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Émission 213 - Evangile de Luc 19:35 - 21:1

By Chemins de VIE
Créé 24/10/2007 - 05:00

Chapitre 19

Versets 35-40

Je suis dans le chapitre 19 de l'Évangile de Luc. Nous sommes à la dernière semaine de Jésus sur terre. Il arrive à Jérusalem où il va être assassiné ; un peu comme si c'était dans l'arène pour la mise à mort. À partir de maintenant, tous les événements vont être investis d'un poids affectif très lourd, et se succéder rapidement. C'est maintenant que Jésus est sur le point de devenir l'agneau de Dieu qui enlève le péché du monde et plus exactement le mien et le vôtre.

Versets 41-44

Je lis la suite du texte.

Quand Jésus fut arrivé tout près de la ville, il l'embrassa du regard et pleura sur elle : — Ah, dit-il, si seulement tu avais compris, toi aussi, en ce jour, de quoi dépend ta paix ! Mais, hélas, à présent, tout cela est caché à tes yeux. Des jours de malheur vont fondre sur toi. Tes ennemis t'entoureront d'ouvrages de siège, t'encercleront et te presseront de tous côtés. Ils te détruiront complètement, toi et les habitants qui seront dans tes murs, et ils ne laisseront pas chez toi une pierre sur une autre. Pourquoi ? Parce que tu n'as pas su reconnaître le moment où Dieu est venu pour toi (Luc 19.41-44).

Jésus eut compassion de Jérusalem, mais prédit également qu'elle finirait en ruines. Il pleura sur ses habitants, car en refusant le Messie ils prononçaient leur propre jugement. C'est en l'an 70 que la ville fut rasée et toute sa population massacrée.

Versets 45-48

Je finis le chapitre.

Jésus entra dans la cour du Temple et se mit à en chasser les marchands. Il leur dit : — Il est écrit : Ma maison sera une maison de prière mais vous, vous en avez fait un repaire de brigands ! Jésus enseignait tous les jours dans la cour du Temple. Les chefs des prêtres et les spécialistes de la Loi, ainsi que les chefs du peuple, cherchaient à le faire mourir. Mais ils ne savaient comment s'y prendre, car tout le peuple l'écoutait attentivement (Luc 19.45-48).

Jésus a fait le ménage dans le parvis du Temple à deux reprises. Une première fois au début de son ministère et une seconde fois à la fin de celui-ci, durant sa dernière semaine de vie sur terre. En tant que Fils de Dieu, il avait l'autorité, le droit et le devoir d'agir ainsi. Le réseau commercial était installé dans la partie du Temple réservée aux païens, ce qui les empêchait d'adorer le Dieu d'Israël. L'intervention musclée de Jésus était une atteinte à un trafic des plus lucratifs des chefs religieux. Ils faisaient un fric monstre en achetant et revendant les animaux pour les sacrifices. On comprend alors l'hostilité des chefs religieux à l'égard de ce redresseur de torts qu'était Jésus.

Quel contraste avec l'écoute attentive du peuple ! Nous sommes à 5 jours de la crucifixion. Cette entrée du Roi-Messie dans sa ville a causé des réactions très discordantes : la multitude des disciples l'acclame, tandis que les pharisiens cherchent à le faire taire. Finalement, ils feront tout pour le faire mourir. Les paroles prophétiques de Jésus sur Jérusalem sont terribles, mais pleines de tristesse, la ville n'a pas voulu reconnaître la venue de Dieu et la paix qui lui était offerte. Jésus prononce un jugement contre les autorités juives aussi bien politiques que religieuses, auxquelles sont associés tous ceux qui l'ont rejeté, et par là même les institutions de l'Ancienne Alliance, qui elles aussi partiront en fumée. Si le Temple avait été une maison de prière, Jérusalem aurait perçu qu'en Jésus, c'était l'Éternel qui visitait son peuple.

Chapitre 20

Versets 1-2

Nous voici maintenant au chapitre 20 de l'Évangile de Luc. Je commence à lire.

Un de ces jours-là, pendant que Jésus enseignait le peuple dans la cour du Temple et lui annonçait la Bonne Nouvelle, les chefs des prêtres survinrent avec les spécialistes de la Loi et les responsables du peuple et ils l'interpellèrent en ces termes : — Dis-nous de quel droit tu agis ainsi. Ou bien, qui est celui qui t'a donné ce droit ? (Luc 20.1-2).

