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Émission 233 - Les Nombres 18:7 - 20:1

By Chemins de VIE
Créé 21/11/2007 - 05:00

Chapitre 18

Verset 7

Quand l'Union Soviétique existait encore, c'était une grande puissance surtout militaire gérée par le Politburo qui avait à sa tête un secrétaire général. Mais cette position était plutôt instable. Lorsqu'il partait en vacances ou en voyage, il n'était jamais tout à fait sûr si pendant son absence on n’allait pas le virer. C'est ainsi que suite à Staline, Malencov devint le grand patron, mais en 1955, après seulement deux ans de règne il fut supplanté par Nikita Khrouchtchev, qui réussit à tenir 9 ans avant de se faire évincer par Leonid Brejnev. Lorsque quelqu'un détient le pouvoir, il fait des jaloux.

Même, le grand Moïse a été confronté à ce problème. Suite à toute une série de contestations et à deux tentatives de coups d'État, l'Éternel le confirme dans son rôle ainsi que Aaron son frère comme grand-prêtre. En Israël, le sacerdoce était extrêmement important parce qu'il représentait le trait d'union entre le Dieu 3 fois Saint et son peuple. Cette fonction était exclusivement réservée à Aaron et à ses descendants. Presque toutes leurs tâches se faisaient dans un espace bien délimité, d'une part à l'intérieur du sanctuaire, et d'autre part autour de l'autel de bronze qui se trouvait à l'extérieur du Tabernacle, mais à l'intérieur du parvis, c'est-à-dire de son pourtour.

Le sacerdoce est présenté comme un don de l'Éternel à tout le peuple qui en bénéficie. En effet, c'est grâce à tout ce rituel complexe et sanglant que les Israélites pouvaient obtenir le pardon des fautes qui n'étaient pas à main levée, c'est-à-dire une rébellion volontaire dirigée contre Dieu. Dans la Nouvelle Alliance en Jésus-Christ, et selon l'enseignement du Nouveau Testament, le sacerdoce est universel. Tous les croyants ont la possibilité de s'approcher librement de Dieu sans passer par une prêtrise ou accomplir des rites. Je continue dans le chapitre 18 du livre des Nombres en résumant le texte.

L'Éternel dit à Aaron : — Tu ne posséderas pas de patrimoine foncier dans leur pays et il ne te reviendra aucune part au milieu d'eux ; car c'est moi qui suis ta part et ton patrimoine au milieu des Israélites. Aux lévites, je donne comme possession toutes les dîmes qui seront perçues en Israël, pour le service qu'ils assurent, celui qu'ils accomplissent dans la tente de la Rencontre. Dis aux lévites : Lorsque vous recevrez des Israélites les dîmes que je vous donne de leur part en guise de possession, vous en prélèverez le dixième comme offrande pour l'Éternel, ce sera donc la dîme de la dîme et vous la donnerez au prêtre Aaron comme une offrande à l'Éternel. Sur tous les dons que vous recevrez, vous prélèverez une offrande pour l'Éternel, vous prélèverez la meilleure part comme part la plus sainte (Nombres 18.20-29).

Les Lévites ne recevront pas d'héritage en Palestine, pas de terres en propre, si ce n'est quelques villes et les pâturages d'alentour. La famille d'Aaron n'aura rien du tout. En compensation, les Lévites reçoivent la dîme de tous les revenus israélites, dont un dixième revient aux prêtres. C'est la dîme des dîmes. Donc, 1 % de tous les revenus d'Israël allait à la famille d'Aaron. Mais celle-ci avait droit, en plus, à une partie des sacrifices offerts par le peuple. De plus, tous les premiers-nés leur appartenaient de droit, mais ils ne prenaient possession que des animaux rituellement purs qu'ils offraient en sacrifice lors du service cultuel. La viande et la peau leur revenaient, sauf pour les holocaustes, bien entendu, puisqu'ils étaient consumés par le feu.

Les animaux rituellement impurs ainsi que les garçons premiers-nés n'étaient pas sacrifiés, mais devaient être rachetés en espèces sonnantes. Cela veut dire que le propriétaire ou le père donnait aux prêtres une somme d'argent afin de pouvoir conserver son fils ou sa bête. C'était une source de revenus considérable si l'on songe d'une part à l'importance de la population israélite, et d'autre part au petit nombre de membres de la famille sacerdotale.

