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Émission 262 - Evangile de Jean 11:11 - 11:41

Diffusé le 1 janvier 2008 - ::

Chapitre 11

Versets 11-12

Je suis dans le chapitre 11 de l'Évangile de Jean. Lazare est mort et enterré. Ses deux sœurs ont fait appel à Jésus, mais trop tard, à moins que… Je continue le texte.

Après avoir dit cela, il ajouta : — Notre ami Lazare s'est endormi ; je vais aller le réveiller. Sur quoi les disciples lui dirent : — Seigneur, s'il dort, il est en voie de guérison (Jean 11.11-12).

Comme de coutume, les disciples prennent les paroles de Jésus dans leur sens littéral. Le sommeil est l'abandon de toute activité ; c'est le repos réparateur en vue du travail à faire le lendemain. En fait, le Seigneur utilisait cette image pour dire qu'en sa présence, la mort n'a qu'un pouvoir temporaire limité sur l'être humain. Le sommeil est une référence au corps du défunt, qui reste endormi et désintégré en poussière jusqu'à la résurrection où il reprendra vie, mais sous une tout autre forme, comme je l'ai déjà expliqué.

À cette époque, le sommeil était une façon courante de décrire la mort. Il en est d'ailleurs de même tout au long du Nouveau Testament en ce qui concerne les croyants. De manière similaire, le corps de celui qui a mis sa confiance en Jésus-Christ s'endort et sera réveillé par son Seigneur qui seul possède le réveil-matin capable d'accomplir ce prodige. Il possède l'exclusivité du pouvoir de ressusciter les morts.

Cependant, lorsqu'un chrétien meurt, son âme désincarnée entre immédiatement dans la présence de Dieu. Il monte alors sur une estrade où il est évalué afin de recevoir ou pas un certain nombre de récompenses et de couronnes, en fonction de la fidélité qu'il a montrée à son Maître durant sa vie terrestre. Nous verrons ces enseignements en détail lorsque je commenterai les lettres de l'apôtre Paul. Voilà donc en gros comment ça se passe dans l'au-delà pour quelqu'un qui a mis sa confiance en Jésus-Christ et qui meurt.

Versets 13-15

Je continue le texte.

En fait, Jésus voulait dire que Lazare était mort, mais les disciples avaient compris qu'il parlait du sommeil ordinaire. Alors il leur dit clairement : — Lazare est mort, et je suis heureux, à cause de vous, de n'avoir pas été là-bas à ce moment-là. Car cela contribuera à votre foi. Mais maintenant, allons auprès de lui (Jean 11.13-15).

La mort est une réalité terrible, mais on ne peut s'en protéger indéfiniment ; tout au plus arrive-t-on à gagner un peu de temps grâce aux dernières découvertes de la science médicale et de l'acharnement thérapeutique. Mais tôt ou tard, tous les efforts humains finissent toujours par céder le pas à la dame à la faux. Alors, c'est fini. On débranche tous les appareils et on réserve une place au cimetière. La mort a régné en despote suprême jusqu'à ce que le Christ triomphe d'elle par la résurrection.

La maladie et le décès de Lazare ont été en quelque sorte orchestrés pour le bénéfice des apôtres. Son retour à la vie est un avant-goût de la victoire du Seigneur et de la mienne, sur notre plus grand ennemi, la mort. Si les disciples comprennent ce que Jésus va faire, ils seront une nouvelle fois éclairés sur sa véritable identité, ainsi que sur ce qui va lui arriver bientôt, puisque lui aussi reviendra à la vie, mais à la différence de Lazare, avec un corps de résurrection. Dans le Nouveau Testament, Jésus est appelé les premiers fruits de la moisson (1Corinthiens 15.20).

Verset 16

Je continue.

Thomas, surnommé le Jumeau, dit alors aux autres disciples : — Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui (Jean 11.16).

Ce cher disciple est surtout connu pour son incrédulité. C'est lui qui a clamé haut et fort qu'il ne croirait pas en la résurrection du Seigneur s'il ne le voyait pas de ses yeux et s'il ne mettait pas ses doigts dans les marques des clous. Cependant ici, il est sincère, courageux, et montre son engagement à l'égard de Jésus, quitte à devoir mourir martyr lui aussi. Sa déclaration est prophétique, car c'est ce qui va éventuellement lui arriver ainsi qu'à tous les autres apôtres, à l'exception de Jean.

