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Émission 240 - Les Nombres 35:9 - 36:13

Diffusé le 30 novembre 2007 - ::

Chapitre 35

Versets 9-14

La loi du talion, œil pour œil et dent pour dent, est tiré des Commandements que Dieu a donnés à Moïse, mais le système judiciaire des Israélites était tout aussi complexe que celui qui existe aujourd'hui dans les nations démocratiques. C'est ce qui ressort de la fin du livre des Nombres, le quatrième des cinq écrits par Moise. Dans l'avant-dernier chapitre, l'Éternel donne des ordres aux Israélites sur l'organisation et la structure du gouvernement qu'ils devront adopter une fois qu'ils auront traversé le Jourdain et conquis le pays de Canaan. Il faut garder à l'esprit que cette nation sera une théocratie, c'est-à-dire qu'elle aura Dieu pour souverain, ce qui est unique dans l'histoire de l'humanité. Je continue la lecture du chapitre 35 des Nombres.

L'Éternel parla encore à Moïse, et lui dit : — Dis aux Israélites : Vous allez traverser le Jourdain pour entrer dans le pays de Canaan, et vous vous choisirez des villes qui vous serviront de cités de refuge où pourront se réfugier les auteurs d'homicides involontaires. Ces villes vous serviront d'asile pour protéger le meurtrier de l'homme chargé de punir le crime, afin qu'un meurtrier ne soit pas mis à mort avant d'avoir comparu devant la communauté pour être jugé. Vous désignerez six villes de refuge : trois villes au-delà du Jourdain, et trois autres dans le pays de Canaan (Nombres 35.9-14).

Chez les peuples anciens régnait, comme aujourd'hui encore dans certaines tribus arabes, le droit et même le devoir de la vendetta, c'est-à-dire qu'un meurtre doit être vengé par le plus proche parent de la victime. Mais il existait aussi le droit d'asile, d'après lequel le coupable qui parvenait à se réfugier dans quelque sanctuaire inviolable, y était provisoirement à l'abri. La loi de Moïse institue et règle cette pratique. La vendetta y est reconnue, mais elle est limitée par son application exclusive aux cas de meurtres volontaires, puis par l'établissement de lieux de refuge où le coupable est en lieu sûr jusqu'à ce qu'un tribunal compétent ait décidé si la mort fut un homicide volontaire ou accidentel. Cependant, ces villes de refuge ne protégeaient nullement un véritable assassin.

Versets 22-29

Je continue en compressant.

S'il l'a bousculé par accident et non par inimitié, ou lui a lancé un projectile sans mauvaise intention, ou s'il a fait tomber sur lui une pierre sans l'avoir vu, et qu'il a causé sa mort sans avoir d'intention hostile à son égard et sans avoir cherché à lui faire de mal, Il devra rester dans la ville de refuge jusqu'à la mort du grand-prêtre qui a été oint d'huile sainte. Mais s'il quitte l'enceinte de la ville de refuge où il s'est retiré, et si l'homme chargé de punir le crime le rencontre à l'extérieur du territoire de sa ville de refuge et le tue, cet homme ne sera pas coupable de crime. Car le meurtrier doit demeurer dans sa ville de refuge jusqu'à la mort du grand-prêtre ; après cela il pourra retourner sur les terres qui lui appartiennent. Ces ordonnances auront pour vous force de loi, pour toutes les générations, partout où vous habiterez (Nombres 35.22-29).

Il ressort de ce texte que l'auteur d'un homicide involontaire voyait sa liberté sérieusement restreinte, puisqu'il était confiné à un petit village et qu'il mettait sa vie en péril s'il en sortait. Il était éloigné de sa famille et ne pouvait plus s'occuper lui-même de ses affaires. En pratique, il avait le statut de prisonnier. Son châtiment est toutefois équitable. En effet, comme il n'avait pas suffisamment pris garde à la vie de son prochain, maintenant il allait devoir faire extrêmement attention à la sienne. Cependant, il retrouvait une pleine liberté lors du décès du grand-prêtre en exercice au moment de l'accident. La mort de ce dernier avait donc une valeur expiatoire. Cette loi montre que même l'homicide involontaire devait être racheté et effacé par une mort d'homme.

