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Émission 183 - Levitique 20:10 - 21:12

Diffusé le 12 septembre 2007 - ::

Chapitre 20

Verset 10

Je suis toujours dans le livre du Lévitique dont le contenu est quelques fois lourd à digérer. Quand je me retrouve en transit dans un aéroport et que j'ai quelques minutes, je parcours les titres des magazines à grand tirage par curiosité et pour me faire une idée de ce qui se vend. C'est souvent le sordide, ce qui est bas et choquant, qui semble attirer le chaland ; et en particulier, tout ce qui relève du sexe.

Le chapitre 20 du Lévitique, que j'ai commencé à parcourir, pourrait être intitulé : On ne badine pas avec l'amour. En effet, la suite du texte, que je couvre, reprend tous les cas de sexualité illicite comme l'inceste, l'homosexualité, ou la bestialité des chapitres précédents, et y ajoute la sentence divine qui est toujours la peine de mort.

Verset 17

Je continue donc un peu plus loin.

Si un homme épouse sa demi-sœur, fille de son père ou de sa mère, et qu'ils aient des relations sexuelles l'un avec l'autre, c'est une infamie ; ils seront retranchés sous les yeux des membres de leur peuple ; l'homme portera toute la responsabilité de sa faute pour avoir eu des relations avec sa sœur (Lévitique 20.17).

Ce passage est surprenant parce qu'Abraham, le patriarche fondateur d'Israël était marié avec sa demi-sœur. Il est plutôt frappant de constater que la Loi de Moïse prend cette position sur une union qui caractérisa le mariage même d'où était issu le peuple élu. Cela s'explique par le fait que la famille d'Abraham, avant son appel par l'Éternel, était assimilée aux païens au milieu desquels elle vivait. Ce mariage, conforme aux mœurs de ces peuples, avait précédé la vocation du patriarche. Nous constatons donc ici l'impartialité et l'inflexibilité de la législation de Moïse. Ce n'est pas parce que Abraham, l'ancêtre fondateur s'est rendu coupable d'inceste que cette conduite est acceptable.

Les Textes Sacrés n'essaient jamais d'arrondir les angles concernant quiconque. Les histoires sont racontées telles qu'elles se sont passées, sans exagération, arrangement ou excuse. Le silence des Écritures concernant une certaine conduite ne dit strictement rien sur la position de l'Éternel dans l'affaire. Ce n'est pas parce qu'Il ne dit rien qu'il approuve. À mon avis, la raison du silence de Dieu dans ces situations nous est donnée dans un Psaume que je cite.

L'Éternel est plein de pitié et miséricordieux. Il est plein de patience et débordant d'amour. Il ne tient pas rigueur sans cesse et son ressentiment ne dure pas toujours. Il ne nous traite pas selon le mal que nous avons commis, il ne nous punit pas comme le méritent nos fautes. Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant l'amour de Dieu dépasse tous ceux qui le révèrent (Psaumes 103.8-11).

La suite du texte reprend d'autres cas d'incestes mentionnés dans les chapitres précédents en y ajoutant la sentence qui cette fois-ci n'est pas la peine de mort, mais l'absence d'une descendance. L'Éternel exigeait la pureté dans tous les aspects de la vie de son peuple, en particulier dans ce qui concernait les relations sexuelles qui ne doivent avoir lieu que dans un contexte bien défini. Ça ne doit pas se faire n'importe quand, n'importe comment avec n'importe qui comme le prône continuellement notre culture décadente. Le texte continue en renouvelant les exhortations à suivre la Loi afin de jouir de la bénédiction divine.

Versets 22-24

Je lis.

Vous obéirez à toutes mes ordonnances et à toutes mes lois et vous les appliquerez. Ainsi le pays où je vous mène pour que vous vous y installiez ne vous vomira pas. Vous ne suivrez pas les coutumes des nations que je vais chasser devant vous ; car c'est parce qu'elles ont commis toutes ces actions que je les ai prises en aversion. Aussi, je vous ai dit : C'est vous qui posséderez leur pays ; je vous le donnerai à posséder ; c'est un pays ruisselant de lait et de miel. Je suis l'Éternel, votre Dieu, qui vous ai mis à part des autres peuples (Lévitique 20.22-24).