Ce chapitre 18 que je viens de couvrir montre comment les dispositions fondamentales relatives à l'entretien du sacerdoce israélite ont été établies. Chez d'autres peuples de l'antiquité, les prêtres jouissaient de propriétés considérables. Chez les Égyptiens, en particulier, ils possédaient les plus grandes et les meilleures terres. C'était, disaient-ils, une donation que leur avait faite la déesse Isis pendant son séjour ici-bas. Ces possessions n'étaient pas négligeables puisqu'elles équivalaient au tiers des terres cultivables du pays. De plus, elles étaient exemptes de toute espèce d'impôts. Quelle différence avec l'organisation israélite selon laquelle les prêtres-sacrificateurs et les Lévites ne pouvaient jamais posséder autre chose que leurs habitations dans un certain nombre de villes et les pâturages nécessaires pour leurs troupeaux dans les banlieues.

Chaque tribu une fois installée dans le pays de Canaan, reçut en héritage un territoire suffisant pour assurer son entretien et son bien-être. Mais cet avantage fut refusé aux Lévites ainsi qu'à la famille sacerdotale elle aussi lévite. Cette tribu n'avait comme moyens de subsistance que ceux qui provenaient de la piété et de la fidélité du peuple, à savoir les dîmes pour les Lévites, et les sacrifices, les offrandes végétales, les premiers-nés, et la dîme des dîmes pour les prêtres.

Cette situation de dépendance n'avait rien d'humiliant du point de vue spirituel ; car, comme le dit l'Éternel, ce n'était pas le peuple, c'était lui-même qui dotait ainsi ses serviteurs, puisque c'était à lui comme au vrai souverain d'Israël qu'étaient dues ces offrandes et ces dîmes. Mais il est certain néanmoins que du point de vue humain cette position avait quelque chose de bien précaire. C'est ce qui tend à prouver qu'à l'origine de l'institution du sacerdoce, il n'y avait ni capitalisme sauvage ni même cupidité chez ce peuple. L'Éternel avait assigné à ses serviteurs lévites un moyen d'existence qui reposait uniquement sur la fidélité à sa personne et à son culte.

Chapitre 19

Versets 1-3

Nous voici maintenant arrivés au chapitre 19 du livre des Nombres, où il est question d'un rite bien étrange. Il s'agit de l'immolation de la vache rousse afin d'élaborer un antidote rituel à la souillure spirituelle que procure un mort. Je commence à le lire.

L'Éternel parla à Moïse et à Aaron, en ces termes : Voici ce que prescrit la Loi de l'Éternel : Demandez aux Israélites de vous amener une vache rousse, sans défaut et sans tache, qui n'ait pas encore porté le joug. Vous la remettrez au prêtre Éléazar. Celui-ci la mènera à l'extérieur du camp et on l'immolera en sa présence (Nombres 19.1-3).

Cette loi est donnée à Moïse en tant que prophète et chef du peuple, et à Aaron en tant que grand-prêtre, responsable des rites de purification. Les événements récents ont amené beaucoup d'Israélites à toucher des cadavres. De plus, il va y avoir des morts tous les jours puisque 600 000 hommes de guerre sont condamnés à mourir en l'espace des 39 ans à venir. Cela fait une moyenne de 42 morts par jour rien que pour eux. Il faut y ajouter les femmes ainsi que les morts naturelles.

C'est pour cela que Dieu donne à présent des directives sur la manière de se purifier suite au contact avec un cadavre. Cette vache rousse va être rituellement immolée afin d'obtenir des cendres qui serviront à la préparation de l'eau de purification. C'est un sacrifice pour le péché au sens large du terme. Il ne s'agit pas d'une transgression personnelle particulière, mais des fautes en général. Celles-ci sont la raison de la mort et du cortège de souffrances qui affligent notre bas monde. En effet, selon les Écritures, le salaire que procure le péché c'est la mort (Romains 6.23).

Il est intéressant de remarquer que la notion de souillure rituelle attachée à la mort se retrouve chez la plupart des peuples anciens comme les Hindous, les Babyloniens, les Grecs, et les Romains. Mais cette idée était complètement absente chez les Égyptiens, qui au contraire, conservaient soigneusement leurs morts embaumés, et vivaient pour ainsi dire au milieu d'eux. Les Hébreux, qui avaient pourtant été esclaves en Égypte pendant quelque 400 ans, considéraient la souillure causée par un mort comme très grave, ce qui est attesté tout au long des Textes Sacrés.

