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Émission 232 - Les Nombres 16:28 - 18:7

By Chemins de VIE
Créé 20/11/2007 - 05:00

Chapitre 16

Versets 28-30

Une immense tension règne dans le camp d'Israël. Suite à une tentative de coup d'État contre l'autorité de Moïse, l'Éternel va intervenir par un châtiment spectaculaire. Je continue dans le chapitre 16 du livre des Nombres.

Moïse déclara : — Voici comment vous reconnaîtrez que l'Éternel m'a confié la mission d'accomplir tout ce que je fais et que je n'agis pas de mon propre chef : Si ces gens-là meurent de mort naturelle, et s'ils subissent seulement le sort commun à tous les hommes, alors ce n'est pas l'Éternel qui m'a confié ma mission. Mais si l'Éternel accomplit quelque chose d'extraordinaire, si la terre s'ouvre pour les engloutir avec tout ce qui leur appartient et qu'ils descendent vivants dans le séjour des morts, alors vous reconnaîtrez que ces gens ont outragé l'Éternel (Nombres 16.28-30).

Voici venir l'ordalie, l'épreuve qui doit légitimer la mission de Moïse aux yeux du peuple. Au même moment, dans le tabernacle, Dieu va faire de même pour justifier le sacerdoce d'Aaron.

Versets 31-34

Je continue.

À peine eut-il achevé de prononcer ces paroles, que le sol se fendit sous les pieds de Datan et d'Abirâm. La terre s'ouvrit et les engloutit, eux et les leurs, ainsi que tous les partisans de Qoré et tous leurs biens, avec tous les leurs, et la terre se referma sur eux. C'est ainsi qu'ils disparurent du milieu de l'assemblée. À leurs cris, tous les Israélites, qui se tenaient autour, s'enfuirent en criant : — Fuyons, de peur que la terre ne nous engloutisse, nous aussi ! (Nombres 16.31-34).

L'expression «  Ces hommes descendirent vivants dans le séjour des morts  » fait froid dans le dos. Un des passages du Nouveau Testament l'explique de la façon suivante :

Il est terrible de tomber entre les mains du Dieu vivant ! (Hébreux 10.31).

Le tableau est saisissant. C'est pire que l'enfer de Dante. Cette catastrophe épouvantable est restée profondément gravée dans le souvenir du peuple d'Israël. Plusieurs auteurs bibliques y font référence. Quelques siècles plus tard, un des plus grands prophètes d'Israël, prédisant le jugement de la nation à nouveau rebelle, décrit une scène semblable. Je la lis :

C'est pourquoi le séjour des morts fera gonfler sa gorge et, démesurément, élargira sa bouche. Les dignitaires de la ville et sa foule bruyante y descendront ensemble et leur joyeux tumulte s'en ira avec eux (Ésaïe 5.14).

La même scène se passait dans le lieu où était située les partisans de Qoré, lui-même étant autour de l'autel de bronze, à l'extérieur du Tabernacle, mais à l'intérieur du parvis, pour fumer l'encens. Certains membres de sa famille n'ont pas suivi. Au moins deux de ses trois fils ne faisaient pas partie de la révolte. Samuel, le plus grand des juges d'Israël ainsi que les chantres auteurs des psaumes de l'Ancien Testament font partie de ses descendants.

Verset 35

Je continue.

Un feu jaillit d'auprès de l'Éternel et consuma les deux cent cinquante hommes qui présentaient l'encens (Nombres 16.35).

Ces hommes étaient des chefs dans leur clan respectif. Leur statut social leur a monté à la tête et ils ne se sont plus sentis aller. L'orgueil, la jalousie ! On retrouve les vices habituels. Dans nos sociétés occidentales, il y a beaucoup trop de chefs et pas assez d'indiens. Ceux qui acceptent de se salir les mains se font rares, mais ils sont comme une boisson bien fraîche un jour de canicule. Ces chefs politiques qui prétendaient aussi avoir le droit de présenter l'encens devant l'Éternel ont péri par le feu, parce qu'ils ont usurpé une fonction liturgique réservée à ceux que l'Éternel avait mis à part pour le sacerdoce.

N'est pas prêtre qui veut ! Il est intéressant de noter que selon le Nouveau Testament, tous les vrais croyants, ceux qui ont véritablement accepté le Christ comme leur Sauveur, ont les devoirs et les privilèges réservés aux prêtres. Je cite un passage.

Il a fait de nous un peuple de rois, des prêtres au service de Dieu, son Père (Apocalypse 1.6).

Versets 36-39

Je continue le texte.