Verset 17

Je continue.

À son arrivée, Jésus apprit qu'on avait enseveli Lazare depuis quatre jours déjà (Jean 11.17).

La mention de 4 jours est significative. L'influence païenne se faisait sentir en Israël ; et donc à cette époque, certains pensaient que l'esprit du défunt restait pendant 3 jours près du corps avant de s'en aller pour de bon. À côté de cette croyance, on avait l'habitude d'enterrer les morts le jour même du décès parce que le climat de la Palestine est très chaud, ce qui fait qu'un corps se décomposait rapidement. La mort est l'imprimatur de la malédiction divine sur l'humanité. Je rappelle la déclaration de Dieu à nos premiers parents :

C'est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu'à ce que tu retournes dans la terre, d'où tu as été pris ; car tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière (Genèse 3.19).

Versets 18-19

Je continue le texte.

Béthanie était à moins de trois kilomètres de Jérusalem, aussi beaucoup de gens étaient-ils venus chez Marthe et Marie pour les consoler à l'occasion de la mort de leur frère (Jean 11.18-19).

Le fait que Béthanie n'était qu'à 3 km de Jérusalem explique pourquoi beaucoup de Juifs de la ville étaient sur les lieux lorsque Jésus arriva. Les cérémonies de deuil duraient parfois jusqu'à une semaine et impliquaient non seulement la famille, mais aussi toute la communauté. Elles commençaient par une période de lamentations, puis de pleurs et de consolation. La famille faisait appel aux services de musiciens et de femmes pour pleurer près de la tombe. Tout cela faisait partie du travail de deuil.

Bien sûr, les autorités religieuses auront vent de l'affaire et tel un nid de frelons secoué, ces chefs du peuple seront rendus furieux par ce prodige. En définitive, c'est ce miracle qui va mettre le feu aux poudres et déclencher la dernière bataille entre la faune religieuse et le Seigneur. Elle conduira Jésus, l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde à la croix, accomplissant ainsi les prophéties et le plan de Dieu pour le salut de tous ceux qui croiront en lui.

Versets 20-22

Je continue.

Quand Marthe apprit que Jésus approchait du village, elle alla à sa rencontre. Marie, elle, resta à la maison. Marthe dit à Jésus : — Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais je sais que maintenant encore, tout ce que tu demanderas à Dieu, il te l'accordera (Jean 11.20-22).

Le portrait des deux sœurs correspond bien à l'incident que j'ai précédemment mentionné. Marie est calme et réservée, tandis que Marthe est une femme battante qui alla au-devant de Jésus. Cependant, l'accueil qu'elle lui fait est une confession de foi. Elle croyait que le Seigneur aurait pu guérir son frère s'il avait été présent, ce qui montre que pour elle, Jésus était un grand prophète sans l'ombre d'un doute, mais elle n'a pas encore compris qu'il est Dieu fait homme. Cela dit, au niveau de sa perspicacité spirituelle, elle a quand même deux longueurs d'avance sur les disciples.

Versets 23-24

Je continue.

— Ton frère reviendra à la vie, lui dit Jésus. — Je sais bien, répondit Marthe, qu'il reviendra à la vie au dernier jour, lors de la résurrection des morts (Jean 11.23-24).

La promesse de Jésus, Ton frère reviendra à la vie, prépare le terrain pour la conversation qu'il va avoir avec elle et par laquelle il va se présenter comme l'essence de la vie. Mais en cet instant, Marthe ne pensait pas du tout en termes d'un retour à la vie immédiat pour son frère. Elle croyait comme tous les Juifs pieux à la résurrection au dernier jour, loin dans le futur. Elle ne voyait pas comment Jésus pouvait faire quelque chose maintenant et ne s'attendait qu'à des paroles de consolation de sa part.

Versets 25-26

Je continue.

— Je suis la résurrection et la vie, lui dit Jésus. Celui qui place toute sa confiance en moi vivra, même s'il meurt. Et tout homme qui vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? (Jean 11.25-26).