L'infamie des Cananéens était à son comble et le jugement divin, tel un couperet, allait tomber. Après l'énumération d'une liste sans fin de monstruosités, cet appel de Dieu à la sainteté est émouvant. La conduite de la nation d'Israël doit le distinguer de tous les autres peuples idolâtres et vicieux afin d'hériter ce merveilleux pays qui est décrit comme un autre Éden, un autre paradis terrestre.

Versets 25-26

Je continue.

Faites donc la différence entre les bêtes pures et celles qui sont impures, entre les oiseaux purs et les oiseaux impurs, et ne vous rendez pas vous-mêmes impurs par des bêtes, des oiseaux et tout ce qui se meut à ras de terre, que j'ai mis de côté comme impurs. Vous serez saints pour moi, car moi, l'Éternel, je suis saint et je vous ai mis à part des autres peuples pour que vous m'apparteniez (Lévitique 20.25-26).

Dieu revoit les statuts qui font que son peuple est saint. C'est un retour aux sources, un rappel de la différence entre les aliments purs et impurs, une distinction qui est le point de départ de tout ce qui concerne la pureté personnelle. C'est en l'observant de manière stricte qu'Israël maintiendra la séparation entre lui et les peuples voisins dégénérés.

Verset 27

Je finis le chapitre.

Un homme ou une femme qui évoque les esprits ou qui pratique la divination, doit être mis à mort à coups de pierres ; ils porteront seuls la responsabilité de leur mort (Lévitique 20.27).

Il ne s'agit pas ici comme du cas précédent, de l'Israélite qui va voir le devin, mais du sorcier lui-même qui consulte directement les esprits des morts. Aussi le châtiment est différent. Préalablement, l'Éternel se réservait le droit de punir, mais ici c'est le peuple lui-même qui doit exécuter la peine de mort dès qu'une telle pratique de sorcellerie est connue. Ce jugement sur le devin, comme conclusion de tout ce long passage, s'explique par le fait que tout l'édifice de la Loi aurait été menacé s'il avait été possible à un faux prophète de prétendre qu'il avait reçu des révélations provenant du monde invisible et d'introduire ainsi un nouveau système religieux, un culte, qui forcément serait dédié à un faux dieu, donc idolâtre, ce qui entraînerait immanquablement le jugement du peuple par l'Éternel.

Il faut d'ailleurs noter qu'au fil des siècles c'est exactement et malheureusement ce qui s'est passé. Israël a été persécuté avec brutalité et est parti en exil, pour une diaspora interminable qui n'est toujours pas vraiment terminée, même si la nation existe en Palestine depuis 1948. Je cite une mise en garde prophétique de Moïse lui-même qui fut adressée au peuple choisi et qui prévoyait que tous ces malheurs lui arriveraient. Je lis :

Tous ces peuples se demanderont : — Pourquoi l'Éternel a-t-il ainsi traité ce pays ? Quelle était la cause de cette grande et ardente colère ? Alors on répondra : — Cela est arrivé parce qu'ils ont abandonné l'alliance que l'Éternel, le Dieu de leurs ancêtres, avait conclue avec eux après les avoir fait sortir d'Égypte. Ils se sont mis à rendre un culte à d'autres divinités, ils ont adoré des dieux qu'ils ne connaissaient pas auparavant et qui ne leur avaient pas été donnés en partage. C'est pourquoi la colère de l'Éternel s'est enflammée contre ce pays et il a fait venir sur lui toutes les malédictions inscrites dans ce livre. Dans sa colère, sa fureur et son indignation, il a déraciné ce peuple de son pays et l'a chassé dans un pays étranger où il vit encore aujourd'hui (Deutéronome 29.24-28).

Satan a toujours essayé de détruire le peuple de Dieu. Il continue aujourd'hui même alors que je vous parle à s'attaquer à l'Église de Jésus-Christ. Il cherche inlassablement à usurper le royaume de Dieu pour son profit. Dans ce chapitre que je viens de couvrir, la peine capitale est requise aussi bien pour des crimes de nature religieuse et d'homicide, comme les sacrifices d'enfants, que pour des pratiques de spiritisme, pour avoir maudit ses parents et pour certains dérèglements sexuels comme l'adultère, l'homosexualité, la bestialité et d'autres. La peine capitale était le moyen de retrancher le coupable du peuple de Dieu.

