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Diffusé le 11 septembre 2007 - ::
Le chapitre 19 du Lévitique exhorte le peuple de Dieu à vivre d'une manière sainte parce que l'Éternel lui-même est saint. C'est ainsi que ce passage donne un grand nombre de préceptes de vie fort pratiques comme celui-ci que je lis maintenant.
Tu ne haïras pas ton frère dans ton cœur, mais tu ne manqueras pas de reprendre ton prochain pour ne pas te charger d'un péché à son égard. Tu ne te vengeras pas et tu ne garderas pas de rancune envers les membres de ton peuple, mais tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis l'Éternel (Lévitique 19.17-18).
De nouveau, cinq propositions développant le sixième commandement :
Tu ne commettras pas de meurtre (Exode 20.13).
On peut ne pas croire tout ce qu'on entend, mais le répéter quand même. Avec mes lèvres, je peux détruire la réputation de quelqu'un. La Loi va plus loin que les actes ; c'est dans le cœur que tout commence comme l'a si bien dit Jésus-Christ que je cite :
L'homme bon tire de bonnes choses du bon trésor de son cœur, et le méchant tire de mauvaises choses de son mauvais trésor ; car c'est de l'abondance du cœur que la bouche parle. Vous avez appris qu'il a été dit à nos ancêtres : « Tu ne commettras pas de meurtre. Si quelqu'un a commis un meurtre, il en répondra devant le tribunal. Eh bien, moi, je vous dis : Celui qui se met en colère contre son frère sera traduit en justice. Celui qui lui dit » imbécile « passera devant le tribunal, et celui qui le traite de fou est bon pour le feu de l'enfer. Vous avez appris qu'il a été dit : « Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. » Eh bien, moi je vous dis : Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent (Luc 6.45 ; Matthieu 5.21-22, 43-44).
Il faut reprendre son prochain pour ne pas cultiver l'amertume et la rancœur à son égard, qui pourraient par la suite conduire à se rendre coupable d'une mauvaise action contre lui par vengeance. En appelant ses disciples à aimer leurs ennemis, Jésus s'inspire de la Loi. Plus loin dans le texte, le principe d'aimer son prochain comme soi-même est étendu même aux étrangers, parce que dès sa divulgation, la Loi avait déjà une portée universelle et ne visait pas seulement Israël. Le précepte d'amour pour le prochain est le couronnement du développement des 10 Commandements de ce chapitre. Le texte continue avec une série d'interdictions qui sont plutôt des règles en rapport avec l'ordre naturel des choses.
Je continue.
Vous obéirez à mes commandements. Tu n'accoupleras pas des animaux de ton bétail d'espèces différentes. Tu n'ensemenceras pas ton champ de deux espèces de graines. Tu ne porteras pas un vêtement tissé de deux fibres différentes (Lévitique 19.19).
Trois exemples sont donnés pour illustrer qu'il ne faut pas mélanger ce que Dieu a séparé. L'Éternel n'apprécie pas les hybrides. Une telle désorganisation est inconvenante chez un peuple qui adore comme son Dieu le Créateur de toutes choses, ce serait le dénaturer. Ces ordonnances font écho à l'œuvre de création divine qui a opéré par une série d'actes de séparation. En filigrane et au niveau éthique, on peut voir dans ces préceptes que tout n'est pas permis et que contrairement à notre culture occidentale, tout n'est pas bon.
Je continue.
Si un homme couche avec une esclave d'origine étrangère fiancée à un autre homme sans qu'elle ait été ni achetée ni affranchie, il versera une indemnité, mais les deux ne seront pas punis de mort, car elle n'avait pas encore été affranchie. Cet homme apportera à l'Éternel, à l'entrée de la tente de la Rencontre, comme sacrifice de réparation pour sa faute, un bélier avec lequel le prêtre accomplira le rite d'expiation pour lui devant l'Éternel, pour le péché qu'il a commis, et il lui sera pardonné (Lévitique 19.20-22).
Cette histoire paraît bizarre, mais il y avait un monde d'écart entre une épouse mariée légalement et une autre. Ces préceptes enseignent tout d'abord qu'une femme, même en état d'esclavage, ne peut être dégradée à l'état de chose. Celui, qui abuse d'elle, doit être puni avec elle, non de mort, comme les adultères parce que c'en est pas un. Elle a bien été promise, mais non payée, ce qui fait toute la différence, car elle n'est pas considérée comme une épouse. Néanmoins, il y a un châtiment qui est sans doute celui du fouet. Puis, comme il y a eu atteinte à la propriété du prochain puisqu'elle était à son service d'une manière ou d'une autre, un sacrifice de réparation doit être offert par le coupable, c'est-à-dire par l'homme, car c'est lui qui l'a séduite.
