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Diffusé le 22 novembre 2007 - ::
Quand j'étais soldat, on nous imposait de marcher en rangs serrés, tout en chantant tambour battant. C'est supposé vous donner du courage au combat. Le peuple d'Israël est en route pour conquérir le pays de Canaan que Dieu leur a donné. Cependant, en guise de chant de victoire, c'est plutôt un gémissement. Les Hébreux entonnent constamment la complainte du désert. Ils n'arrêtent pas de geindre, de se lamenter et même de se rebeller ouvertement contre l'Éternel dont les châtiments sont spectaculaires ; mais rien n'y fait ! Tous ceux de 20 ans et plus qui sont sortis d'Égypte ont déjà péri dans le désert suite à un périple de 40 ans à tourner en rond. À la veille d'entrer dans le pays promis, le peuple, alors constitué d'une nouvelle génération, suit le mauvais exemple de ses aînés.
Je continue le chapitre 20.
L'eau vint à manquer. Alors le peuple s'attroupa pour s'en prendre à Moïse et Aaron. Ils s'en prirent à Moïse et lui dirent : — Ah ! Si seulement nous étions morts quand nos compatriotes ont péri devant l'Éternel ! (Nombres 20.2-3).
Ça sent le déjà vu ou plutôt : Est-ce que j'ai déjà entendu ça quelque part ? Ce ne sont pas les mêmes gens, mais le même refrain. Ce doit être décourageant pour Moïse et même pour Dieu. La nouvelle génération est aussi défiante et rebelle que leurs ancêtres décédés. Décidément : tel père, tel fils !
Je continue.
Pourquoi avez-vous mené la communauté de l'Éternel dans ce désert ? Pour nous y faire mourir, nous et notre bétail ? Pourquoi nous avez-vous fait quitter l'Égypte et venir dans ce lieu de misère ? Ici on ne peut rien semer ! Il n'y a ni figuier, ni vigne, ni grenadier. Il n'y a même pas d'eau à boire ! Moïse et Aaron s'éloignèrent de l'assemblée pour se diriger vers l'entrée de la tente de la Rencontre où ils se jetèrent face contre terre. Alors la gloire de l'Éternel leur apparut (Nombres 20.4-6).
Ça sent le roussi. La situation devient menaçante. Moïse et Aaron se réfugient auprès de l'Éternel, à l'entrée du sanctuaire.
Je continue.
L'Éternel parla à Moïse et lui dit : — Prends ton bâton et, avec ton frère Aaron, rassemblez la communauté. Devant eux, vous parlerez à ce rocher pour qu'il donne son eau. Ainsi tu feras jaillir pour eux de l'eau du rocher, et tu donneras à boire à la communauté et au bétail. Moïse prit le bâton qui se trouvait devant l'Éternel, comme celui-ci le lui avait ordonné (Nombres 20.7-9).
Moïse doit prendre le bâton avec lequel il avait fait tous ses miracles en Égypte et avait aussi frappé, il y a très longtemps, le rocher qui se trouve au pied du mont Sinaï, afin d'en faire sortir de l'eau. Ce bâton avait été déposé dans le sanctuaire et était resté inactif pendant toutes ces années. Le voyageur Rowlands qui a parcouru toute cette partie du monde en long en large et en travers, décrit ainsi la localité de Qadech. Je le cite : Il y a là un rocher massif, complètement isolé formant l'avant-mont de la montagne qui s'élève au nord ; ce rocher, absolument nu, est le seul visible dans toute la contrée. J'admirai le torrent qui en sort et qui, au bout de quatre cents pas, se perd dans le sable. Dans tout le désert, je n'ai rien trouvé d'aussi charmant que ce courant d'eau par ailleurs excellente. En voyant tarir cette source qui l'avait abreuvée auparavant, le peuple était tombé dans une grande perplexité et la fronde grondait.
Je continue le texte.
Moïse et Aaron convoquèrent l'assemblée devant le rocher désigné ; et Moïse leur dit : — Écoutez donc, rebelles que vous êtes ! Croyez-vous que nous pourrons faire jaillir pour vous de l'eau de ce rocher ? Moïse leva la main et, par deux fois, frappa le rocher avec son bâton. L'eau jaillit en abondance. Hommes et bêtes purent se désaltérer (Nombres 20.10-11).