L'Éternel parla à Moïse et dit : — Parle à Éléazar, fils du prêtre Aaron, et demande-lui d'arracher de l'incendie les encensoirs et d'en répandre au loin les charbons ardents, car ils sont devenus des objets sacrés. Que l'on prenne donc les encensoirs de ces gens qui ont péché et l'ont payé de leur vie et qu'on les martèle pour en faire des lames minces dont on recouvrira l'autel ; car ils ont été présentés devant l'Éternel et ils sont devenus sacrés : ils serviront de signe d'avertissement aux Israélites. Éléazar le prêtre prit les brasiers de bronze qu'avaient présentés les hommes qui avaient été consumés et l'on en fit des lames pour recouvrir l'autel (Nombres 16.36-39).

Le grand-prêtre Aaron ne devant pas se souiller rituellement au contact d'un mort, c'est à son fils que revient la besogne lugubre d'évacuer les cadavres et de répandre hors du camp les charbons incandescents. Les encensoirs sont devenus sacrés parce qu'ils ont été frappés par le feu saint de l'Éternel. On en a fait des lames qui furent suspendues tout autour de l'autel de bronze situé à l'extérieur du tabernacle, à l'entrée du parvis. C'était là que se faisaient les sacrifices d'animaux.

Verset 40

Je continue.

Ces plaques rappellent aux Israélites qu'aucun profane, étranger à la descendance d'Aaron, ne doit s'approcher pour offrir de l'encens devant l'Éternel, sous peine de subir le même sort que Qoré et sa troupe, comme l'Éternel l'avait demandé par l'intermédiaire de Moïse (Nombres 16.40).

Tout homme, même Israélite ou Lévite, qui n'appartient pas à la descendance d'Aaron est considéré comme un étranger au sacerdoce. L'encensement sur l'autel était un privilège exclusif des prêtres.

Versets 41-43

Je continue le texte qui débute avec plus de la même chose.

Le lendemain, toute la communauté des Israélites se mit à se plaindre de Moïse et d'Aaron, en disant : — Vous faites mourir le peuple de l'Éternel ! Mais pendant qu'ils s'attroupaient pour s'en prendre à eux et que Moïse et Aaron se tournaient vers la tente de la Rencontre, voici que soudain la nuée la couvrit et que la gloire de l'Éternel apparut. Moïse et Aaron allèrent se placer devant la tente de la Rencontre (Nombres 16.41-43).

Quelle arrogance ! L'esprit de révolte n'a pas été extirpé du peuple par le jugement du jour précédent. Dès le lendemain, les Israélites se réveillent de très mauvaise humeur. Ils accusent Moïse et Aaron de les faire mourir, alors que c'est grâce à l'intercession de ces derniers que l'Éternel ne les a pas exterminés. Ils y vont quand même un peu fort. Ils ont autant de discernement spirituel qu'une couleuvre.

Moïse et Aaron, surpris par l'attroupement de cette foule en colère, prennent leurs jambes à leur cou en direction du sanctuaire pour y chercher refuge. Alors, la nuée qui était en hauteur au-dessus du tabernacle descend et la recouvre. Une fois encore, la rébellion du peuple déclenche la colère de l'Éternel qui apparaît dans sa gloire.

Versets 44-46

Je continue.

L'Éternel dit à Moïse : — Écartez-vous de cette communauté et je les consumerai en un instant. Alors ils se jetèrent face contre terre, puis Moïse dit à Aaron : — Prends vite ton encensoir et mets-y des charbons ardents pris sur l'autel, répands-y de l'encens et hâte-toi d'aller avec cela vers la communauté, accomplis pour elle un rite d'expiation, car la colère de l'Éternel se déchaîne et, déjà, le fléau sévit (Nombres 16.44-46).

C'est la 4e fois que l'Éternel menace de détruire tout le peuple. Moïse et Aaron sont en train de vivre une semaine chargée. Leur intercession encore cette fois sauve Israël de l'extermination, mais ne saurait le mettre à l'abri du châtiment. Un fléau qui sévit déjà s'est abattu sur le peuple et les Israélites tombent comme des mouches. Il ne nous est pas dit de quoi il s'agit.

Versets 47-50

Je continue jusqu'à la fin du chapitre.

Aaron fit ce que Moïse lui avait dit : il prit l'encensoir et courut au milieu de l'assemblée ; le fléau avait effectivement déjà commencé à frapper le peuple. Aaron répandit l'encens pour accomplir le rite d'expiation pour le peuple. Il se plaça entre les morts et les vivants, et la mort cessa de frapper. Le nombre des victimes qui périrent de ce fléau s'éleva à 14 700, sans parler de ceux qui avaient péri à cause de l'affaire de Qoré. Aaron retourna auprès de Moïse à l'entrée de la tente de la Rencontre. Le fléau s'était arrêté (Nombres 16.47-50).

