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Diffusé le 9 août 2007 - ::
Je suis dans le chapitre 15 de Marc. Jésus est sur la croix. Je lis le texte :
Mais Jésus poussa un grand cri et expira (Marc 15.37).
Ce grand cri avant que le Christ n'expire, indique qu'Il ne subit pas la mort habituelle des crucifiés. Ceux-ci, soit tombaient dans le coma après un épuisement extrême, soit ils agonisaient et finissaient par mourir en une sorte de râle essayant désespérément de respirer. Jésus ne mourut pas parce que les organes de son corps défaillirent. Il resta pleinement conscient jusqu'à la fin et décida l'instant de sa mort qui survint volontairement et soudainement.
Je continue.
Alors, le rideau du Temple se déchira en deux, de haut en bas (Marc 15.38).
C'est le voile qui séparait le lieu Saint du lieu Très Saint qui se fendit de lui-même. Le verbe à la forme passive et la direction de la déchirure indiquent qu'il s'agissait là d'une action de Dieu. Cela fut sans aucun doute observé et rapporté par les prêtres qui, à ce moment-là, étaient en train d'offrir le sacrifice du soir. Plus d'un a dû être fortement impressionné parce qu'après la résurrection et l'ascension de Jésus, un passage du Nouveau Testament précise que beaucoup d'entre eux crurent en Jésus en tant que Messie. Je lis le verset :
La Parole de Dieu se répandait toujours plus. Le nombre des disciples s'accroissait beaucoup à Jérusalem. Et même de nombreux prêtres obéissaient à la foi (Actes 6.7).
Ce rideau dans le temple symbolisait le corps humain de Jésus. Lorsque celui-ci mourut, la dette encourue par les fautes de l'humanité était payée et donc la barrière entre l'homme et Dieu était ôtée. En fait, selon un texte du Nouveau Testament, Jésus est entré avec son sang dans un sanctuaire céleste ; mais pour le moment, nous en resterons à ce qui s'est passé sur terre. Quoi qu'il en soit, c'est la mort du Christ, qui me réconcilie avec mon Créateur, et non sa vie parfaite, son amour ou quoi que ce soit d'autre.
Je continue le texte de Marc.
Voyant de quelle manière il était mort, l'officier romain, qui se tenait en face de Jésus, dit : — Cet homme était vraiment Fils de Dieu ! (Marc 15.39).
L'officier romain avait l'habitude de voir mourir les crucifiés, mais là il a assisté à quelque chose de tout à fait inhabituel et il en a été secoué. L'assurance avec laquelle Christ s'était ouvertement adressé à Dieu comme son Père et avait remis son âme entre ses mains, comme nous le précise un autre Évangile, semble avoir grandement affecté l'officier. Cette confession de sa part contraste avec les moqueries des Juifs qui auraient dû reconnaître en Jésus leur Messie. La confession de Jésus en tant que Fils de Dieu, donnée par ce militaire, fait écho à la première phrase de l'Évangile de Marc que je rappelle :
C'est ainsi qu'a commencé la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, le Fils de Dieu (Marc 1.1).
Je continue.
Il y avait aussi là quelques femmes qui regardaient de loin. Parmi elles, Marie de Magdala, Marie la mère de Jacques le Jeune et de Joses, ainsi que Salomé. Quand il était en Galilée, c'étaient elles qui l'avaient suivi en étant à son service. Il y avait aussi beaucoup d'autres femmes qui étaient montées avec lui à Jérusalem (Marc 15.40-41).
En plus de la foule railleuse et des soldats romains, il y avait aussi des femmes dévouées qui observaient de loin tout ce qui se passait. Au tout début, nous dit un texte parallèle, elles étaient même au pied de la croix. Jésus avait délivré Marie de Magdala d'une possession démoniaque. Quant à Salomé, c'est la mère des deux apôtres : Jacques et Jean. Quand Jésus était en Galilée, ces trois femmes avaient l'habitude de suivre Jésus de lieu en lieu et de pourvoir à ses besoins matériels.
Marc mentionne toutes ces femmes comme témoins oculaires de la crucifixion parce qu'elles seront également présentes lors de l'ensevelissement et de la résurrection du Christ. Elles furent fidèles jusqu'au bout alors que les disciples se sont dispersés et cachés sous leur lit en attendant que l'orage passe.
Je continue.
Le soir venu — c'était le jour de la préparation, c'est-à-dire le vendredi, la veille du sabbat — Joseph d'Arimathée arriva. C'était un membre éminent du Grand-Conseil qui, lui aussi, vivait dans l'attente du royaume de Dieu. Il eut le courage de se rendre chez Pilate pour lui demander le corps de Jésus (Marc 15.42-43).