Je continue.
Quand vous serez entrés dans le pays promis et que vous planterez toutes sortes d'arbres fruitiers, vous considérerez pendant trois ans leurs fruits comme impurs, vous n'en mangerez donc pas. La quatrième année, tous leurs fruits seront consacrés à l'Éternel en témoignage de reconnaissance. La cinquième année, vous en mangerez les fruits. Ainsi vous aurez des récoltes abondantes. Je suis l'Éternel, votre Dieu (Lévitique 19.23-25).
Les fruits des premières années sont en général de moindre qualité et ne peuvent par conséquent être offerts à Dieu. Ceux de la quatrième seulement sont dignes de lui être consacrés, et de revenir par là aux prêtres sacrificateurs. Le vocabulaire hébreu semble indiquer que les bourgeons qui devaient donner naissance aux fruits devaient être circoncis, c'est-à-dire coupés pendant 3 ans. Selon certains spécialistes en la matière, les jeunes arbres fruitiers produisent de meilleurs fruits lorsque les bourgeons sont supprimés les premières années. Cela laisse à l'arbre l'énergie nécessaire pour bien s'établir et se développer. La suite du texte interdit d'imiter certaines coutumes superstitieuses des peuples païens.
Je continue.
Vous ne mangerez aucune viande près du sang. Vous ne pratiquerez pas la divination ; vous ne rechercherez pas les augures (Lévitique 19.26).
Manger près du sang est une allusion à une pratique magique, une coutume de certains païens qui, pour fraterniser avec les esprits auxquels la victime a été consacrée, mangeaient sa chair en se groupant autour d'un vase renfermant son sang. Aucune sorte de divination, de magie, d'occultisme, et de spiritisme n'est permise. Israël ne doit pas chercher à deviner l'avenir par l'évocation des morts ou par quelque autre moyen.
Je continue.
Vous ne vous taillerez pas en rond le bord de votre chevelure, vous ne vous raserez pas les coins de la barbe. Vous ne vous ferez pas d'incisions sur le corps à cause d'un mort et vous ne ferez pas dessiner des tatouages sur le corps. Je suis l'Éternel (Lévitique 19.27-28).
Des peuples anciens, certaines tribus arabes en particulier, pratiquaient des coupes de cheveux et de barbe en l'honneur d'une divinité. Les incisions sur le corps étaient très répandues au Proche-Orient pour inciter les divinités à accéder à une demande. Cela l'est encore en Iran et dans certaines tribus arabes. Toute pratique qui peut être associée à l'idolâtrie est proscrite, condamnée et punie. L'expression traduite par tatouage est en hébreu « écriture par piqûre ». Ce n'est plus ici un signe de deuil, mais une coutume. Or un membre du peuple de Dieu doit respecter son corps et ne pas le défigurer de la sorte. La circoncision mise à part, toute sorte de mutilation du corps était interdite. De plus, le risque infectieux était omniprésent, en particulier le tétanos.
Je continue.
Ne déshonorez pas vos filles en faisant d'elles des prostituées ; le pays entier s'adonnerait à la prostitution et se remplirait d'immoralité (Lévitique 19.29).
Dans certaines religions païennes, les jeunes filles devaient servir la déesse de la fécondité dans son temple comme prostituées sacrées avant de se marier. Il va sans dire que cela est évidemment interdit aux Israélites. Suit maintenant une nouvelle série de prescriptions concernant la conduite qui convient aux membres du peuple de Dieu.
Je continue.
Vous observerez les jours de repos que je vous ai prescrits et vous respecterez mon sanctuaire. Je suis l'Éternel. Ne vous adressez ni à des médiums, ni à des devins ; ne les consultez pas, vous vous rendriez impurs. Je suis l'Éternel, votre Dieu (Lévitique 19.30-31).
L'observation du sabbat et la fréquentation du sanctuaire sont les moyens les plus efficaces de prévenir l'invasion des coutumes païennes dont il vient d'être parlé, et de maintenir en Israël une vie digne de sa relation particulière avec l'Éternel. En l'occurrence, Israël ne recourra pas à l'évocation des morts et à la consultation des devins pour diriger sa conduite.
Je continue.
