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Émission 237 - Les Nombres 24:1 - 26:1

Diffusé le 27 novembre 2007 - ::

Chapitre 24

Versets 1-2

Dans l'Ancien Testament apparaissent ici et là d'étranges personnages souvent sinistres et toujours énigmatiques. L'un d'entre eux est le devin Balaam, mi-médium et mi-prophète. Il s'est fait acheter pour une somme considérable par les ennemis d'Israël afin qu'il maudisse le peuple choisi. Mais l'Éternel ne l'entend pas de cette oreille et le sorcier est forcé par l'Esprit de Dieu à les bénir. Évidemment, ses employeurs, qui habitaient à l'est du Jourdain, ne sont vraiment pas contents. Le chapitre 24 du livre des Nombres continue l'histoire des démêlés de Balaam avec l'Esprit de Dieu. Je lis le début.

Balaam, voyant bien que l'Éternel trouvait bon de bénir Israël, n'alla pas, comme les autres fois, à la recherche d'augures. Il se tourna vers le désert et regarda Israël campé par tribus. Alors l'Esprit de Dieu vint sur lui (Nombres 24.1-2).

Écoutant ses outils de divinations, Balaam avait jusqu'alors rendu les déclarations divines d'une manière plus ou moins servile. Maintenant, il est carrément saisi par l'Esprit de Dieu et va devenir pour un temps un véritable prophète.

Versets 3-4

Je continue.

Et il prononça son oracle : C'est là ce que déclare Balaam, le fils de Beor, voici ce que proclame l'homme au regard pénétrant, oui, celui qui entend les paroles de Dieu, qui perçoit la révélation du Tout-Puissant, dont l'œil se ferme quand il tombe, prostré (Nombres 24.3-4).

Lorsque l'œil du corps se ferme, alors s'ouvre celui de l'esprit. Cet état de transe est à rapprocher de la description qui est faite du fameux Merlin l'enchanteur du Moyen-Âge. Je cite : Il était sujet à cet état extraordinaire d'extase et de catalepsie où les perceptions acquièrent un développement prodigieux que les Bretons appellent mal sacré, les Écossais seconde vue ( L'enchanteur Merlin , par Villemarqué, page 34). De même, concernant les Bardes gallois, ces poètes celtiques, on raconte qu'on les voyait frémir, puis soudainement tomber dans un profond sommeil, dans lequel ils possédaient la faculté de prédire l'avenir.

Versets 5-9

Je continue le texte en le compressant.

Que tes tentes sont belles, ô peuple de Jacob ! Et tes demeures, ô Israël ! Comme des torrents, elles se répandent, c'est comme des jardins alignés près d'un fleuve, comme des aloès plantés par l'Éternel, ou bien comme des cèdres croissant au bord des eaux. Quand Dieu le fit sortir d'Égypte, avec une puissance semblable à la force du buffle, il dévora les peuples qui lui étaient hostiles, il leur brisa les os et les cribla de flèches. Le voici couché comme un lion, au repos comme un lion. Qui le fera lever ? Il est béni celui qui te bénit, il est maudit celui qui te maudit ! (Nombres 24.5-9).

Avis aux amateurs et à Balaq en particulier : ceux qui s'attaquent à Israël seront détruits et celui qui le maudit est lui-même maudit. La prospérité surnaturelle d'Israël, béni par l'Éternel, est ici décrite dans un style imagé. C'est un jardin de Dieu, un vrai paradis. Après avoir décrit la beauté actuelle d'Israël, bien ordonné autour du tabernacle, il annonce sa grandeur future.

Versets 10-14

Je compresse la suite.

Alors Balaq se mit en colère contre Balaam et lui dit : — Puisqu'il en est ainsi, retourne chez toi ! Je voulais te combler d'honneurs, mais voici que l'Éternel te frustre de ces honneurs. Balaam lui répondit : — N'ai-je pas expressément dit aux messagers que tu m'as envoyés : Je ne pourrai dire que ce que l'Éternel dira. Maintenant, je m'en retourne chez les miens. Mais auparavant, viens, je vais t'annoncer ce que ce peuple-ci fera au tien dans les temps à venir (Nombres 24.10-14).

Il va sans dire que Balaq, son employeur, est furieux et éjecte ce devin bon à rien. Mais avant de quitter les lieux, Balaam va prononcer un quatrième discours.

Versets 15-19

Je continue.