Ces détails donnés par Marc confirment que Jésus fut crucifié le vendredi 15 du mois de Nisan, un jour d'avril donc. On apprend aussi que ce Joseph était membre du Grand Conseil juif et certainement un pharisien très pieux. Selon un texte parallèle, il n'avait pas approuvé la décision du tribunal de condamner le Christ. Son action laisse aussi entendre qu'il était un disciple en secret. Sa démarche est courageuse parce qu'il demande une faveur qu'il a peu de chances d'obtenir parce que Jésus fut exécuté pour trahison.
Par contre, si elle était accordée, Joseph allait se rendre rituellement impur en manipulant un cadavre. De plus, sa requête équivalait à une confession publique de loyauté personnelle à l'égard de Jésus. En faisant tout cela, il sortait de l'ombre, devenait officiellement disciple du Christ et courait le risque de perdre sa notoriété et sa place au Grand Conseil de la nation d'Israël.
Je continue.
Pilate fut surpris d'apprendre que Jésus était déjà mort. Il fit appeler l'officier de service et lui demanda s'il était mort depuis longtemps. Renseigné par le centurion, il autorisa Joseph à disposer du corps (Marc 15.44-45).
Selon la loi romaine, la remise du cadavre d'un crucifié pour l'ensevelissement ne pouvait être accordée que par le magistrat impérial. Une telle requête de la part des parents de la victime était habituellement accordée, mais un cadavre était parfois laissé en croix pour qu'il se décompose ou soit mangé par les animaux ou les oiseaux de proie ; on jetait ensuite sa dépouille dans une fosse commune.
La loi juive exigeait un ensevelissement convenable pour tous les corps, même ceux des criminels qui avaient été exécutés. Elle dictait également que ceux qui étaient ainsi pendus devaient être ensevelis avant le coucher du soleil. Pilate est donc surpris par la mort rapide de Jésus, car les crucifiés mourraient tous à petit feu. Après en avoir eu confirmation de la part de l'officier militaire romain, il acquiesça à la demande.
Dans le texte originel, il est spécifiquement dit que le gouverneur remit le cadavre de Jésus à Joseph, tandis que ce dernier lui avait demandé son corps, ce qui est une marque de respect de sa part. Deux mots différents sont utilisés. Cette faveur de Pilate envers Joseph était tout à fait exceptionnelle et sans doute due au fait que le gouverneur croyait à l'innocence de Jésus.
Je continue jusqu'à la fin du chapitre.
Celui-ci, après avoir acheté un drap de lin, descendit le corps de la croix, l'enveloppa dans le drap et le déposa dans un tombeau taillé dans le roc. Puis il roula un bloc de pierre devant l'entrée du tombeau. Marie de Magdala et Marie, mère de Joses, regardaient où il le mettait (Marc 15.46-47).
Joseph, ses serviteurs, et Nicodème, un autre membre du Grand Conseil et disciple secret selon un texte parallèle, ont descendu le corps de Jésus de la croix, l'ont lavé puis enveloppé dans des bandes de linceul avec des épices aromatiques selon les coutumes d'ensevelissement juives. Le corps fut ensuite déposé sur une tablette de pierre à l'intérieur du propre sépulcre que Joseph s'était fait taillé dans le roc et qui n'avait jamais été utilisé auparavant. Il fut fermé par une énorme pierre plate circulaire pour empêcher les intrus d'y pénétrer. Il fallait plusieurs hommes pour la bouger.
Selon un autre Évangile, cette pierre fut scellée du sceau de Rome et le tombeau gardé par des soldats. Alors que les Onze ont disparu dans la nature, ce sont des inconnus qui accompagnent les derniers moments de Jésus. Nous avons déjà fait connaissance de Simon de Cyrène qui a porté la croix, maintenant c'est Joseph et Nicodème.
Après une longue section particulièrement tragique et déprimante de ce livre, nous arrivons maintenant au dernier chapitre de Marc, celui du triomphe de la vie sur la mort. La véracité du christianisme, sa valeur de rédemption, la garantie de l'amour de Dieu et de la vie éternelle reposent sur la résurrection du Christ. C'était d'ailleurs le thème commun à toutes les prédications des disciples lorsqu'ils portèrent la bonne nouvelle de Jésus à travers l'empire romain et que des Églises furent fondées partout où ils allaient.
Les 4 récits de la résurrection des Évangiles renferment plusieurs différences dans les détails rapportés. Aucun des écrivains ne rapporta toutes les données. Chacun résumait, précisait ou soulignait différents aspects de ce même événement extraordinaire. Les divers témoins oculaires furent profondément affectés par cette manifestation unique de la puissance de Dieu. Je commence à lire.