Tu te lèveras devant ceux qui ont des cheveux blancs, tu honoreras la personne du vieillard, c'est ainsi que tu révéreras ton Dieu. Je suis l'Éternel. Si un étranger vient s'installer dans votre pays, ne l'exploitez pas. Traitez-le comme s'il était l'un des vôtres. Tu l'aimeras comme toi-même : car vous avez été vous-mêmes étrangers en Égypte. Je suis l'Éternel, votre Dieu (Lévitique 19.32).
Il s'agit toujours du respect d'autrui que ce soit un vieillard ou un immigré. Ne pas opprimer l'étranger, c'était bien, mais insuffisant. Il fallait aussi l'aimer. En cela, Israël se distinguait nettement des usages régnant chez les peuples anciens. On sait que le dédain et la haine des étrangers étaient l'un des fléaux du monde antique. C'est une des gloires de la Loi de Moïse que d'avoir ainsi brisé les cadres étroits de son groupe ethnique.
Je finis ce chapitre.
Vous ne commettrez pas de malhonnêteté en fraudant sur les mesures de longueur, de poids ou de capacité. Vous vous servirez de balances justes, de poids justes, de mesures de capacité justes. Je suis l'Éternel, votre Dieu, qui vous ai fait sortir d'Égypte. Vous obéirez donc à toutes mes ordonnances et à toutes mes lois et vous les appliquerez. Je suis l'Éternel (Lévitique 19.35-37).
On employait et on utilise encore aujourd'hui en Orient des cailloux en guise de poids. Les affaires devaient être traitées avec honnêteté. Notre monde, dit civilisé, ferait bien de s'en inspirer. Dans ce chapitre, chacun des 10 Commandements a été repris et développé. Le refrain qui revient sans cesse « Je suis l'Éternel ! » rappelle une nouvelle fois qu'il ne s'agit pas d'observance servile à une loi abstraite comme au code de la route, mais de fidélité de cœur à l'Éternel.
Nous voici arrivés au chapitre 20 du Lévitique où Dieu donne le code pénal à son peuple. Il s'agit ici des peines infligées à ceux qui violeront les lois précédemment édictées et contre quelques autres crimes. Dans la Loi de Moïse, la peine de mort était la sentence contre quiconque violait un des 10 Commandements. Selon l'enseignement des Textes Sacrés, les punitions et châtiments ne sont pas infligés afin de réformer le coupable, mais sont vus comme une mise en garde, un moyen de dissuasion. Vous me direz que la preuve a été faite en long en large et en travers que cela ne fonctionne pas. Je répondrais avec une parole tirée du livre de l'Ancien Testament, que j'ai déjà citée par ailleurs. Je lis :
Parce qu'une mauvaise action n'est pas vite sanctionnée, les hommes sont portés à faire beaucoup de mal (Ecclésiaste 8.11).
Chacun sait que les procès des criminels durent des années et que souvent justice n'est point rendue. Alors il va sans dire que ce système à la noix ne peut être dissuasif. Il n'empêche que la punition, même de petits larcins, est pour le bien moral d'un peuple. Le laxisme conduit à la désintégration de la société et à l'émergence de l'extrémisme.
Je commence à lire le chapitre 20.
L'Éternel s'adressa à Moïse en ces termes : — Dis aux Israélites : Si un membre du peuple d'Israël ou l'un des étrangers résidant en Israël offre l'un de ses enfants en sacrifice à Molok, il sera puni de mort ; les habitants du pays le lapideront. Et moi, je me retournerai contre cet homme et je le retrancherai du milieu de son peuple, pour avoir livré un de ses enfants à Molok, pour souiller mon sanctuaire et profaner ma sainteté. Si les gens du pays se bouchent résolument les yeux pour ne pas voir que cet homme livre l'un de ses enfants à Molok, et s'ils ne le mettent pas à mort, ce sera moi qui tournerai ma face contre cet homme et contre sa famille, et je le retrancherai de son peuple, avec tous ceux qui se sont laissé entraîner à sa suite pour se prostituer à Molok (Lévitique 20.1-5).
Le début du chapitre se rapporte plutôt à des aberrations d'ordre religieux, tandis que la suite concerne les actes incestueux. C'est aux magistrats de prononcer la sentence et au peuple qu'incombe l'exécution des lois pénales qui vont suivre, même lorsqu'elles doivent être appliquées à des étrangers. L'adoration de Molok était sauvage, satanique, cruelle et brutale. Ce crime de brûler un enfant en son honneur est double : c'est à la fois un homicide et une idolâtrie. Il faut être sans pitié, dans ces cas-là, qu'il s'agisse d'Israélites ou d'étrangers.