Par rapport aux rituels sacrificiels habituels, l'immolation de la vache rousse comporte des différences notoires. L'animal, au lieu d'être un mâle, est une vache et elle n'est pas mise à mort sur l'autel de bronze qui sert aux sacrifices, mais à l'extérieur du camp, puis brûlée avec son sang et ses excréments. La vache, plutôt qu'un taureau, représente ici la fécondité ; c'est la richesse de vie opposée à la mort. La couleur rousse est proche de celle du sang. La victime doit donc avoir l'apparence de la vie dans sa force et sa fraîcheur. Elle doit être sans défaut comme tout sacrifice, mais aussi sans tache, c'est-à-dire qu'elle ne devait pas avoir un seul poil d'une autre couleur. Il ne fallait pas non plus qu'elle ait porté le joug, car il symbolise l'association au travail de l'homme ; or c'est la désobéissance de nos premiers parents Adam et Ève qui est responsable du règne de la mort. Comme Aaron doit absolument éviter tout contact avec un cadavre, c'est son fils qui immole la vache.

Versets 4-6

Je continue le texte.

Il prendra du sang de la vache avec son doigt, et il en fera sept fois l'aspersion en direction de l'entrée de la tente de la Rencontre. Puis on brûlera la vache sous ses yeux : peau, chair, sang et excréments. Ensuite, le prêtre prendra du bois de cèdre, de l'hysope et un fil de laine teint en rouge éclatant, et il les jettera au milieu des flammes où se consume la vache (Nombres 19.4-6).

C'est ici le seul cas où le sang est brûlé au lieu d'être répandu à terre. Il doit ainsi transmettre à la cendre sa vertu cérémonielle d'expiation du péché. Le cèdre, l'hysope et la laine écarlate ont eux aussi une vertu rituelle purificatrice. Ces trois éléments sont brûlés et réduits en cendres, qui sont alors mélangées avec celles de la vache. Le tout est alors employé à fabriquer une eau lustrale, littéralement, une eau de souillure, qui va servir au rite de purification.

Versets 7-10

Je continue.

Après cela, Éléazar lavera ses vêtements et se baignera avant de rentrer dans le camp ; néanmoins, il sera rituellement impur jusqu'au soir. Celui qui aura brûlé la vache lavera aussi ses vêtements et se baignera, et il sera impur jusqu'au soir. Un homme rituellement pur recueillera les cendres de la vache et les déposera hors du camp dans un endroit pur où elles seront conservées pour la communauté des Israélites pour la préparation de l'eau de purification. Cela équivaut à un sacrifice pour le péché. Celui qui aura recueilli les cendres de la vache lavera aussi ses vêtements et sera impur jusqu'au soir. Ce sera, pour les Israélites aussi bien que pour l'immigré installé au milieu d'eux, une ordonnance en vigueur à perpétuité (Nombres 19.7-10).

Tous ceux qui ont pris part à ce cérémonial, le sacrificateur Éléazar qui y a présidé, l'homme qui a brûlé la vache et celui qui a recueilli les cendres, ont contracté une impureté, parce qu'ils ont concouru à la préparation du moyen destiné à purifier de la souillure de la mort. Les cendres sont déposées dans un lieu rituellement pur afin qu'elles ne perdent pas leur vertu purifiante.

Versets 11-21

Je continue le texte en résumant.

Celui qui touchera le cadavre d'un homme, quel qu'il soit, sera rituellement impur pendant sept jours. S'il se purifie le troisième et le septième jour avec cette eau, il sera pur, sinon il restera impur. Voici la loi qu'il convient de suivre si quelqu'un meurt dans une tente : tous ceux qui entrent dans la tente comme tous ceux qui se trouvent déjà dans la tente seront impurs pendant sept jours. Tout récipient ouvert sur lequel il n'y a pas de couvercle attaché sera impur. Si quelqu'un touche dans les champs le cadavre d'un homme tué par un autre ou mort naturellement, ou bien butte sur des ossements humains ou sur une tombe, il sera impur pendant sept jours. Pour le purifier, on prendra des cendres de la vache consumée en sacrifice pour le péché, on les mettra dans un récipient et l'on versera dessus de l'eau de source. Un homme en état de pureté prendra une branche d'hysope et la trempera dans l'eau, en aspergera la tente où quelqu'un est mort, ainsi que tous les ustensiles et toutes les personnes qui s'y trouvaient. Il fera de même pour celui qui a touché des ossements, le cadavre d'un homme tué par un autre ou mort naturellement, ou une tombe. L'homme pur aspergera celui qui est souillé le troisième et le septième jour. Le septième jour, il le purifiera entièrement de sa faute. L'homme impur lavera ses vêtements et se baignera ; et le soir, il sera pur. Celui qui aura fait l'aspersion de l'eau de purification lavera ses vêtements, et celui qui touchera cette eau sera impur jusqu'au soir (Nombres 19.11-21).