L'intervention musclée de Jésus dans le Temple et son enseignement puissant délie les langues et on ne parle que de lui. Alors, des représentants de tous les groupes influents sollicitent une entrevue. Il y a pêle-mêle ceux qui dirigent le Temple, les enseignants de la Loi de Moïse ainsi que des chefs politiques, tous dérangés par le brouhaha et leur perte d'influence. Bien sûr, il n'est pas question d'une visite de courtoisie où on prend le thé et une petite pâtisserie entre gens de bonnes manières. Non ! Il s'agit en fait d'une déclaration de guerre. Les chefs religieux interrogent Jésus en public afin de le disqualifier aux yeux du peuple.

Versets 3-8

Je continue.

Moi aussi, j'ai une question à vous poser, répliqua Jésus. À vous de répondre : De qui Jean tenait-il son mandat pour baptiser ? De Dieu ou des hommes ? Ils se mirent à raisonner entre eux : Si nous disons : « De Dieu », il va nous demander : « Pourquoi n'avez-vous pas cru en lui ? » Mais si nous répondons : « Des hommes », tout le peuple va nous tuer à coups de pierres, car ces gens-là sont tous convaincus que Jean était un prophète. Ils répondirent donc qu'ils ne savaient pas d'où Jean tenait son mandat. — Eh bien, répliqua Jésus, moi non plus, je ne vous dirai pas de quel droit j'agis comme je le fais (Luc 20.3-8).

Jean-Baptiste avait humilié les religieux et leur avait ravi une partie de l'allégeance des Juifs. Ne voulant pas se mettre le peuple à dos, ces derniers esquivent la question. Jésus sous-entend qu'il agissait sous la même autorité que celle de Jean, celle du Dieu des cieux.

Versets 9-12

Je continue.

Il s'adressa ensuite au peuple et se mit à raconter cette parabole : — Un homme planta une vigne ; il la loua à des vignerons et partit en voyage pour un temps assez long. Au moment des vendanges, il envoya un serviteur auprès des vignerons afin qu'ils lui remettent une partie du produit de la vigne, mais les vignerons le rouèrent de coups et le renvoyèrent les mains vides. Le propriétaire leur envoya un autre serviteur. Celui-là aussi, ils le renvoyèrent les mains vides, après l'avoir roué de coups et couvert d'insultes. Le maître persévéra et leur en envoya un troisième. Celui-là aussi, ils le chassèrent, après l'avoir grièvement blessé (Luc 20.9-12).

Le symbolisme de cette parabole était clair pour les auditeurs, car les prophètes, représentés par les serviteurs, avaient utilisé la vigne comme symbole d'Israël.

Versets 13-16

Je continue.

Le propriétaire du vignoble se dit alors : Que faire ? Je leur enverrai mon fils bien-aimé ; peut-être auront-ils du respect pour lui. Mais quand les vignerons l'aperçurent, ils raisonnèrent ainsi entre eux : « Voilà l'héritier ! Tuons-le, afin que l'héritage nous revienne ! » Alors ils le traînèrent hors du vignoble et le tuèrent. Comment le propriétaire de la vigne agira-t-il envers eux ? Il viendra lui-même, fera exécuter ces vignerons et confiera le soin de sa vigne à d'autres. Pas question ! s'écrièrent les auditeurs de Jésus en entendant cela (Luc 20.13-16).

Après avoir mandaté des prophètes, Dieu envoie son fils bien-aimé, Jésus-Christ. La patience du propriétaire est presque choquante vu l'indignation que suscite le comportement des vignerons. Cette parabole résume tout l'enseignement de Jésus concernant l'entrée dans le royaume des païens et des parias, tandis que la plupart des Israélites ne pourront y entrer. La foule a compris la menace et manifeste sa désapprobation en s'écriant : Pas question !

Versets 17-19

Je continue.

Mais lui, fixant le regard sur eux, leur dit : — Que signifie donc ce texte de l'Écriture : La pierre rejetée par les constructeurs est devenue la pierre principale, à l'angle de l'édifice. Celui qui tombera contre cette pierre-là se brisera la nuque, et si elle tombe sur quelqu'un, elle l'écrasera ? Les spécialistes de la Loi et les chefs des prêtres cherchèrent à mettre immédiatement la main sur Jésus, mais ils eurent peur des réactions du peuple. En effet, ils avaient bien compris que c'était eux que Jésus visait par cette parabole (Luc 20.17-19).

Luc souligne le sérieux de la situation en mentionnant que Jésus les a fusillés du regard tout en citant un texte de l'Ancien Testament. Jésus disait que lui, l'élément le plus important de la nation allait être rejeté, mais serait ultérieurement élevé au rang suprême. Il serait aussi celui par qui se ferait le jugement. La sévérité de ces paroles ébranla ses auditeurs.

Versets 20-22

Je continue.