C'est ici la 5e grande révélation commençant par «  Je suis  ». Ces paroles fabuleuses ont été répétées des millions de fois lors d'enterrements. En fait, on les entend même fréquemment dans les films, lorsque dans le scénario quelqu'un est mis en terre. Jésus dit être l'essence de la vie et en même temps celui qui la donne éternellement. Celle-ci commence dès à présent et continue au-delà de la mort, qui n'est en fait qu'un sommeil temporaire pour le corps décomposé, jusqu'à la résurrection des justes. Au moment du décès d'un croyant, son âme, c'est-à-dire la partie spirituelle de son être, s'en va pour demeurer dans la présence du Seigneur. Suite à son affirmation : Je suis la résurrection et la vie. Celui qui place toute sa confiance en moi vivra, même s'il meurt, Jésus a posé cette grande question à Marthe : Crois-tu cela ? Mais il s'adresse aussi à moi, à vous, à nous tous !

Verset 27

Je continue.

— Oui, Seigneur, lui répondit-elle, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, celui qui devait venir dans le monde (Jean 11.27).

Cette jeune femme fait une grande confession de foi en Christ. Elle était d'accord avec son exposé sur la vie éternelle pour ceux qui croient en lui. Elle déclare ensuite 3 vérités concernant Jésus : il est le Christ, c'est-à-dire le Messie ; le Fils de Dieu qui est un titre messianique ; et finalement, il est celui qui devait venir, et que les Juifs, soi-disant, attendaient. Elle croyait tout à fait qu'il était authentique, venu de Dieu pour accomplir sa volonté ; mais elle n'en réalisait pas pleinement les implications et ne soupçonnait aucunement le miracle qu'il s'apprêtait à faire envers son frère.

Versets 28-30

Je continue.

Là-dessus, elle partit appeler sa sœur Marie, et, l'ayant prise à part, elle lui dit : — Le Maître est là, et il te demande. À cette nouvelle, Marie se leva précipitamment et courut vers Jésus. Il n'était pas encore entré dans le village : il était resté à l'endroit où Marthe l'avait rencontré (Jean 11.28-30).

Le fait que Jésus soit appelé ici «  le maître  » mérite d'être remarqué. Contrairement aux habitudes des rabbins itinérants de son temps, Jésus avait des femmes pour disciples, et ces deux sœurs en font partie. Apparemment, Jésus désire un entretien privé avec Marie. Son but était sans aucun doute de la réconforter et de l'instruire.

Versets 31-32

Je continue.

Ceux qui se trouvaient dans la maison avec Marie pour la consoler la virent se lever brusquement et sortir. Ils la suivirent, pensant qu'elle allait au tombeau pour y pleurer. Marie parvint à l'endroit où était Jésus. Dès qu'elle le vit, elle se jeta à ses pieds et lui dit : — Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort (Jean 11.31-32).

Le départ soudain de Marie pour aller à la rencontre de Jésus provoqua une réaction parmi la foule de consolateurs juifs, qui la suivit. Il n'était donc plus question d'avoir un entretien privé avec Jésus. Une fois déjà, elle s'était assise à ses pieds pour écouter son enseignement. Cette fois-ci, elle se jette à ses pieds. Elle accueillit le Seigneur de la même façon que sa sœur ; elle sentait que la tragédie aurait pu être évitée s'il avait été présent. Bien que sincère, sa foi était limitée.

Versets 33-34

Je continue.

En la voyant pleurer, elle et ceux qui l'accompagnaient, Jésus fut profondément indigné et ému. — Où l'avez-vous enterré ? demanda-t-il. — Viens, Seigneur, lui répondirent-ils, tu verras (Jean 11.33-34).

Contrairement à l'apathie et le manque d'émotivité des dieux grecs dont les Juifs étaient entourés, Jésus est profondément troublé dans son esprit devant la mort qui cause une telle tristesse à ses amies et qui demeure une ennemie terrible pour chacun de nous. Cette réaction très humaine de Jésus atteste de la réalité de son union avec les hommes. Le Seigneur des cieux n'était pas seulement une belle auréole qui flottait ici et là, sur la surface de la terre, mais il compatissait réellement à notre peine.

Versets 35-37

Je continue.

Jésus pleura. Alors tous dirent : — Voyez, comme il l'aimait. Quelques-uns remarquaient : — Il a bien rendu la vue à l'aveugle, n'aurait-il pas pu empêcher que Lazare meure ? (Jean 11.35-37).