Devant l'explosion soudaine de mécontentement et de révolte de la part de la nouvelle génération, Moïse semble pris de court. Il s'adresse au peuple en donnant libre cours à l'exaspération, la colère et la frustration engendrées par leur attitude. Il a perdu son sang-froid. C'est exactement ce que dit un psalmiste que je cite :
Ils ont irrité Dieu à Mériba et ils ont fait le malheur de Moïse. Ils l'ont si vivement exaspéré qu'il s'est mis à parler sans réfléchir (Psaumes 106.32-33).
De plus, Moïse a désobéi à l'Éternel en s'adressant non pas au rocher, comme cela le lui avait été ordonné, mais au peuple. Il aurait dû être l'intermédiaire entre la volonté divine et ce gros caillou en le transformant, par l'ordre divin, en une source bienfaisante. Au lieu de cela, il se plante entre Dieu et le peuple en adressant à celui-ci les plus vifs reproches. Ce n'est pas tout, en disant : Écoutez donc, rebelles que vous êtes ! Croyez-vous que nous pourrons faire jaillir pour vous de l'eau de ce rocher, Moïse laisse apparaître le sentiment amer de la blessure personnelle, dont il est l'objet avec Aaron.
Précédemment, en pareilles circonstances, lorsque le peuple s'en prenait à ses chefs, Moïse les reprenait à cause de leur conduite pourrie envers l'Éternel. Il disait : Qui est Aaron, c'est-à-dire : quel est-il et que suis-je moi-même, pour que vous vous en preniez à nous ? Il s'effaçait ainsi lui et son frère derrière le Dieu au nom duquel ils agissaient. Maintenant, il met en avant sa propre personne et celle de son frère comme si c'étaient eux qui étaient en cause.
Finalement, il frappe le rocher à deux reprises, ce qui trahit encore une fois l'irritation et l'impatience, et semble vouloir ajouter un déploiement de force tout humaine à l'action de la puissance divine. Il semblerait aussi que Moïse se soit attribué une partie de la gloire de ce miracle. Après tout, c'est lui qui frappe avec son bâton de berger.
Je continue avec le jugement divin.
Mais l'Éternel dit à Moïse et à Aaron : — Vous ne m'avez pas été fidèles et vous n'avez pas honoré ma sainteté aux yeux des Israélites. À cause de cela, vous ne ferez pas entrer cette assemblée dans le pays que je leur destine. Ce sont là les eaux de Mériba (ce qui veut dire : de la Querelle), où les Israélites avaient cherché querelle à l'Éternel, et où il manifesta sa sainteté devant eux (Nombres 20.12-13).
L'attitude de Moïse a constitué un manquement au respect dû au Dieu saint qui est inacceptable. Il a déshonoré l'Éternel devant tout le peuple. Si c'est le lampiste qui fait une chose pareille, personne n'y prête attention. Mais comme c'est le prophète, chef spirituel, militaire et politique d'Israël, ça ne passe pas inaperçu. C'est pour cela que le châtiment est lourd et sans appel. Dieu manifesta sa sainteté que ses deux serviteurs avaient bafouée, en leur infligeant cette punition sévère. Les deux chefs de la théocratie, le législateur et le grand-prêtre, se sont par leur faute exclus de la Terre Promise. Dur, dur !
Je continue le texte.
De Qadech, Moïse envoya des messagers au roi d'Édom pour lui faire dire : — Ainsi parle ton frère Israël : Tu connais toutes les difficultés que nous avons rencontrées. Jadis, nos ancêtres se sont rendus en Égypte, où nous avons séjourné de nombreuses années. Mais les Égyptiens nous ont maltraités, après avoir maltraité nos ancêtres. Alors nous avons crié à l'Éternel, et il nous a entendus. Il a envoyé un ange et nous a fait sortir d'Égypte. À présent, nous sommes à Qadech, une ville située aux confins de ton territoire. Permets-nous de traverser ton pays ! Nous ne passerons ni dans les champs ni dans les vignes, et nous ne boirons pas d'eau de vos puits ; nous suivrons la route royale sans nous en écarter ni à droite ni à gauche, jusqu'à ce que nous ayons traversé ton territoire (Nombres 20.14-17).
Israël et Édom sont descendants des deux frères jumeaux, Jacob et Ésaü. Ce sont donc des cousins germains. Le peuple d'Israël se trouve à nouveau réuni à Qadech à la suite de ses pérégrinations au désert. Nous sommes au début de la quarantième année, et le moment est venu pour Moïse de prendre les mesures qui s'imposent afin de préparer la conquête de la Terre promise. Le peuple se trouve loin dans le sud-ouest du pays de Canaan. Il aurait dû remonter directement en direction du nord.
