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Émission 263 - Evangile de Jean 11:41 - 12:7

Diffusé le 2 janvier 2008 - ::

Chapitre 11

Versets 41-42

Dans le chapitre 11 de l'Évangile de Jean, Jésus est devant le sépulcre de son ami Lazare qui s'y trouve déjà depuis 4 jours. Il fait ôter la pierre qui en ferme l'entrée, lève les yeux vers le ciel et remercie son Père de toujours l'exaucer.

Versets 43-44

Je continue.

Cela dit, il cria d'une voix forte : — Lazare, sors ! Et voici que le mort sortit du tombeau : il avait les pieds et les mains entourés de bandes de lin, le visage recouvert d'un linge. Jésus dit à ceux qui étaient là : — Déliez-le de ces bandes et laissez-le aller ! (Jean 11.43-44).

Jésus avait déjà dit, en d'autres occasions, qu'à la fin des temps, des hommes entendraient sa voix et sortiraient de leurs sépulcres. Je rappelle ses paroles :

Ne vous en étonnez pas : l'heure vient où tous ceux qui sont dans la tombe entendront la voix du Fils de l'homme. Alors, ils en sortiront (Jean 5.28-29).

Lazare ne correspond pas vraiment à cette prédiction de la fin des temps, mais il est un avant-goût de la résurrection des justes. Après sa courte prière, Jésus cria d'une voix forte deux mots seulement : Lazare, sors ! Saint Augustin fit remarquer un jour, en ne plaisantant qu'à moitié, que si Jésus n'avait pas précisé le nom de Lazare, tous les morts seraient sortis de leurs sépulcres. Telle est en effet l'autorité du Seigneur. Étant donné que le mort-vivant était entièrement saucissonné de bandes mortuaires, il a fallu que Dieu en coupe quelques-unes miraculeusement afin qu'il puisse sortir. L'ordre que Jésus donna de le délier permit à Lazare de se comporter comme tout le monde et apporta en même temps la preuve qu'il était bien vivant et qu'il ne s'agissait pas d'un fantôme.

Lorsque Jésus ressuscita, ce fut différent. Il laissa derrière lui le linceul tel quel, comme il avait été placé autour de son corps, y compris le linge qui enveloppait sa tête. En effet, il passa au travers de ces éléments matériels ainsi que de la pierre qui fermait son tombeau parce qu'il possédait un corps de ressuscité qui a des propriétés tout autres que celui qui m'enveloppe actuellement. Jésus pouvait apparaître et disparaître instantanément et à volonté.

Ce retour à la vie de Lazare est une image, ou plutôt une ombre bien pâle de la façon dont le Fils de Dieu ressuscitera tous les croyants qui dans l'histoire de l'humanité ont placé leur confiance soit en lui soit dans l'Éternel. Comme je l'ai déjà dit, Lazare revint dans le monde des vivants avec son ancien corps mortel, périssable, soumis aux maladies, et qui un jour retournera dans la poussière.

Versets 45-46

Je continue.

En voyant ce que Jésus avait fait, beaucoup de ceux qui étaient venus auprès de Marie crurent en lui. Quelques-uns, cependant, s'en allèrent trouver les pharisiens et leur rapportèrent ce que Jésus avait fait (Jean 11.45-46).

Lorsque Jésus se révèle aux hommes, il déclenche toujours plusieurs réactions. Pour certains, ce prodige était la preuve formelle qu'il disait la vérité sur lui-même et sur le Père. Mais d'autres allèrent rapporter cet incident à ses ennemis jurés, les pharisiens. Il me semble incroyable que quelqu'un qui assisterait à un tel déploiement de puissance et d'autorité, ne s'interroge pas sur l'origine et la nature d'un tel faiseur de miracles. Pourtant, c'est exactement ce que Jésus affirme dans une de ses paraboles qui nous est rapportée par l'Évangile de Luc. Je le cite :

« Non, père Abraham, reprit l'autre. Mais si quelqu'un revient du séjour des morts et va les trouver, ils changeront. » Mais Abraham répliqua : « S'ils n'écoutent ni Moïse ni les prophètes, ils ne se laisseront pas davantage convaincre par un mort revenant à la vie ! » (Luc 16.30-31).

Selon les Écritures, la dureté de cœur rend quelqu'un imperméable et aveugle aux réalités spirituelles. Mais qu'est-ce que cela signifie ? Quelqu'un de ma connaissance, qui est spécialisé dans l'enseignement d'enfants aveugles, m’a dit qu'une de leurs difficultés principales est de comprendre la logique cause à effet. Ils entendent bien qu'une balle touche le sol, mais ne saisissent pas qu'il a fallu d'abord la lâcher pour qu'elle puisse tomber. Il en est apparemment de même pour ces incrédules, qu'ils soient religieux ou autres. Ils voyaient bien les signes prodigieux que faisait le Christ, mais étaient incapables de remonter à leur cause, c'est-à-dire leur origine divine.