Et il prononça son oracle : C'est là ce que déclare Balaam, voici ce que proclame l'homme au regard pénétrant, oui, celui qui entend les paroles de Dieu, qui a accès à la science du Très-Haut, qui perçoit la révélation du Tout-Puissant, dont les yeux se dessillent quand il tombe, prostré : Je le vois bien, mais ce n'est pas pour maintenant, je le contemple, mais non de près ; un astre monte de Jacob, un sceptre surgit d'Israël ; il brise les flancs de Moab, il abat tous les fils de Seth. Édom sera conquis ; son ennemi, tombera en sa possession. Le peuple d'Israël accomplit des exploits. Celui qui surgira de Jacob régnera, et il fera périr des villes les derniers survivants (Nombres 24.15-19).

Dans ces quatre discours, il y a eu une gradation de l'un à l'autre qui est facile à voir.

  • Dans le premier, Balaam a fait ressortir la spécificité et l'immensité du peuple. Suite à quoi, il affirme l'impossibilité de le maudire.
  • Dans le second, il a célébré la prospérité et la force qu'Israël puise dans la présence de son Dieu, et prononcé sur lui une bénédiction.
  • Le troisième a décrit magnifiquement la puissance actuelle et l'élévation future d'Israël au-dessus de ses plus fiers ennemis.
  • Dans le quatrième discours, la vision prophétique de Balaam se fait plus précise. Il voit surgir de ce peuple un souverain, en la personne duquel se réalisera l'avenir glorieux qu'il vient d'annoncer et qui soumettra les nations voisines, Édom et Moab.

Pour l'instant, Israël a ordre de les épargner, mais un jour leur conduite constamment hostile envers Israël provoquera le châtiment qui est décrit par le devin. Dans les textes orientaux, l'étoile était le signe des dieux et des rois.

L'astre qui monte de Jacob est Jésus-Christ. Il possède le sceptre de la royauté. Cette prophétie était familière aux rois mages qui la connaissaient sous une forme plus complète, ce qui leur a permis d'identifier l'étoile de Bethléhem avec la naissance de Jésus. La prédiction de la victoire d'Israël sur Moab et Édom, des cousins éloignés d'Israël, sera accomplie de deux manières. D'abord par le roi David qui écrasera les Moabites, et ensuite de manière beaucoup plus large, par le messie qui triomphera de tous les ennemis d'Israël lorsqu'il reviendra pour établir son royaume universel.

Verset 20

Je continue.

Balaam aperçut Amalec et il prononça son oracle : Amalec était à la tête de toutes les nations, mais sa postérité en fin de compte disparaîtra (Nombres 24.20).

Les Amalécites étaient des nomades de la partie sud de Canaan. Ils furent les premiers à attaquer Israël durant leur fuite d'Égypte. Les rois Saül et David les écraseront.

Versets 21-22

Je continue.

Puis il vit les Qéniens et prononça son oracle : Ta demeure est solide, ton nid est juché sur le roc, mais finalement le Qénien sera exterminé quand, en captivité, Assour (les Assyriens) t'emmènera (t'emmèneront) captif (Nombres 24.21-22).

Les Qéniens étaient distincts des Madianites au milieu desquels ils vivaient. La première femme de Moïse était Qénienne. Ce peuple s'est installé dans les montagnes presque inaccessibles du Néguev, au sud-est de Canaan, aux confins du désert, où il pouvait faire paître les troupeaux. Contrairement à tous les autres, ce peuple a toujours entretenu de bons rapports avec les Hébreux. Cependant, il sera à la fois assimilé à Israël et emmené en captivité en même temps que lui. Donc, il disparaîtra complètement.

Versets 23-25

Je continue jusqu'à la fin du chapitre.

Enfin il prononça encore un oracle : Hélas : Qui survivra lorsque Dieu agira (après qu'il aura établi l'Assyrien maître du pays) ? Des bateaux viennent de Kittim, ils soumettront Assour, ils soumettront Héber, et même ce dernier court à sa ruine. Puis Balaam se mit en route et s'en retourna chez lui. Balaq, lui aussi, s'en alla de son côté (Nombres 24.23-25).

Kittim représente une nation occidentale, probablement la Grèce d'Alexandre le Grand, qui viendra mettre un terme à la domination des Assyriens, le représentant de la puissance orientale. Héber lui est assimilé. Il représente les tribus arabes. Puis Kittim court à sa ruine ; c'est-à-dire que le pays occidental sera lui-même vaincu. Il est sans doute question de Rome. Dans tout ça, l'empire médo-perse, qui vainquit l'Assyrie, est passé sous silence probablement parce qu'il lui est assimilé, vu qu'ils sont tous deux orientaux. Voilà terminés les 7 oracles de Balaam, qui vient d'embrasser d'un regard la destinée des peuples de l'Orient et leur choc avec l'Occident. Maintenant, il remonte sur son âne.