Quand le sabbat fut passé, Marie de Magdala, Marie mère de Jacques, et Salomé achetèrent des huiles aromatiques pour aller embaumer le corps de Jésus (Marc 16.1).
Le soir du samedi après le coucher du soleil commençait le dimanche, le nouveau jour selon la façon juive de compter. Ce soir-là, les femmes qui avaient assisté à la crucifixion et à l'ensevelissement de Jésus allèrent donc acheter des aromates. On les versait sur un cadavre afin de contrecarrer l'odeur de décomposition. Ceci indique qu'elles ne s'attendaient pas du tout à revoir Jésus vivant.
Je continue.
Il était encore très tôt, le dimanche matin, lorsqu'elles arrivèrent au tombeau. Le soleil se levait. En chemin, elles s'étaient demandé les unes aux autres : — Qui nous roulera la pierre qui ferme l'entrée du tombeau ? (Marc 16.2-3).
Il faisait encore noir quand elles quittèrent la maison. Chemin faisant, elles s'inquiétaient de cette grosse pierre qu'il leur faudrait ôter. Non seulement ça, mais elles ignoraient qu'en plus, le sépulcre avait été officiellement scellé et des sentinelles postées devant, ce qui est dit dans l'Évangile selon Matthieu. Elles arrivèrent alors que le soleil venait tout juste de se lever.
Je continue.
Or, en levant les yeux, elles s'aperçurent que la pierre avait été roulée sur le côté, et c'était un bloc énorme. Elles pénétrèrent dans le caveau et virent, assis du côté droit, un jeune homme vêtu d'une robe blanche. Elles furent saisies de frayeur. Mais le jeune homme leur dit : — N'ayez pas peur ! Vous cherchez Jésus de Nazareth, celui qui a été crucifié ? Il est ressuscité, il n'est plus ici. Voyez l'endroit où on l'avait déposé (Marc 16.4-6).
D'après la description et le message du jeune homme, il est présenté comme un être céleste ce qui est précisé par Matthieu. Elles ressentirent une forte émotion et une détresse accablante devant cette situation tout à fait inattendue. Ne pouvant comprendre ce qui se passait, elles réagissent par une peur bleue, un peu comme les disciples lors de la transfiguration.
Quand le Créateur intervient directement ou par l'intermédiaire de ses anges, ses créatures sont en général fortement impressionnées. On voit cela tout au long de l'Ancien Testament. L'ange qui n'est qu'un envoyé de Dieu sans plus, voyant leur confusion, essaie de les rassurer en leur expliquant que comme prévu Jésus était ressuscité. Il n'était plus ici et le tombeau était vide comme elles pouvaient elles-mêmes le constater. Voilà, de son point de vue, il n'y avait rien qui puisse justifier la frayeur de ces femmes.
Je continue le texte.
Et maintenant, allez annoncer à ses disciples, et aussi à Pierre, qu'il vous précède en Galilée ; c'est là que vous le verrez, comme il vous l'a dit (Marc 16.7).
De toute évidence, cet être de lumière attendait les femmes, mais savait aussi que les disciples du sexe qu'on appelle fort resteraient planqués sous leur lit et ne viendraient pas. Donc, il leur confie d'aller informer sa bande de poltrons, je veux dire les apôtres, que comme prévu, Jésus les reverrait en Galilée où tout avait commencé.
La mention de Pierre est importante parce que c'est lui qui raconte à Marc comment ça s'est passé. Comme il avait renié son Maître à trois reprises, le fait que l'ange le mentionne spécifiquement signifiait que Jésus allait passer l'éponge. Comme les disciples ne se rendirent pas immédiatement en Galilée, Jésus leur apparut dans les alentours de Jérusalem pour les convaincre de la réalité de la résurrection. Ils étaient particulièrement lourds à comprendre et à croire.
Je continue.
Elles se précipitèrent hors du tombeau et s'enfuirent, toutes tremblantes et bouleversées. Elles ne dirent rien à personne, tant elles étaient effrayées (Marc 16.8).
La révélation impressionnante de la présence et de la puissance de Dieu qui avait ressuscité Jésus d'entre les morts les remplit d'effroi. Elles étaient bouleversées par une crainte respectueuse qui les réduisit au silence. Elles s'enfuirent donc et ne dirent pas un mot à quiconque. On les comprend, puisque c'est des femmes, on les aurait prises pour des folles.
Je continue.
Jésus, étant ressuscité le dimanche matin, apparut d'abord à Marie de Magdala dont il avait chassé sept démons. Celle-ci alla porter la nouvelle à ceux qui avaient accompagné Jésus : ils étaient plongés dans la tristesse et en larmes. Mais eux, en l'entendant dire qu'il était vivant et qu'il lui était apparu, ne la crurent pas (Marc 16.9-11).