Ces lois enseignent donc la gravité de ces fautes. Elles préfigurent et anticipent aussi sur le jugement qui attend le monde et qui est révélé dans le livre de l'Apocalypse, le dernier du Nouveau Testament. L'Éternel a déjà dans le principe dépossédé les Cananéens et va les faire exterminer à cause de leurs crimes. Les Israélites ont en quelque sorte été le bras exécutant de l'Éternel. Ce sont eux qui ont infligé la peine capitale que Dieu avait prononcée à l'encontre de ces peuplades. Il faut quand même noter en passant que contrairement à l'Ancienne Alliance, la nouvelle offre la possibilité d'un pardon même pour les crimes les plus odieux. En effet, toute faute, quelle qu'elle soit, peut être pardonnée, si je viens à Jésus-Christ.

Chapitre 21

Versets 1-3

Nous voici rendus au chapitre 21 du Lévitique, qui avec le suivant va donner une série de règles relatives à la sainteté des prêtres, soit dans leur vie ordinaire comme le mariage, le contact avec les morts, soit dans l'exercice officiel de leurs fonctions sacerdotales, comme la consommation des choses qualifiées de saintes. Je commence à lire.

L'Éternel dit à Moïse : — Parle aux prêtres, fils d'Aaron, et dis-leur : Un prêtre ne doit pas se rendre rituellement impur en touchant le corps d'une personne de son peuple qui vient de mourir, excepté s'il s'agit d'un proche parent : sa mère, son père, son fils, sa fille, son frère ou sa sœur si elle n'est pas mariée — pour une jeune fille de sa proche parenté qui n'est pas mariée, il peut se rendre impur (Lévitique 21.1-3).

Les conditions de pureté rituelle pour les ministres du culte sont plus strictes que pour le simple Israélite parce qu'ils entretiennent une relation plus étroite avec l'Éternel. Plus on se rapproche de Lui et plus on doit être pur. Ceci signifie aussi qu'il y avait plusieurs degrés de sainteté au sein du peuple de Dieu. Les membres du clergé se situaient à un degré supérieur aux autres Hébreux. C'était à la fois un privilège et une responsabilité supplémentaire à assumer.

Le contact avec un mort rendait rituellement impur, comme d'ailleurs entrer dans la maison du défunt. Ce concept se retrouve d'ailleurs pour les prêtres païens égyptiens, grecs et romains. C'est comme si intuitivement tout homme sait en lui-même que la mort est anormale, ne devrait pas être et que c'est un jugement infligé contre l'humanité par la divinité mécontente. Les Textes Sacrés affirment catégoriquement que la mort avec tout son cortège de souffrances, comme d'ailleurs toutes les catastrophes naturelles quelles qu'elles soient, sont la conséquence directe de la désobéissance d'Adam et Ève, nos premiers parents.

Le mal sous toutes ses formes ne fait pas partie de l'ordre normal des choses comme voudraient nous le faire croire tous ceux qui n'ont pas foi en Dieu. Un prêtre pouvait cependant entrer en contact avec une personne décédée lorsque celle-ci était un proche parent, c'est-à-dire quelqu'un du même sang. Il peut se rendre impur pour sa chair à lui, dit exactement le texte. Il est curieux que son épouse, pourtant de la parenté proche, quoique par alliance, ne soit pas mentionnée. La tradition des rabbins l'inclut avec la famille consanguine, ce qui est tout à fait logique puisque tout au début du livre de la Genèse, lorsque l'Éternel amena Ève auprès d'Adam, celui-ci s'exclama :

Voici bien cette fois celle qui est os de mes os, chair de ma chair. C'est pourquoi un homme se séparera de son père et de sa mère et s'attachera à sa femme, et les deux ne feront plus qu'une seule chair (Genèse 2.23-24).

Une sœur mariée n'était plus considérée comme faisant partie de sa famille originelle, mais intégrait juridiquement et totalement celle de son mari. Dans ce cas, donc, le prêtre ne pouvait pas avoir de contact avec sa sœur décédée. Ces six exceptions — père, mère, fils, fille, frère et sœur célibataire — sont répétées dans un livre prophétique, qui ajoute :

Dans ce cas, le prêtre attendra sept jours après s'être purifié. Et le jour où il entrera de nouveau dans le sanctuaire, il offrira un sacrifice pour le péché, le Seigneur, l'Éternel, le déclare (Ézéchiel 44.26-27).