Mais pour des raisons inconnues, Moïse décide de traverser le pays des Édomites dans toute sa largeur, en ligne droite, de l'ouest à l'est, afin de contourner la Mer Morte par l'est, de traverser le Jourdain et pénétrer en Canaan d'est en ouest. 4 siècles auparavant, le cortège funèbre égyptien qui avait ramené le corps de Jacob en Palestine avait suivi cette même déviation. Donc, Moïse envoie des messagers au roi d'Édom pour lui demander le libre passage des Israélites. L'eau étant rare et précieuse dans ce pays aride, il lui propose même de le dédommager en espèces sonnantes et trébuchantes, s'ils utilisent leurs puits.
Ils ont l'intention d'emprunter la route royale. C'était une route militaire, très large. On l'appelle encore aujourd'hui route du sultan. Les Israélites s'engagent à la suivre sans fourrager à droite et à gauche. La question se pose de savoir quelle était la position de l'Éternel dans tout ça. Le peuple ne devait-il pas se déplacer avec la nuée ? Moïse s'est-il montré impatient et a-t-il pris une initiative inutile, ou était-ce sur l'ordre de Dieu qu'il a demandé le droit de passage ? Aucun texte ne répond à ces questions.
Je continue. Le roi d'Édom lui répondit : — Vous ne traverserez pas mon pays, sinon je vous attaquerai avec mon armée. Les émissaires d'Israël lui dirent : — Nous ne ferons que suivre la grande route ; et si nous buvons de ton eau, nous et nos troupeaux, nous t'en payerons le prix, nous ne demandons rien d'autre que le droit de passer à pied. Mais le roi répondit : — Vous ne passerez pas ! Et les Édomites marchèrent à la rencontre des Israélites avec des forces considérables et une armée puissante (Nombres 20.18-20).
La haine qu'avait Ésaü pour Jacob s'est transmise à ses descendants. Les Édomites n'ont toujours pas enterré la hache de guerre. Ils en veulent toujours à Israël. Nous savons par un autre texte que Moïse a alors formulé la même demande au roi de Moab. Je lis ce passage.
Alors ils ont envoyé des messagers au roi d'Édom pour lui demander l'autorisation de traverser son pays. Mais celui-ci refusa. Après cela, ils ont fait la même demande au roi de Moab, qui refusa également. Et Israël est resté à Qadech. Par la suite, ils ont repris leur marche à travers le désert en contournant le pays d'Édom et celui de Moab (Juges 11.17-18).
Tout ça commence bien mal pour Israël.
Je continue le texte.
Devant le refus d'Édom de donner le droit de passage aux Israélites sur son territoire, ces derniers prirent une autre direction. Toute la communauté des Israélites quitta Qadech. Ils arrivèrent à la montagne de Hor. Là, à la montagne de Hor, sur les confins d'Édom, l'Éternel dit à Moïse et à Aaron : — Aaron va bientôt rejoindre ses ancêtres décédés. Il n'entrera pas dans le pays que je vais donner aux Israélites car vous avez désobéi à mes ordres au sujet des eaux de Mériba. Prends donc Aaron et son fils Éléazar, et fais-les monter sur la montagne de Hor (Nombres 20.21-25).
On ne connaît pas l'emplacement de cette montagne, sinon qu'elle se trouve quelque part à la frontière du pays d'Édom. L'expression « rejoindre ses ancêtres décédés » ne veut pas dire la même chose qu'être enseveli. Elle signifie entrer dans la partie paradisiaque du schéol, le mot hébreu pour le séjour des morts. Cette expression sous-entend l'idée de l'immortalité de l'âme. C'est sur le sommet de la montagne d'Hor que va avoir lieu la transmission du sacerdoce du grand-prêtre Aaron à son fils Éléazar.
Je continue jusqu'à la fin du chapitre.
Tu enlèveras à Aaron ses vêtements de prêtre et tu en revêtiras son fils Éléazar. Alors Aaron ira rejoindre les siens : il mourra là. Moïse fit ce que l'Éternel avait ordonné. Les trois hommes gravirent la montagne de Hor sous les yeux de toute la communauté. Moïse ôta les vêtements d'Aaron et en revêtit son fils Éléazar. Aaron mourut là au sommet de la montagne. Moïse et Éléazar redescendirent de la montagne. Toute la communauté comprit qu'Aaron était mort. Alors tout le peuple d'Israël célébra son deuil pendant trente jours (Nombres 20.26-29).