Mais avant de rentrer dans son pays, il va donner à Balaq le seul conseil propre à lui procurer la victoire sur Israël, celui de l'entraîner à l'idolâtrie et à la débauche, et par là le priver de l'appui de son Dieu. Ce renseignement nous est donné un peu plus loin dans le livre des Nombres, et confirmé par l'apôtre Jean dans l'Apocalypse, le dernier livre du Nouveau Testament. Je cite ces passages :

Rappelez-vous que ce sont elles qui, sur les conseils de Balaam, ont incité les Israélites à être infidèles à l'Éternel de sorte qu'un fléau a frappé la communauté de l'Éternel (Nombres 31.16).

Et Jean de dire :

J'ai pourtant quelques reproches à te faire : tu as chez toi des gens attachés à la doctrine de Balaam qui avait appris au roi Balaq à tendre un piège devant les Israélites. Il voulait qu'ils participent au culte des idoles en mangeant les viandes provenant de leurs sacrifices et en se livrant à la débauche (Apocalypse 2.14).

Ce conseil du devin, aussi habile qu'il est perfide, fut suivi. Et Balaam a ainsi pu passer au tiroir-caisse pour toucher son gros chèque, mais il recevra aussi le salaire divin, car il sera éventuellement mis à mort, enveloppé dans la défaite des ennemis d'Israël. Toute cette histoire un peu surprenante de ce Balaam, mi-prophète, mi-sorcier est une affirmation à la fois de la souveraineté de l'Éternel dans les affaires des hommes, et de la protection et bénédiction dont jouit Israël, son peuple.

Dieu apparaît comme le véritable maître d'œuvre. C'est lui qui dirige ce devin païen. Il lui ouvre les yeux, met dans sa bouche les paroles qu'il doit prononcer, le fait parler par son Esprit et l'amène à bénir Israël au lieu de le maudire. Ainsi est déjoué le funeste projet de Balaq, roi de Moab.

Chapitre 25

Versets 1-3

Nous voici arrivés au chapitre 25 du livre des Nombres, qui continue par une sombre histoire de mœurs, conséquences du conseil machiavélique du sorcier Balaam. Je commence à lire.

Israël s'établit à Chittim. Là, le peuple commença à se livrer à la débauche avec des filles de Moab qui les invitèrent aux sacrifices offerts à leurs dieux. Les Israélites participèrent à leurs repas sacrés et se prosternèrent devant leurs dieux. Peu à peu, Israël s'adonna au culte du Baal de Peor, et l'Éternel se mit en colère contre lui (Nombres 25.1-3).

Pendant qu'il était dans la plaine du Jourdain, une des extrémités du camp des Israélites était en contact quasi permanent avec les Moabites et les Madianites qui avaient cherché à les perdre en attirant sur lui les malédictions de Balaam. Ils sont à deux pas du pays promis, en face de la ville de Jéricho, dans le lieu dit : la prairie des acacias. Là, une partie du peuple s'adonne à l'idolâtrie, qui inclut des orgies genre très hard. Des prostitués sacrés et des filles moabites et madianites les ont invités à faire preuve de tolérance en se joignant à elles dans une immense partouze pour adorer leur dieu Baal.

Versets 4-5

Je continue.

L'Éternel dit à Moïse : — Prends avec toi tous les chefs du peuple et fais pendre les coupables en ma présence face au soleil, afin que l'ardeur de ma colère se détourne d'Israël. Moïse ordonna aux juges d'Israël : — Que chacun de vous exécute ceux de ses gens qui se sont adonnés au culte du Baal de Peor (Nombres 25.4-5).

Ceux qui ont enfreint l'alliance en adorant l'idole devaient être amenés par les chefs de tribus devant les juges institués qui avaient à prononcer la sentence. Ils subissaient la peine capitale par le glaive puis étaient pendus. Ensuite, leurs cadavres étaient enlevés et ensevelis avant la nuit. Cette exécution était nécessaire pour apaiser la colère de l'Éternel et satisfaire sa sainteté. Elle devait aussi faire cesser la plaie qui décimait les rangs israélites.

Versets 6-10

Je continue.

À ce moment survint un Israélite amenant vers ses compatriotes une fille madianite, sous les yeux de Moïse et devant toute la communauté des Israélites qui pleuraient à l'entrée de la tente de la Rencontre. Voyant cela, Phinéas, fils d'Éléazar et petit-fils du prêtre Aaron, se leva du milieu de la communauté, saisit une lance et suivit cet Israélite jusque dans la partie arrière de sa tente. Là, il transperça tous les deux, l'homme et la femme, d'un coup en plein ventre. Et le fléau qui sévissait parmi les Israélites cessa. Mais il avait déjà fait vingt-quatre mille victimes (Nombres 25.6-10).