Dès lors, ils le surveillèrent de près et envoyèrent auprès de lui des agents qui feraient semblant d'être des hommes pieux. Ils devaient le prendre en défaut dans ses paroles. Ainsi ils pourraient le livrer au pouvoir et à l'autorité du gouverneur romain. Ces gens-là l'abordèrent donc : — Maître, nous savons que tu dis la vérité et que tu enseignes en toute droiture ; tu ne tiens pas compte de la position sociale des gens, mais c'est en toute vérité que tu enseignes comment Dieu nous demande de vivre. Eh bien, dis-nous, si oui ou non, nous avons le droit de payer des impôts à César ? (Luc 20.20-22).

Le texte n'est pas sans ironie, car ces hypocrites font, avec de mauvaises intentions, un portrait exact de Jésus. Mais ne pouvant rien contre lui, ils l'espionnent et plantent des teignes pour le coincer. La question piège qui lui est posée est machiavélique. Jésus est pris entre le marteau et l'enclume ; entre les deux feux de la politique et de la religion. C'est un double lien qui à première vue est imparable.

Versets 23-26

Je continue.

Connaissant leur fourberie, Jésus leur répondit : — Montrez-moi une pièce d'argent ! De qui porte-t-elle l'effigie et l'inscription ? — De César. — Eh bien ! leur dit-il, rendez à César ce qui revient à César, et à Dieu ce qui revient à Dieu. Ils furent incapables de le prendre en défaut dans les propos qu'il tenait devant le peuple et, décontenancés par sa réponse, ils ne trouvèrent rien à répliquer (Luc 20.23-26).

Tout le monde au vestiaire ! C'est Jésus qui a gagné le combat. Le piège des religieux s'est refermé sur eux-mêmes. Une fois de plus Jésus a répondu à une question en en posant une autre. L'effigie de César représente les routes, les aqueducs, la Pax Romana, la loi et l'ordre, dont les Juifs jouissaient et pour lesquels ils devaient payer l'impôt. Tout le reste  —  le mouvement, l'être, l'air, l'eau, la nourriture  —  appartient à Dieu qui mérite ma reconnaissance.

Versets 27-33

Je continue.

Quelques sadducéens, qui nient que les morts ressuscitent, vinrent trouver Jésus. Ils lui posèrent la question suivante : — Maître, dans ses écrits, Moïse nous a laissé ce commandement : Si un homme vient à mourir, en laissant une femme mais pas d'enfant, son frère doit épouser la veuve pour donner une descendance au défunt. Or, il y avait sept frères. L'aîné se maria, et il mourut sans laisser d'enfant. Le second, puis le troisième épousèrent la veuve, et ainsi de suite jusqu'au septième ; et ils moururent tous les sept sans avoir eu d'enfant. En fin de compte, la femme mourut elle aussi. Eh bien, cette femme, à la résurrection, duquel des sept frères sera-t-elle la femme ? Car ils l'ont tous eue pour épouse (Luc 20.27-33).

Basés à Jérusalem, les Sadducéens étaient un groupe de pseudoreligieux fortunés, qui rejetaient tout le surnaturel, dont la résurrection des morts. Quelques-uns inventent une histoire abracadabrante dans l'espoir d'embarrasser Jésus en le coinçant sur le terrain de l'interprétation des Écritures. Ils se fondent sur le texte de l'Ancien Testament qui formule le concept hébreu du lévirat que je cite :

Si deux frères demeurent ensemble et que l'un d'eux vienne à mourir sans laisser d'enfant, sa veuve ne se remariera pas en dehors de la famille ; son beau-frère l'épousera pour accomplir son devoir de beau-frère envers elle. Le premier fils qu'elle mettra au monde perpétuera le nom du frère défunt pour que ce nom ne s'éteigne pas en Israël (Deutéronome 25.5-6).

Donc, le frère du défunt, s'il n'est pas marié, est dans l'obligation légale d'épouser sa belle-sœur veuve si elle n'a pas eu d'enfant.

Versets 34-38

Je continue.

Jésus leur dit : — Dans le monde présent, hommes et femmes se marient. Mais ceux qui seront jugés dignes de ressusciter d'entre les morts pour faire partie du monde à venir, ne se marieront plus. Ils ne pourront pas non plus mourir, parce qu'ils seront comme les anges, et ils seront fils de Dieu, puisqu'ils seront ressuscités. Que les morts ressuscitent, Moïse lui-même l'a indiqué, lorsqu'il est question du buisson ardent : en effet, il appelle le Seigneur le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob. Or, Dieu n'est pas le Dieu des morts, mais le Dieu des vivants ; c'est donc bien que, pour lui, les patriarches sont tous les trois vivants (Luc 20.34-38).

