12.28).
En disant : Père, manifeste ta gloire , Jésus exprimait sa soumission à sa volonté. Dieu a parlé à haute voix à son Fils à trois reprises : au début, au milieu et à la fin de son ministère. La première fois eut lieu lors de son baptême par Jean-Baptiste. La seconde, sur la montagne au moment de la transfiguration qui est décrite dans les autres Évangiles ; c'est alors que Moïse et le prophète Élie lui apparurent et s'entretinrent avec lui concernant son sacrifice. La troisième fois est ici, après qu'il ait dit : c'est précisément pour affronter cette heure que je suis venu. La voix retentissante qui venait du ciel confirmait que le Père était à l'œuvre en son Fils et sur la terre pour accomplir son plan.