Inouï et incroyable ! Il y en a qui sont drôlement gonflés. La partie arrière de la tente servait de chambre à coucher, ce qui souligne bien les intentions de cet homme israélite. Il pousse l'impudence jusqu'à mener une fille madianite dans le camp même d'Israël, lieu de la présence divine. Pire encore, il semble qu'il soit passé devant le sanctuaire même afin de se rendre à sa demeure, puisque Phinéas, le fils du grand-prêtre, les a vus. Son acte purificateur n'était pas l'accomplissement d'un devoir officiel, mais l'inspiration subite d'une sainte indignation. En tout cas, il eut pour effet immédiat d'arrêter net le châtiment de Dieu, avant même que tous les coupables fussent exécutés.

Versets 11-13

Je continue le texte.

Alors l'Éternel parla à Moïse en ces termes : — Phinéas, fils d'Éléazar, petit-fils du prêtre Aaron, a détourné ma colère des Israélites, car il a pris vivement à cœur mes intérêts. Aussi, je n'ai pas exterminé les Israélites dans ma colère de les voir bafouer mon amour pour eux. C'est pourquoi, déclare-lui que je conclus avec lui une alliance de paix. Cette alliance lui garantira, à lui et à ses descendants, le sacerdoce à perpétuité, parce qu'il a pris vivement à cœur les intérêts de son Dieu, et qu'il a accompli un acte expiatoire pour les Israélites (Nombres 25.11-13).

En effet, le sacerdoce des descendants de Phinéas dura jusqu'au moment où le rideau du temple qui sépare les lieux saints et très saint se déchira de lui-même de haut en bas lorsque Jésus rendit l'esprit. Dans cette affaire, les deux coupables étaient des personnages de haut rang, l'un chef d'une des principales subdivisions de la tribu de Siméon ; l'autre, fille d'un prince madianite.

Versets 16-17

Je continue plus loin.

L'Éternel parla à Moïse, en ces termes : — Attaquez les Madianites et battez-les, car ils sont devenus vos ennemis en usant de ruse contre vous dans l'affaire de Peor et au moyen de Kozbi, fille d'un de leurs chefs, qui fut mise à mort lors du fléau survenu à cause du Baal de Peor (Nombres 25.16-17).

Les Madianites s'étaient ligués avec les Moabites afin de s'opposer à Israël. Ce sont eux qui avaient proposé à Balaq les services du devin Balaam. Ils seront exterminés par les Israélites un peu plus tard, en même temps que le sorcier. Le Nouveau Testament souligne l'enseignement à tirer de cet événement tragique. Je le lis :

Ne nous laissons pas entraîner à l'immoralité sexuelle comme firent certains d'entre eux et, en un seul jour, il mourut vingt-trois mille personnes (1Corinthiens 10.8).

Ce nombre de coupables exécutés fut considérable, entre 23 et 24 000.

Chapitre 26

Versets 1-65

Dans le chapitre 26, le suivant, il est question du nouveau recensement avant d'entrer en terre promise. Je commence à lire.

Après ce fléau, l'Éternel dit à Moïse et à Éléazar, fils du prêtre Aaron : — Faites le recensement de toute la communauté d'Israël ; vous dénombrerez, par groupes familiaux, tous les hommes de vingt ans et plus, aptes à servir dans l'armée d'Israël. Parmi eux, il ne restait plus personne de ceux que Moïse et Aaron avaient recensés dans le désert du Sinaï, car l'Éternel leur avait déclaré qu'ils mourraient dans le désert. Il ne subsistait donc aucun d'entre eux, excepté Caleb, fils de Yephounné, et Josué, fils de Noun (Nombres 26.1, 64-65).

Toute l'ancienne génération a péri, leurs carcasses sont tombées dans le désert parce qu'ils se sont rebellés contre l'Éternel leur Dieu. Maintenant a lieu un nouveau dénombrement. Comparé au précédent, il y a des différences considérables dans le nombre de ceux aptes à servir dans l'armée par tribus. Certaines d'entre elles ont diminué et d'autres ont augmenté. Le total des guerriers de 20 ans et plus est légèrement inférieur de 1 820 hommes à ce qu'il était il y a presque 40 ans.

Au vu des épreuves traversées pendant plus de 38 ans dans le désert et des châtiments divins encourus par le peuple souvent rebelle, cette diminution est peu de chose, surtout si on tient compte des quelques 24 000, pour la plupart des hommes, qui viennent tout juste d'être exécutés. Ce recensement témoigne donc de la fidélité de l'Éternel envers son peuple et de la réalité de la bénédiction que Dieu a prononcée sur Abraham lorsqu'il lui a promis :

Je ferai de toi l'ancêtre d'une grande nation ; je te bénirai (Genèse 12.2).

Dieu tient donc ses promesses. On peut compter sur lui.