Ce dernier miracle du ministère public du Seigneur fut la dernière preuve qu'il donna de sa nature céleste. Il ne lui reste que quelques jours à vivre avant son exécution, temps durant lequel il va donner plusieurs enseignements fondamentaux sur la vie chrétienne et le Saint-Esprit à ses disciples et que nous rapporte en détail l'apôtre Jean dans la suite du récit. En fait, le tiers du contenu des quatre Évangiles est consacré à la dernière semaine de Jésus sur terre, ce qui inclut la dernière Pâque qu'il prit avec ses apôtres, son arrestation, sa mort, sa résurrection et ses apparitions répétées aux disciples avant son ascension qui mit un terme final à son séjour parmi nous. Ce miracle fabuleux qui vient d'avoir lieu fait la transition entre le ministère de Jésus et la semaine de sa Passion.

Le retour à la vie de Lazare annonce celui de Jésus, mais ce n'était qu'un signe et diffère donc de la véritable résurrection du Christ. Le fait que cet homme sorte du tombeau entouré de bandes de lin et qu'il ait besoin d'aide pour s'en débarrasser le montre bien. Dans cette histoire, les deux sœurs sont les acteurs principaux, alors que leur frère ne dit pas un mot. Dès le début, Marthe croit en Jésus, elle sait qu'il est le Messie, le Fils de Dieu et qu'il peut guérir ; mais elle n'avait pas encore compris qu'il est également la résurrection et la vie, c'est-à-dire qu'il la possède en lui-même et qu'il est la vie éternelle, qu'il peut la donner, et qu'elle n'est pas soumise à la mort. Ce miracle va aussi enclencher irrémédiablement les événements qui vont conduire à l'exécution de Jésus.

Versets 47-48

Je continue.

Alors, les chefs des prêtres et les pharisiens convoquèrent le Grand-Conseil. — Qu'allons-nous faire ? disaient-ils. Cet homme accomplit trop de signes miraculeux ; si nous le laissons faire de la sorte, tout le monde va croire en lui. Alors les Romains viendront et détruiront notre Temple et notre nation (Jean 11.47-48).

Ce signe miraculeux était tellement important que les autorités juives de Jérusalem convoquèrent d'urgence une réunion extraordinaire du Grand Conseil qui avait une fonction à la fois religieuse et politique. Il était composé de sadducéens, les libéraux rationalistes de gauche de l'époque, et des pharisiens, les conservateurs de l'extrême droite. Il va sans dire que ces deux parties étaient en opposition constante. Mais pour l'occasion, leur haine contre Jésus-Christ les unifiait. Ils pensaient tout bonnement qu'il était un grand magicien, genre Houdini, qui par quelque art secret trompait le peuple. Selon les autres Évangiles, ils l'accusaient aussi de sorcellerie, d'agir avec la puissance du diable. Ce n'était plus de la bêtise humaine, mais un affront cinglant de leur part, un crime de lèse-majesté.

En fait, leur attitude correspondait tout à fait à une rébellion ouverte appelée «  à main levée  » contre l'Éternel et qui sous le régime de la Loi rompait l'alliance entre Dieu et les fautifs. Leur châtiment était alors toujours la peine capitale par lapidation, car aucun sacrifice ne pouvant couvrir cette transgression, aucune repentance n'était possible. Voilà de quoi sont coupables ces autorités politico-religieuses. En fait, là où le bât les blessait vraiment, c'était dans leur orgueil. Ils étaient humiliés par l'érosion de leur perte d'influence sur le peuple. En effet, ni leur désapprobation, ni l'excommunication, ni l'enseignement contraire n'empêchaient la renommée de Jésus de s'étendre.

Ne s'étant pas donné la peine de comprendre l'objectif purement spirituel et non politique de Jésus, ils pensaient que le peuple pourrait le nommer roi ce qui risquerait de mener à une insurrection contre les Romains, et qui serait suivie des plus graves conséquences. Et comme l'autorité de ce Grand Conseil dépendait exclusivement du bon vouloir de César, c'était donc les membres de cette faune politico-religieuse qui avaient le plus à perdre.

Versets 49-50

Je continue.

L'un d'eux, qui s'appelait Caïphe, et qui était grand-prêtre cette année-là, prit la parole : — Vous n'y entendez rien, leur dit-il. Vous ne voyez pas qu'il est de notre intérêt qu'un seul homme meure pour le peuple, pour que la nation ne disparaisse pas tout entière ? (Jean 11.49-50).