Il y a une quarantaine d'années, Moïse avait revêtu Aaron de ses vêtements sacerdotaux pour l'investir de la fonction de grand-prêtre. Il doit maintenant faire de même avec Éléazar, avant la mort de son père, afin de lui transmettre cette charge des plus éminentes. Ainsi, aucun doute ne subsistera plus quant au successeur d'Aaron. Ce dernier devait ôter ses vêtements de cérémonie avant de mourir, afin de ne pas les rendre impurs par leur contact avec son cadavre.
C'est Moïse qui a enterré Aaron. Éléazar en tant que le nouveau grand-prêtre n'avait pas le droit de toucher un cadavre. Dieu a soustrait au regard du peuple l'exécution du châtiment douloureux dont il frappe ce serviteur fidèle, mais qui avait aussi été faible et lâche. Cependant, les Israélites devaient lui être attachés, car il jouait un rôle paternel pour eux, étant donné que leurs propres pères et oncles étaient tous morts dans le désert. Ce fut donc une perte douloureuse pour eux. Éléazar était de la même génération qu'eux et ne pouvait donc remplir le rôle patriarcal d'Aaron. Cette transmission de père en fils était nécessaire à cause de la mort qui tôt ou tard frappait tous les grands-prêtres en exercice. Cet état de choses est repris dans le Nouveau Testament afin de montrer la supériorité du sacerdoce établi par Jésus-Christ. Je lis le passage en question :
De plus, de nombreux prêtres se succèdent parce que la mort les empêche d'exercer leurs fonctions à perpétuité. Mais Jésus, lui, parce qu'il demeure éternellement, possède le sacerdoce perpétuel (Hébreux 7.23-24).
Aujourd'hui tous ceux qui ont mis leur confiance en Jésus-Christ, possèdent un grand-prêtre qui non seulement ne mourra jamais, mais qui de plus me connaît personnellement. Pour lui, je ne suis pas un illustre inconnu perdu dans la masse. En fait, chacun de ceux qui ont foi en lui est individuellement précieux à ses yeux, parce qu'il a donné sa vie en rançon pour lui.
Nous voici rendus au chapitre 21 du livre des Nombres. Les errements d'Israël dans le désert sont terminés. Maintenant est venue l'heure de la conquête, de la marche véritable vers le pays de Canaan. Je commence à lire.
Le roi cananéen d'Arad qui habitait le Néguev apprit que les Israélites arrivaient par la route d'Atarim, (le chemin des caravanes). Il les attaqua et fit des prisonniers parmi eux. Alors les Israélites firent un vœu à l'Éternel en disant : — Si tu livres ce peuple entre nos mains, nous vouerons leurs villes à l'Éternel en les détruisant (Nombres 21.1-2).
Arad était une ville du sud de la Palestine à 50 km au sud de Jérusalem et à 100 km au nord-nord-est de Qadech, où le peuple se trouvait rassemblé en attendant le retour des émissaires partis demander aux Édomites, la permission de traverser leur pays. Mais ça commence mal. Alors que le peuple bivouaque tranquillement, il est attaqué par surprise et il y a déjà des prisonniers. C'est la consternation, d'où ce vœu fait à l'Éternel. Vouer par interdit signifie tout détruire à l'exception de ce qui pouvait être utilisé pour le sanctuaire ou par les prêtres.
Je continue.
L'Éternel exauça les Israélites et leur donna la victoire sur les Cananéens. Ils les lui vouèrent en détruisant leurs villes avec leurs habitants, et l'on donna à ce lieu le nom de Horma (Destruction). Les Israélites quittèrent la montagne de Hor par la route de la mer des Roseaux pour contourner le pays d'Édom. En cours de route, le peuple se découragea (Nombres 21.3-4).
Parti du mont Hor où Aaron mourut, le peuple contourne le pays d'Édom par le sud en direction de l'est. C'était un voyage de 200 km qui prenait une dizaine de jours pour une caravane ordinaire. Mais la route est pénible et le désert aride, et les Israélites en ont de plus en plus marre. Toujours et encore du sable et des rochers, monter et descendre des flancs escarpés. Il était dur de reprendre le chemin du désert après avoir touché aux confins de la Terre promise.