L'Éternel, de son côté, punira aussi le coupable en lui refusant toute participation aux privilèges du peuple de Dieu et au salut, ce qui veut dire la damnation éternelle. Et si les Israélites méconnaissent leur devoir, Dieu, lui, interviendra plus sévèrement encore en étendant sa main sur la postérité du coupable, et en y associant toute sa famille. De plus, ceux qui ont fait la sourde oreille à ce crime seront eux aussi châtiés. Dieu ne badine pas avec cette horreur.
Je continue.
J'en ferai de même de ceux qui consultent les médiums et les devins pour se prostituer à eux : je me retournerai contre eux et je les retrancherai de leur peuple (Lévitique 20.6).
L'Éternel rappelle encore une fois l'interdiction absolue du spiritisme qui était monnaie courante chez tous les peuples qui habitaient le pays de Canaan sans exception. En fait, c'était et c'est toujours, une pratique universelle. Se prostituer, c'est se vendre soi-même, c'est consulter les morts, ou plus exactement les démons, ou recourir à d'autres dieux, à des idoles ; c'est manquer à la fidélité exclusive due à l'Éternel qui est entré en alliance avec son peuple.
La prostitution est souvent utilisée comme illustration pour désigner les actes d'idolâtrie par lesquels la nation d'Israël méconnaît les droits de l'Éternel, son époux légitime. De plus, dans cette situation spécifique, Dieu se charge lui-même d'intervenir, parce que c'est d'habitude c'est dans la pénombre et le plus grand secret qu'on invoque les mauvais esprits et consulte les devins.
Je continue.
Vous vous rendrez saints et vous le resterez ; car je suis l'Éternel, votre Dieu. Vous observerez mes ordonnances et vous y obéirez. Je suis l'Éternel qui vous rends saints (Lévitique 20.7-8).
Cette expression « Vous vous rendrez saints et vous le resterez » fait ressortir l'énergie et la continuité de l'action qu'Israël doit exercer sur lui-même pour éloigner de son sein toute souillure. Cette notion de l'action humaine est complétée par celle de Dieu qui ajoute : Je suis l'Éternel qui vous rends saints.
Je continue le texte.
Tout homme qui maudit son père ou sa mère sera mis à mort : puisqu'il a maudit son père ou sa mère, il porte lui-même la responsabilité de sa mort (Lévitique 20.9).
La malédiction des parents visée ici est l'expression d'une attitude de rébellion ouverte, qui traduit le refus de toute autorité, et le rejet de l'ordre social, lesquels constituent une rébellion à main levée, selon l'expression, contre l'Éternel. Il ne s'agit donc pas de simples paroles en l'air, mais d'un comportement profondément antisocial pour ne pas dire psychopathe. La sévérité de la sanction est à la hauteur du crime.
Je continue.
Quand un homme commet adultère avec une femme mariée, cet homme adultère et la femme adultère seront mis à mort (Lévitique 20.10).
La répétition du mot adultère, fait ressortir la grandeur de la faute. Dans l'Évangile, un tel incident est relaté. Je cite le passage.
Tout à coup, les spécialistes de la Loi et les pharisiens traînèrent devant lui une femme qui avait été prise en flagrant délit d'adultère. Ils la firent avancer dans la foule et la placèrent, bien en vue, devant Jésus. — Maître, lui dirent-ils, cette femme a commis un adultère ; elle a été prise sur le fait. Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider les femmes de ce genre. Toi, quel est ton jugement sur ce cas ? (Jean 8.3-5).
Dans cette situation, seule la femme fait l'objet d'une poursuite, l'attitude des religieux est donc frauduleuse et contraire à la Loi qui disait que les deux complices étaient considérés comme coupables et devaient être lapidés. Soit dit en passant, que c'est dans ce passage que Jésus a fait une célèbre remarque que je cite pour mémoire :
Alors Jésus se releva et leur dit : — Que celui d'entre vous qui n'a jamais péché lui jette la première pierre ! Puis il se baissa de nouveau et se remit à écrire sur le sol. Après avoir entendu ces paroles, ils s'esquivèrent l'un après l'autre, à commencer par les plus âgés, laissant finalement Jésus seul avec la femme, qui était restée au milieu de la cour du Temple (Jean 8.7-9).
Ce passage qui relate le comportement oh combien admirable, sage et compatissant de Jésus-Christ est d'une beauté sublime. Et c'est ainsi que je finirais pour aujourd'hui.