Le prophète précise même le rite de purification dans le cas d'un décès dans la famille proche du prêtre, ce que ne fait pas notre texte. Entrer en contact avec un mort c'est devenir rituellement souillé par la cause spirituelle du décès, c'est-à-dire la nature rebelle qui habite tout être humain. C'est pourquoi le prêtre devait offrir un sacrifice d'expiation, pour se débarrasser de cette idée même du péché.

Versets 4-6

Je continue.

Chef parmi son peuple, il ne se rendra pas impur, pour profaner ce peuple. Les prêtres ne se tonsureront pas, ils ne se raseront pas les coins de la barbe, ni se feront d'incisions sur leur corps. Ils seront saints pour leur Dieu et ne déshonoreront pas leur Dieu, car ce sont eux qui offrent à l'Éternel les aliments de leur Dieu consumés par le feu. C'est pourquoi ils seront saints (Lévitique 22.4-6).

Il s'agit des mêmes interdictions que celles données précédemment pour le commun des mortels. Aucun rite de deuil en usage très répandu au Proche-Orient ne leur est permis. Les anciens étaient tentés de se défigurer lors de la perte d'un être cher pour exprimer leur douleur.

Versets 7-9

Je continue.

Ils n'épouseront pas une femme prostituée ou déshonorée ou divorcée, car le prêtre est saint pour son Dieu. Vous le considérerez comme saint, car c'est lui qui offre l'aliment de ton Dieu, et il sera pour toi quelqu'un de saint, car je suis saint, moi, l'Éternel, qui vous rends saints. Si une fille de prêtre se déshonore en s'adonnant à la prostitution, elle profane son père, elle périra par le feu (Lévitique 21.7-9).

Les prêtres sacrificateurs ne doivent épouser ni une prostituée, ni une femme qui aurait été violée ou répudiée, mais seulement une vierge ou une veuve à la conduite irréprochable. Il semblerait donc qu'il leur était permis d'épouser des étrangères, à condition bien sûr qu'elles ne soient pas idolâtres. Un des prophètes, qui exerça son ministère après le retour de l'exil de Babylone, renchérit un peu sur la législation de Moïse en n'autorisant l'union qu'avec une veuve d'un autre prêtre. Quoi qu'il en soit, la sainteté de tout le peuple dépend celle de ses prêtres qui le représentent devant l'Éternel.

Versets 10-11

Je continue.

Le prêtre qui a la prééminence sur les autres prêtres, sur la tête duquel a été répandue l'huile d'onction et qui a reçu sa charge pour porter les vêtements sacrés, ne décoiffera pas sa tête et ne déchirera pas ses vêtements. Il ne s'approchera d'aucun corps mort ; il ne se rendra même pas impur, pour son père ou sa mère (Lévitique 21.10-11).

Les conditions de pureté sont encore plus draconiennes pour le grand-prêtre que pour les autres. C'est lui qui possède le plus haut degré de sainteté en Israël.

Versets 12-15

Je continue.

Il ne quittera pas le sanctuaire pour ne pas profaner le sanctuaire de son Dieu, car il a été consacré par l'huile d'onction de son Dieu. Je suis l'Éternel. Il prendra pour femme une jeune fille. Il n'épousera ni une veuve ni une femme divorcée, déshonorée ou prostituée, mais une jeune fille de son peuple. Il ne profanera pas sa descendance au milieu de son peuple, car moi, l'Éternel, je le rends saint (Lévitique 212.12-15).

Le grand-prêtre ne devait pas quitter sa fonction sacerdotale pour se joindre au convoi funèbre qui allait mettre en terre un de ses parents. Il possédait bien une maison à Jérusalem, mais il avait aussi une chambre dans les dépendances du temple, et il était de sa dignité d'y rester la plus grande partie de la journée. Rien ne devait jamais l'empêcher d'accomplir son devoir. Homme du sanctuaire, personne ne doit l'en séparer. Apparemment, selon le texte, il était dans l'obligation de se marier et seulement avec une vierge israélite. Ce ne devait pas être trop difficile d'en trouver une. À cause du grand honneur de devenir l'épouse du grand-prêtre, je suppose qu'elles devaient se bousculer au portillon.