À l'origine, le grand-prêtre occupait sa fonction à vie, mais les Romains, se méfiant de leur pouvoir, en nommaient un nouveau de temps en temps. Ce Caïphe fit peu de cas de la vie de Jésus. Il était avant tout un opportuniste politique bien versé dans l'intrigue. Mais ironie du récit, ce sinistre personnage, par sa démarche perverse et diabolique, rend possible l'accomplissement du plan de Dieu. Le sens de la mort du Christ est annoncé prophétiquement et involontairement par le grand-prêtre Caïphe.

Versets 51-53

Je continue.

Or ce qu'il disait là ne venait pas de lui ; mais il était grand-prêtre cette année-là, et c'est en cette qualité qu'il déclara, sous l'inspiration de Dieu, qu'il fallait que Jésus meure pour son peuple. Et ce n'était pas seulement pour son peuple qu'il devait mourir, c'était aussi pour rassembler tous les enfants de Dieu dispersés à travers le monde et les réunir en un seul peuple. C'est ce jour-là que les chefs des Juifs prirent la décision de faire mourir Jésus (Jean 11.51-53).

Cette fois-ci, la décision est irrémédiablement prise. Jésus doit mourir coûte que coûte et au plus vite. Prophète sans l'être et malgré lui, Caïphe, le bourreau, déclare simplement qu'il faut exécuter Jésus. Mais à cause de sa fonction de grand-prêtre, l'Esprit de Dieu utilise sa bouche et ses intentions maléfiques pour expliquer la mort de Jésus en termes de substitution et d'expiation.

Jésus va prendre la place du peuple dans le châtiment qu'il mérite pour ses fautes et devenir l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. Par là même, l'ancien système de la Loi sera aboli et remplacé par un peuple universel qui appartiendra à Jésus-Christ et qui est l'Église, telle qu'elle est conçue dans le Nouveau Testament. Elle rassemble à la fois les Juifs et les non-Juifs qui ont placé leur confiance en Jésus.

Ce sinistre personnage qu'est Caïphe en rappelle un autre qui s'appelle Balaam et qui était à la fois un devin de mauvais augure et un faux prophète qui pouvait prédire la vérité selon ce que l'Esprit de Dieu décidait, Une prophétie qui se réalise ne veut pas forcément dire que le porte-parole est un vrai prophète de l'Éternel. Le paradoxe de tout ce passage est qu'il prépare la mort de celui qui est et possède en lui-même la vie éternelle, et qui l'a démontré en ressuscitant son ami Lazare.

Versets 54-57

Je finis le chapitre 11.

Jésus cessa donc de se montrer en public. Il partit de là et se retira dans la région voisine du désert, dans une ville nommée Éphraïm. Il y passa quelque temps avec ses disciples. Comme la fête de la Pâque approchait, beaucoup de gens de tout le pays montaient à Jérusalem avant la fête pour se soumettre aux cérémonies rituelles de purification. Ils cherchaient donc Jésus et se demandaient entre eux, dans la cour du Temple : — Qu'en pensez-vous ? Croyez-vous qu'il viendra à la fête ? Or, les chefs des prêtres et les pharisiens avaient donné des instructions : si quelqu'un savait où se trouvait Jésus, il devait les prévenir pour qu'on l'arrête (Jean 11.54-57).

Des pèlerins juifs qui montaient à Jérusalem pour y célébrer la Pâque cherchent Jésus. Précédemment, il avait toujours pris part aux festivités nationales au cours desquelles il enseignait publiquement dans le temple. La question que tout le monde se pose est : Va-t-il continuer à faire de même alors que les autorités politico-religieuses sont à sa poursuite, bien décidées à se saisir de lui pour le faire exécuter ?

Chapitre 12

Versets 1-3

Ceci nous conduit au chapitre 12 de l'Évangile de Jean qui voit la conclusion du ministère public de Jésus avec l'onction de ses pieds par Marie, ainsi que son entrée triomphale dans la ville sainte, si on peut l'appeler ainsi, car il fut bien éphémère. C'est ce que nous appelons le dimanche des Rameaux. Jésus vient à Béthanie pour y passer un peu de temps en compagnie de ses amis, les deux sœurs Marthe et Marie ainsi que leur frère Lazare. Il en profite pour enseigner, mais aussi goûter une dernière fois l'amitié de ceux qui furent sa famille d'accueil fidèle et hospitalière chaque fois qu'il se rendait à Jérusalem. Je commence à lire.

Six jours avant la Pâque, Jésus se rendit à Béthanie où habitait Lazare, celui qu'il avait ressuscité d'entre les morts. On prépara là un festin en son honneur. Marthe s'occupait du service, et Lazare avait pris place à table avec Jésus. Marie prit alors un demi-litre de nard pur, un parfum très cher : elle le répandit sur les pieds de Jésus et les essuya avec ses cheveux. Toute la maison fut remplie de l'odeur de ce parfum (Jean 12.1-3).