C'est le grand-prêtre qui doit agir en tant que médiateur entre Dieu et le peuple. Alors que l'Éternel avait dit aux deux frères de s'écarter de la communauté, Aaron, sur l'ordre de Moïse, fait exactement le contraire et va se placer au beau milieu, entre ceux qui sont encore vivants et les morts, afin d'accomplir sa fonction de grand-prêtre. Son action n'est évidemment pas une désobéissance. En tant que personnes, les deux frères auraient pu obéir et se ranger de côté en attendant que la plaie de Dieu consume tout le peuple.

Mais en tant que représentants de l'Éternel et investis d'un pouvoir de médiation que Dieu respecte bien entendu, ils ont joué à fond leur rôle et c'est ainsi que Aaron a pu faire l'expiation pour le péché du peuple. L'efficacité de son intervention constitue une démonstration ainsi qu'une confirmation, s'il en était besoin d'une, de sa vocation divine. L'action d'Aaron préfigure celle du Christ, le Grand-Prêtre par excellence, qui par son œuvre expiatoire sur la croix et son intercession, préserve tous ceux qui placent leur confiance en lui des conséquences de leurs fautes.

Chapitre 17

Versets 1-5

Nous voici rendus au chapitre 17 du livre des Nombres, dans lequel l'Éternel va confirmer une fois encore le sacerdoce d'Aaron. Je commence à lire.

L'Éternel parla à Moïse en ces termes : — Demande aux Israélites de te donner un bâton par tribu, les chefs de tribu te remettront douze bâtons, et tu inscriras le nom de chacun d'eux sur son bâton. Et tu inscriras le nom d'Aaron sur le bâton de la tribu de Lévi ; car il y aura un bâton par chef de tribu. Puis tu déposeras ces bâtons dans la tente de la Rencontre, devant le coffre de l'acte de l'alliance, à l'endroit où je vous rencontre. Le bâton de l'homme que je choisirai bourgeonnera. Ainsi je mettrai fin, pour ne plus les entendre, à ces plaintes que les Israélites ne cessent d'élever contre vous (Nombres 17.1-5).

L'Éternel veut prévenir toute nouvelle tentative de révolte contre Aaron en confirmant solennellement, et cela, aux yeux de tous les chefs de tribus, les privilèges de la maison de Lévi. La sève divine vivifiant l'une de ces branches de bois mort sera le signe du choix de l'Éternel. Ce rituel est mis en place afin que cessent ces murmures et que Dieu n'ait plus à sévir continuellement. L'expression en hébreu «  Je mettrai fin » sous-entend « parce qu'y en a marre ! » Dieu se sent maltraité par ces plaintes incessantes. Alors qu'il avait promis à Abraham qu'il multiplierait ses descendants, il est en train de réduire le peuple d'Israël en le détruisant petit à petit.

Versets 6-8

Je continue.

Moïse transmit ces instructions aux Israélites et tous les chefs lui apportèrent un bâton, un par chef et par tribu, soit douze bâtons en tout. Le bâton d'Aaron était au milieu des autres. Moïse les déposa devant l'Éternel, dans la tente de l'acte de l'alliance. Le lendemain, il entra dans la Tente et constata que le bâton d'Aaron qu'il avait déposé pour la tribu de Lévi avait produit des bourgeons, et qu'il s'y trouvait des fleurs écloses et même des amandes déjà mûres (Nombres 17.6-8).

Le résultat du test est plus que probant puisque le bâton d'Aaron produit non seulement des bourgeons, mais simultanément des fleurs et des fruits. Il s'agit d'une véritable résurrection. La vie végétale a jailli d'un bâton de bois mort. Ce phénomène surnaturel annonce déjà la résurrection de Jésus et sa fonction de Grand-Prêtre que le Nouveau Testament enseigne. Je lis un passage :

Jésus, lui, parce qu'il demeure éternellement, possède le sacerdoce perpétuel. Voilà pourquoi il est en mesure de sauver parfaitement ceux qui s'approchent de Dieu par lui, puisqu'il est toujours vivant pour intercéder en leur faveur auprès de Dieu. Approchons-nous donc du trône du Dieu de grâce avec une pleine assurance. Là, Dieu nous accordera sa bonté et nous donnera sa grâce pour que nous soyons secourus au bon moment (Hébreux 7.24-25 ; 4.16).

Versets 9-13

Je continue le texte.