En premier lieu, Jésus répond que dans le monde à venir la procréation sera inutile puisque personne ne mourra plus. En conséquence, le mariage et les rôles de mari et femme seront abolis. On ne peut comparer la vie sur terre avec celle dans le royaume des cieux en la présence de Dieu. Certains systèmes religieux que je ne citerai pas font un parallèle étroit entre ce qui se passe ici-bas et l'existence dans l'au-delà. C'est méconnaître les Écritures et la personne de Dieu. Quant à ceux qui aujourd'hui se disent croyants, mais rejettent Jésus-Christ en tant que Fils de Dieu et les Écritures comme seule autorité divine, ils sont tout sauf chrétiens.

En second lieu, Jésus répond en soulignant que la résurrection, à laquelle ne croyaient pas les Sadducéens, aura bel et bien lieu. Preuve en est que l'Éternel se déclara à Moïse comme le Dieu des vivants et des patriarches alors que ceux-ci étaient déjà morts et enterrés depuis plusieurs centaines d'années.

Versets 39-40

Je continue.

Là-dessus, quelques spécialistes de la Loi prirent la parole : — Tu as bien répondu, Maître. Car ils n'osaient plus lui poser de questions (Luc 20.39-40).

Les Sadducéens et les interprètes de la Loi ne s'entendaient pas du tout à cause de leurs différences de croyance. Ces derniers croyaient en la résurrection et approuvèrent la façon dont Jésus avait remis en place les libéraux.

Versets 41-44

Je continue.

Jésus les interrogea à son tour : — Comment se fait-il que l'on dise que le Messie doit être un descendant de David ? Car David lui-même déclare dans le livre des Psaumes : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Viens siéger à ma droite, jusqu'à ce que j'aie mis tes ennemis comme un escabeau sous tes pieds. David appelle le Messie son Seigneur : comment celui-ci peut-il être son descendant ? (Luc 20.41-44).

Maintenant, c'est Jésus qui prend l'initiative et contre-attaque en posant aux gens qui l'entourent une question relative à la nature, l'identité du Messie. Il est d'une part de la descendance du roi David. Mais d'autre part, dans un psaume de l'Ancien Testament, il est qualifié de Seigneur siégeant à la droite de l'Éternel et digne d'adoration. Il en ressort qu'il ne peut qu'être de nature divine. C'est d'ailleurs ce que toutes les prophéties de l'Ancien Testament qui annoncent la venue du Messie laissent entendre. C'est par les Écritures que Jésus fait taire toute contestation. Maintenant, il va dénoncer la conduite honteuse des scribes.

Versets 45-47

Je continue.

Tandis que la foule l'écoutait, il dit à ses disciples : — Gardez-vous des spécialistes de la Loi qui aiment à parader en costumes de cérémonie, qui affectionnent qu'on les salue sur les places publiques, qui veulent les sièges d'honneur dans les synagogues et les meilleures places dans les banquets. Ils dépouillent les veuves de leurs biens tout en faisant de longues prières pour l'apparence. Leur condamnation n'en sera que plus sévère (Luc 20.45-47).

Jésus met en lumière l'hypocrisie féroce de ces religieux qui enseignaient peut-être la Loi, mais vivaient tout autrement, étant coupables à la fois d'orgueil et de cupidité. Ainsi, ils aimaient parader, attirer l'attention du peuple et avoir la proéminence. C'étaient des «  M'as-tu vu ? » De plus, ils avaient les dents longues. Leurs prières pompeuses n'étaient qu'un travesti, une piété d'apparat, servant de prétexte à dépouiller les veuves qui étaient les personnes les plus vulnérables de la société.

Chapitre 21

Versets 1-4

Nous voici rendus au chapitre 21 de l'Évangile. Je commence à lire.

En regardant autour de lui, Jésus vit des riches qui mettaient leurs dons dans le tronc. Il aperçut aussi une pauvre veuve qui y glissait deux petites pièces. Il dit alors : — En vérité, je vous l'assure, cette pauvre veuve a donné bien plus que tous les autres, car tous ces gens ont seulement donné de leur superflu. Mais elle, elle a pris sur son nécessaire, et a donné tout ce qu'elle avait pour vivre (Luc 21.1-4).

Jésus venait de parler des religieux qui croquaient les biens des plus faibles. Il enchaîne tout naturellement en désignant une pauvre veuve qui mettait dans le tronc à la fois deux fois rien, et énormément parce que cela représentait presque toutes ses ressources. Jésus contraste la richesse des gens opulents à la pauvreté de cette femme. Il oppose leur superflu à son nécessaire. La contribution de cette veuve était à peu près nulle, mais Jésus s'intéresse surtout à ce qu'elle conserva pour elle-même. C'est là que se situe la leçon, car elle a pratiquement donné tout ce qu'elle possédait à Dieu. Ces deux petites pièces de bronze représentaient une somme énorme pour elle. En s'en séparant, elle manifestait la foi que Dieu pourvoirait à ses besoins.


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