Le calendrier se fait très précis et plus critique. Le ministère public de Jésus avait commencé par un festin lors d'une noce et se termine par un autre. Marie prend dans ce récit le rôle d'une servante. D'habitude, on lavait les pieds poussiéreux des invités avec de l'eau. Ici, elle accomplit un geste d'amour, de profond respect et de soumission, et aussi de remerciement pour avoir ramené son frère à la vie. Elle a compris, mieux que quiconque, que devant elle se tient le Seigneur des seigneurs, le Roi des rois. Dans certains cas, les convives se nettoyaient les mains avec les cheveux des esclaves.

Or Marie prend elle-même l'initiative d'essuyer les pieds de Jésus avec sa chevelure, ce qui souligne encore davantage son esprit de consécration et son adoration du Seigneur. Ce nard était recherché pour son parfum délicat et coûtait une fortune. C'était une huile préparée à partir d'une herbe aromatique provenant du nord de l'Inde. Elle était importée dans des vases d'albâtre hermétiquement fermés qu'on ouvrait seulement dans de grandes occasions. Marie et Marthe avaient acheté ce nard pour elles-mêmes, peut-être en vue de leur propre ensevelissement. En tout cas, vu son prix, ni l'une ni l'autre n'avait eu jusque-là le courage d'ouvrir cette bouteille, quand soudain l'occasion parfaite se présenta à elles. Ce serait pour le Seigneur.

Plusieurs éléments suggèrent que cette famille était plutôt aisée comme :

  • le nombre important de personnes, qui vinrent de Jérusalem pour pleurer Lazare ;
  • le tombeau, qui était une grotte naturelle et non un trou artificiellement creusé dans la pierre à chaux ;
  • l'importance de la présente réception et bien sûr
  • le nard de grand prix.

Jean était sans aucun doute présent puisqu'il fait remarquer que toute la maison fut remplie de l'odeur de ce parfum .

Versets 4-6

Je continue.

Judas Iscariot, l'un des disciples de Jésus, celui qui allait le trahir, dit : — Pourquoi n'a-t-on pas vendu ce parfum ? On aurait pu donner aux pauvres au moins trois cents deniers ! S'il parlait ainsi, ce n'était pas parce qu'il se souciait des pauvres ; mais il était voleur et, comme c'était lui qui gérait la bourse commune, il gardait pour lui ce qu'on y mettait (Jean 12.4-6).

Judas proteste contre cet apparent gaspillage de tant d'argent. En réalité, il n'était pas sincère, mais étant le trésorier du groupe d'apôtres, il tapait dans la caisse. Alors bien sûr, il voit partir en odeur son pourcentage qu'il aurait bien voulu se mettre en poche. D'après un autre Évangile, les autres apôtres, qui ont autant de discernement spirituel qu'une couleuvre, furent d'accord avec lui et firent des reproches à Marie. Comme quoi, le mal peut se propager rapidement.

Quel contraste entre ces deux personnages : Marie avait donné publiquement et sans réserve le fruit d'une année de salaire, alors que Judas, qui se moquait bien des pauvres, et ne voyant que son intérêt personnel, cherchait à amasser en secret et pour lui-même de l'argent volé. Et puis comme chacun sait, il alla jusqu'à trahir le Seigneur en le vendant pour 30 pièces d'argent ; c'était le prix d'un esclave écorné par un taureau.

Versets 7-8

Je continue.

Mais Jésus intervint : — Laisse-la faire ! C'est pour le jour de mon enterrement qu'elle a réservé ce parfum. Des pauvres, vous en aurez toujours autour de vous ! Tandis que moi, vous ne m'aurez pas toujours avec vous (Jean 12.7-8).

L'onction était habituellement signe de réjouissances, mais dans le cas présent, elle était annonciatrice de la sépulture de Jésus. Étant donné que sa vie fut conforme à la parole de Dieu, il savait qu'en tant que serviteur de l'Éternel, habitué à la douleur, il devait souffrir et être enseveli. C'est la raison pour laquelle il approuva le geste d'amour et de dévotion de Marie. Cette femme est admirable. Elle n'a pas loupé le coche et a su choisir ses priorités.

Il y aura toujours des pauvres sur le pas de sa porte. Mais le Seigneur, lui, n'est ici présent devant elle que pour un temps limité à quelques jours avant sa mort. Et ce repas est le dernier auquel elle assistera en sa compagnie. C'était donc maintenant ou jamais. Elle avait dû prendre une décision et saisir l'opportunité de montrer toute sa dévotion en embaumant d'avance le Maître en vue de son ensevelissement. Quel contraste entre Marie et les disciples qui sont désespérément lents à comprendre et qui semblent toujours traîner derrière avec au moins un train de retard !