Moïse reprit tous les bâtons qui se trouvaient devant l'Éternel et les apporta aux Israélites ; ils constatèrent ce qui s'était passé et chacun des hommes reprit son bâton. L'Éternel dit à Moïse : — Remets le bâton d'Aaron devant le coffre de l'acte de l'alliance. On le conservera là comme un avertissement pour les enfants de rébellion qui voudraient se révolter. Ainsi tu mettras fin à leurs plaintes qui cesseront de monter jusqu'à moi, pour qu'ils ne soient pas frappés de mort. Moïse obéit à l'ordre de l'Éternel. Puis les Israélites dirent à Moïse : — Voici : nous sommes perdus, nous allons tous mourir ! Car quiconque s'approche du tabernacle de l'Éternel est frappé de mort. Faudra-t-il donc que nous expirions jusqu'au dernier ? (Nombres 17.9-13).

Le bâton qui avait fleuri fut déposé dans le coffre d'alliance, à côté des tablettes de la Loi et de l'urne contenant de la manne. Soudainement, les Israélites sont saisis de panique. La pensée de ce sanctuaire inaccessible présent au milieu d'eux les épouvante. Ils voient dans cette proximité du Dieu vivant et saint une menace. Ils prennent conscience que la souillure due à leurs fautes et qui leur colle à la peau est incompatible avec la sainteté de Dieu.

C'est plutôt une bonne chose, un peu comme la peur du gendarme qui fait respecter le code de la route. Même si le texte ne le dit pas, Moïse lui-même a été épouvanté par ces événements dramatiques. Voici en effet ce qu'il écrit dans un des psaumes qu'il a rédigés :

Nous sommes consumés par ta colère, ta fureur nous effraie : tu as mis devant toi tous nos péchés, et tu mets en lumière tout ce qui est caché. Tous nos jours disparaissent par ta colère, et nos années s'effacent comme un murmure (Psaumes 90.7-9).

Chapitre 18

Versets 1-6

Nous voici rendus au chapitre 18 qui en décrivant les fonctions des Lévites et des prêtres a pour but de rassurer le peuple, car le Dieu saint lui donne les moyens d'éviter le jugement. Les deux chapitres précédents ont relaté le même enchaînement d'événements : la rébellion et les plaintes d'une partie du peuple, l'annonce du châtiment divin, l'intercession de Moïse et d'Aaron qui évite la destruction de la totalité de la nation, suivie de la peine capitale à l'encontre des coupables et à plusieurs reprises exécutée par l'Éternel lui-même. Tous ces drames ont aussi confirmé la vocation divine de Moïse et d'Aaron à la tête du peuple. Maintenant, Dieu juge opportun de confirmer une nouvelle fois encore le sacerdoce d'Aaron. Je commence à lire le chapitre 18.

L'Éternel dit à Aaron : — Toi, tes descendants et les membres de ta tribu, vous serez responsables du sanctuaire et vous porterez les conséquences des fautes commises contre lui. De plus, toi et tes descendants, vous serez responsables des fautes commises à l'égard du sacerdoce. Associe-toi tes frères de la tribu de ton ancêtre Lévi pour qu'ils soient attachés à ton service et à celui de tes descendants devant la tente de l'acte de l'alliance. Ils seront à ton service et assureront le service de toute la Tente, mais ils ne s'approcheront ni de l'autel ni d'aucun des objets sacrés du sanctuaire de façon à n'exposer ni eux ni vous, à la mort. Ils seront attachés à ton service et assureront le service de la tente de la Rencontre, en y accomplissant tous les travaux nécessaires ; mais aucun profane ne se joindra à vous. Vous aurez la responsabilité du sanctuaire et de l'autel, et ma colère ne se déchaînera plus contre les Israélites. Car moi-même j'ai choisi vos frères, les lévites, du milieu des Israélites pour vous les attribuer car ils ont été donnés à l'Éternel pour accomplir les tâches relatives à la tente de la Rencontre (Nombres 18.1-6).

L'Éternel a confirmé par des miracles les prérogatives contestées de la tribu de Lévi ainsi que le sacerdoce d'Aaron. Maintenant, Il rappelle la responsabilité qui s'attache à ces privilèges. Les Lévites sont les représentants du peuple d'Israël consacrés au service du culte, mais ils sont clairement distingués des prêtres, descendants d'Aaron, et ils sont placés à la disposition de ces derniers. Ils sont responsables de maintenir l'ordre rituel autour du Tabernacle. Ceux, qu'ils soient simples Israélites ou Lévites, qui toucheraient les choses sacrées, seront punis de mort, tout comme les prêtres qui ne seront pas intervenus pour les en empêcher.

Verset 7

Je continue le texte.

Quant à toi et tes descendants, vous assumerez vos fonctions sacerdotales pour tout ce qui concerne l'autel et ce qui se trouve dans le lieu très saint derrière le voile, c'est là votre tâche. Je vous ai fait don de votre sacerdoce. Tout profane qui s'approchera comme vous sera puni de mort (Nombres 18.7).


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