Versets 30-34

Je lis jusqu'à la fin du chapitre en compressant.

Toutes les fois qu'un meurtre aura été commis, c'est seulement sur la déposition de plusieurs témoins que le meurtrier sera mis à mort. D'autre part, vous n'accepterez pas de rançon en échange de la vie d'un meurtrier qui a été reconnu coupable d'un crime méritant la mort ; il doit être mis à mort. Ne profanez pas le pays où vous vous trouvez : en effet, le sang versé profane le pays ; car, pour le pays, il n'y a pas d'expiation pour le sang qui y a été versé sinon par le sang de celui qui l'a répandu. Vous ne rendrez pas impur le pays où vous demeurerez et dans lequel j'habiterai, car je suis l'Éternel, qui habite au milieu des Israélites (Nombres 35.30-34).

Le sang ne peut être lavé par l'argent. Dans l'économie divine, l'homicide volontaire doit être expié par la peine capitale. Contrairement à ce que disent les opposants à la peine de mort, celle-ci n'est pas un meurtre ajouté au premier ; au contraire, elle efface le crime de sang. L'homicide involontaire quant à lui, est expié indirectement, lorsque le grand-prêtre meurt. D'une manière ou d'une autre, et comme je l'ai déjà dit, l'assassinat d'un homme doit être effacé par la mort d'un autre homme.

Chapitre 36

Versets 6-8

Nous arrivons maintenant au dernier chapitre du livre des Nombres qui reprend et achève l'histoire des 5 filles de Tselophhad (Nombres 27.1-11) de la tribu de Manassé qui vinrent trouver Moïse suite à la mort de leur père. N'ayant pas de frères, elles furent autorisées à hériter du domaine familial. Mais comme l'héritage passait par la lignée du mari, le partage équitable du pays entre les tribus risquerait à la longue de se trouver compromis des transferts de propriétés d'une tribu à l'autre. Alors Moïse donne les directives suivantes.

Je commence à lire.

Voici ce que l'Éternel ordonne au sujet des filles de Tselophhad : Elles peuvent épouser qui elles voudront, à condition que ce soit un membre d'une famille de la tribu de leurs ancêtres. Ainsi, le patrimoine foncier des Israélites ne passera pas d'une tribu à l'autre et chaque Israélite restera attaché au patrimoine foncier de la tribu de ses ancêtres. Si dans l'une des tribus des Israélites, une fille hérite d'un patrimoine foncier, elle devra épouser un homme d'une famille de la tribu de son père, afin que chaque Israélite conserve intact le patrimoine foncier de ses ancêtres (Nombres 36.6-8).

C'est ainsi qu'est réglé ce problème. Les filles, qui héritent pour une raison ou une autre, doivent se marier au sein de leur tribu un point c'est tout.

Verset 13

Je finis le livre des Nombres.

Tels sont les commandements et les lois que l'Éternel donna aux Israélites par l'intermédiaire de Moïse dans les steppes de Moab, sur la rive du Jourdain, à la hauteur de Jéricho (Nombres 36.13).

Toutes les ordonnances qui viennent d'être données l'ont été alors qu'Israël campe dans la plaine du Jourdain. La question du partage du Pays Promis apparaît bien évidemment comme une question majeure comme l'ont témoigné les nombreuses instructions relatives aux frontières, aux responsables du partage, aux villes de refuge et à celles accordées aux Lévites, ainsi que les cas particuliers comme celui des filles de Tselophhad . Le fait d'aborder ces questions avant même la conquête effective du pays prouve que le peuple avait foi dans les promesses divines. Au début du livre, Israël était encore au mont Sinaï, mais 40 ans se sont écoulés, et après bien des péripéties voici Israël aux portes du Pays promis.

Ainsi se termine donc le livre des Nombres écrit par Moïse. Il nous reste encore à voir celui du Deutéronome du même auteur et cela complétera le Pentateuque, cet ensemble des 5 premiers livres de l'Ancien Testament, souvent appelé : La Loi. Mais avant d'en venir là, je vais couvrir le quatrième Évangile du Nouveau Testament, celui écrit par l'apôtre Jean qui est également l'auteur de trois épîtres et du livre de l'Apocalypse, le dernier des Textes Sacrés.