Marie de Magdala a, semble-t-il, fait demi-tour et est retournée au tombeau, peut-être pour s'assurer qu'elles n'avaient pas toutes les trois rêvé. Elle est la première à qui Jésus se rend visible. Cette fois-ci, elle est sûre que Jésus est ressuscité et va l'annoncer aux disciples qui bien sûr ne la croient pas. Dans la culture juive, on accordait très peu de crédit au témoignage d'une femme. Selon Matthieu, quelque temps plus tard, le Christ va aussi apparaître aux deux autres femmes, confirmant ainsi l'annonce de l'ange et les incitant elles aussi à aller annoncer la résurrection aux disciples.
Je continue.
Après cela, alors que deux d'entre eux faisaient route pour se rendre à la campagne, il leur apparut sous un autre aspect. Ils revinrent à Jérusalem et annoncèrent la nouvelle aux autres ; mais ils ne les crurent pas eux non plus (Marc 16.12-13).
Il s'agit là d'un résumé de l'histoire des deux disciples d'Emmaüs racontée par Luc. Ces deux disciples n'avaient pas cru Marie de Magdala. Cette fois-ci, ils croient que leur Maître est vraiment revenu à la vie, rebroussent chemin pour aller annoncer la nouvelle aux autres. Peine perdue, ils demeurent incrédules, pensant que ces apparitions étaient de simples visions. Cela veut dire qu'ils n'ont absolument pas tenu compte de la résurrection que Jésus leur avait prédite. Plus on avance dans l'Évangile et plus je suis sidéré par l'attitude des apôtres. Leur incrédulité répétée face aux témoignages qui leur sont rapportés est déconcertante.
Je continue.
Plus tard, il se montra aux Onze pendant qu'ils étaient à table ; il leur reprocha leur incrédulité et leur aveuglement parce qu'ils n'avaient pas cru ceux qui l'avaient vu ressuscité (Marc 16.14).
Le vocabulaire utilisé par Jésus pour faire des reproches à ses apôtres est particulièrement musclé. Il les a secoués sans ménagement. Comme je l'ai déjà dit à plusieurs reprises, les apôtres n'étaient rien de plus qu'une bande de poltrons. Or tous finirent martyrs sauf Jean qui fut exilé. La seule explication logique pour ce revirement d'attitude est qu'il s'est passé quelque chose de grandiose à laquelle ils ont assisté et qui a transformé leur vie à tout jamais. De poules mouillées, ils sont tous devenus des lions au courage exceptionnel, n'ayant peur de rien ni de personne.
Cet événement qui les a tant marqués, c'est la résurrection de leur Maître. Suite à l'ascension du Christ, ils ont reçu la puissance du Saint-Esprit en eux et c'est pour cela qu'ils ont été capables d'évangéliser tout l'empire romain. Je reviens à la résurrection. Si Marc ne nous envahit pas de détails, au moins il nous donne l'ordre dans lequel Jésus s'est révélé à diverses personnes. D'abord, Jésus apparaît à Marie ; après cela, Il apparut aux deux disciples ; plus tard, Il se montra au Onze.
Je continue.
Et il leur dit : — Allez dans le monde entier, annoncez la Bonne Nouvelle à tous les hommes. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné (Marc 16.15-16).
Juste avant de remonter aux cieux, Jésus donna à ses disciples son grand ordre missionnaire de proclamer la Bonne Nouvelle à tout homme de toute nation. Ceux, qui croiront vraiment, c'est-à-dire qui exprimeront publiquement au moyen du baptême leur nouvelle foi, ceux-là auront la vie éternelle. Par contre, ceux, qui rejetteront le message de l'Évangile, seront condamnés par Dieu au jour du jugement dernier.
Je continue.
Voici les signes miraculeux qui accompagneront ceux qui auront cru : en mon nom, ils chasseront des démons, ils parleront des langues nouvelles, et si on les oblige à saisir des serpents venimeux, ou à boire quelque breuvage mortel, cela ne leur causera absolument aucun mal. Ils imposeront les mains à des malades et ceux-ci seront guéris (Marc 16.17-18).
Ce passage énumère 5 sortes de miracles qui accompagneront ceux qui auront cru le message de la Bonne Nouvelle. Le parler en langues tel qu'il est décrit lors de la Pentecôte avait pour but de communiquer l'Évangile à ceux qui venaient à Jérusalem depuis toutes les provinces romaines. Les serpents et le poison font allusion à des situations où les premiers croyants seraient torturés de cette manière. Tous ces prodiges attesteront l'origine divine du message de la Bonne Nouvelle.