Ce rite complexe et dont l'application est contraignante enseigne que le contact avec un mort entraîne une impureté rituelle particulièrement grave. Il fallait même accomplir ce rite de purification à deux reprises : le 3e et 7e jour, parce qu'une seule fois ne suffisait pas. Le plus étrange dans tout cela, c’est que même si l'eau de souillure avait la vertu de purifier rituellement le péché, elle rendait impur celui qui s'en servait ou qui entrait à son contact. L'eau destinée à enlever la souillure de la mort, du fait qu'elle sert à cela, participe déjà à cette impureté. Rien n'aurait pu inspirer au peuple un sentiment plus profond de la gravité de ce que représente la mort. En effet, celle-ci n'est jamais considérée dans les Textes Sacrés comme un aboutissement normal et naturel de la vie. C'est au contraire une anomalie, un châtiment qui résulte du péché de l'homme.

Les diverses prescriptions énoncées dans ces deux derniers chapitres sont toutes relatives au service cultuel et à ceux qui l'exécutent, c'est-à-dire les prêtres et les Lévites. Ces ordonnances ont pour but de préserver le camp d'Israël de l'impureté qui compromet la relation entre l'Éternel et Israël. En obéissant, le peuple évitera de commettre des transgressions à l'égard du sanctuaire. De cette façon, les Israélites n'auront pas à subir la colère et le jugement du Dieu saint.

En donnant à son peuple une classe sacerdotale légitime et en lui fournissant une eau de purification, l'Éternel a fait preuve de bienveillance envers lui. Il procure ainsi à Israël les moyens de vivre la relation à laquelle il a été appelé, c'est-à-dire garder une communion sans nuages avec Dieu. Alors que sous le régime de l'Ancienne Alliance, de l'eau boueuse faite avec les cendres de la vache rousse était destinée à laver la souillure rituelle, l'Évangile raconte un événement étrange où Jésus a utilisé de l'eau pure. Cet incident a eu lieu dans la chambre haute, une grande pièce, où le Seigneur a célébré la dernière fête de Pâque avec ses disciples. Ils sont tous à table, quand soudain :

Jésus se leva de table pendant le dîner, posa son vêtement et prit une serviette de lin qu'il se noua autour de la taille. Ensuite, il versa de l'eau dans une bassine et commença à laver les pieds de ses disciples, puis à les essuyer avec la serviette qu'il s'était nouée autour de la taille. Quand vint le tour de Simon Pierre, celui-ci protesta : — Toi, Seigneur, tu veux me laver les pieds ? Jésus lui répondit : — Ce que je fais, tu ne le comprends pas pour l'instant, tu le comprendras plus tard. Mais Pierre lui répliqua : — Non ! Tu ne me laveras pas les pieds ! Sûrement pas ! Jésus lui répondit : — Si je ne te lave pas, il n'y a plus rien de commun entre toi et moi (Jean 13.4-8).

Les disciples de Jésus avaient constamment les pieds poussiéreux. C'est un peu comme quand on vit dans un climat tropical. On peut bien prendre autant de douches qu'on veut, même une tous les quarts d'heure, on n’arrête pas pour autant de transpirer et donc d'avoir besoin de se laver toujours et à nouveau. Ce passage de l'Évangile enseigne que je suis souillé par le simple fait d'exister et de vaquer à mes occupations quotidiennes parce que je suis né avec une nature de péché et que je vis entouré par le mal.

Chapitre 20

Verset 1

Nous arrivons maintenant au chapitre 20 du livre des Nombres, encore un passage triste parce qu'il est question de mort, mais aussi de jugements. Nous apprenons ici pourquoi Moïse, son frère Aaron et sa sœur Miryam n'entreront pas en Terre Promise. Je commence à le lire.

Le premier mois de l'année, toute la communauté des Israélites parvint au désert de Tsîn. Le peuple établit son campement à Qadech. C'est là que mourut Miryam et qu'elle fut enterrée (Nombres 20.1).

En comparant différents textes, nous savons que nous sommes à la 40e année après l'Exode. La plupart, voire tous les Israélites de la première génération, qui étaient sortis d'Égypte et âgés de plus de 20 ans lors de la révolte, sont à présent morts et enterrés. Après toutes ces années d'errance, le peuple se retrouve à nouveau à Qadech, lieu de triste mémoire où leurs pères avaient fait un petit séjour, juste le temps de refuser de conquérir le pays de Canaan.

Le chapitre débute avec la mort de Myriam qui est ensevelie sans tambour ni trompette. Pas d'oraison funèbre, rien ! Mais comme elle avait quand même 130 ans, on pourrait se dire qu'elle a bien profité de la vie. Peut-être, cependant, que ce soit tôt ou tard, nous devons tous mourir, vous et moi parce que le salaire du péché, c'est la mort.


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