Alors que l'apôtre Jean présente Jésus comme le Fils de Dieu, de la même nature que l'Éternel de l'Ancien Testament, il le montre aussi dans toute son humanité. Cependant, sa peine différait de celle des autres personnes. En effet, ses pleurs silencieux contrastaient avec leurs grandes lamentations bruyantes, et il n'était pas attristé pour les mêmes raisons que la foule de consolateurs qui interpréta ses larmes comme une manifestation d'amour envers son ami Lazare, et de frustration de ne pas avoir été là pour le guérir. Ils se trompaient. En réalité, Jésus pleurait à cause des conséquences tragiques du péché qui se révèlent si cruellement dans la disparition d'un bien-aimé.

Aujourd'hui, il est de mauvais ton de parler de la mort. On l'occulte un maximum. Pour adoucir le choc du décès, les pompes funèbres embaument le défunt, maquillent son visage, le revêtent de beaux habits et le placent sur du satin délicat dans un cercueil au bois poli, ciré et bien briqué au milieu de fleurs magnifiques. Quand il y a un service funèbre, l'officiant fait de son mieux pour donner une homélie qui rend hommage au disparu ; non pas que ce cérémonial soit inutile puisqu'il fait partie du travail de deuil, mais tout ça, c'est quand même du décor. Cette personne décédée est partie pour toujours et ce corps a déjà commencé sa lente décomposition. Alors pour bien faire, c'est lorsque je suis encore vivant qu'il me faut préparer ce grand voyage dans l'au-delà, d'où personne ne revient.

Versets 38-39

Je continue le texte.

Une fois de plus, Jésus fut profondément bouleversé. Il arriva au tombeau. C'était une grotte dont l'entrée était fermée par une pierre. — Enlevez la pierre, dit Jésus. Marthe, la sœur du mort, dit alors : — Seigneur, il doit déjà sentir. Cela fait quatre jours qu'il est là (Jean 11.38-39).

Les sépulcres étaient souvent taillés dans la pierre à chaux ou aménagés dans des grottes naturelles dont l'entrée était fermée par une grosse pierre ronde et plate. Jésus ordonne qu'on l'enlève, mais il y eut un temps d'hésitation. En effet, ceux qui ouvriraient l'entrée du sépulcre allaient contracter une souillure rituelle en entrant en contact avec ce lieu considéré comme impur selon la Loi. Voici en effet ce qu'elle dit :

Si quelqu'un butte sur des ossements humains ou sur une tombe, il sera impur pendant sept jours (Nombres 19.16).

La scène était des plus dramatiques ; les yeux écarquillés, la foule observait et écoutait toute ouïe ; Marie pleurait et Marthe objectait qu'après 4 jours le corps était déjà à un stade avancé de décomposition.

Verset 40

Je continue.

Jésus lui répondit : — Ne t'ai-je pas dit : Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ? (Jean 11.40).

Jésus rappelle à Marthe la promesse qu'il lui avait faite plus tôt. Si elle croyait à ses paroles : Je suis la résurrection et la vie ; et si elle plaçait sa confiance en lui, elle verrait la gloire de Dieu. Cela dit, les sœurs avaient suffisamment foi en Jésus pour autoriser l'ouverture du sépulcre. Le suspense était à son comble, le silence lourd, le temps suspendu et la tension telle, qu'on aurait pu la couper au couteau. Les Juifs rassemblés ne savaient pas à quoi s'attendre. Ils étaient en transe catatonique, les yeux rivés sur la pierre qu'on faisait rouler et sur Jésus qui était là devant immobile.

Versets 41-42

Je continue.

On ôta donc la pierre. Alors Jésus, tournant son regard vers le ciel, dit : — Père, tu as exaucé ma prière et je t'en remercie. Pour moi, je sais que tu m'exauces toujours, mais si je parle ainsi, c'est pour que tous ceux qui m'entourent croient que c'est toi qui m'as envoyé (Jean 11.41-42).

Lorsque la pierre fut ôtée, la tension monta encore d'un cran. Qu'est-ce que Jésus allait faire ? Dans sa prière d'actions de grâces toute simple, le Seigneur s'exprime à haute voix pour le bien de ses auditeurs, afin qu'ils sachent qu'il n'agit pas de sa propre initiative, mais au nom du Père. Il rappelle ainsi l'harmonie et la communion qui caractérisent sa relation avec lui. Le fait que sa requête sera exaucée donnera à la foule une preuve incontestable qu'il avait été envoyé par le Père et amènerait éventuellement certains Juifs à croire en lui.