Chapitre 14
Verset 3
Je suis aujourd'hui au début du chapitre 14 de Marc. Les religieux ont décidé de se débarrasser du Christ une bonne fois pour toutes. Ils attendent la bonne occasion et veulent avant tout que ça se fasse hors de la présence de la foule pour éviter une révolte. Je continue le texte.
Jésus était à Béthanie, dans la maison de Simon, le lépreux. Pendant le repas, une femme s'approcha de lui, tenant un flacon d'albâtre rempli d'un parfum de nard pur de grande valeur. Elle cassa le col du flacon et répandit le parfum sur la tête de Jésus (Marc 14.3).
La séquence des événements de la semaine de la passion est compliquée en partie par les deux façons romaine et juive, alors en usage, de calculer le temps. D'autre part, le récit de Marc ne s'attache pas à l'ordre chronologique. Il groupe des épisodes ensemble, alors qu'ils n'ont pas lieu le même jour, mais sans donner de précision. Cette femme dont le nom est Marie répand une huile aromatique pure, rare et très onéreuse, environ une année de salaire, sur la tête de Jésus. C'était une coutume courante d'oindre les invités d'un peu d'huile lors des repas de fête juifs, mais le geste de Marie avait une signification beaucoup plus grande. Pressentait-elle la mort imminente du Christ ? Comprenait-elle ce qu'elle faisait ?
Versets 4-5
Je continue.
Quelques-uns s'en indignèrent et murmurèrent entre eux : — Pourquoi gaspiller ainsi ce parfum ? On aurait pu le vendre et en tirer plus de trois cents pièces d'argent, qu'on aurait données aux pauvres. Et ils ne ménagèrent pas leurs reproches à cette femme (Marc 14.4-5).
Selon d'autres textes, ce sont quelques-uns des disciples sous la direction de Judas qui s'indignèrent contre cette extravagance qu'ils regardaient comme un gaspillage. Quel contraste saisissant entre cette femme et les apôtres toujours aussi balourds, insensibles et sans aucun discernement spirituel ! C'est à pleurer ! Selon un autre Évangile, on apprend que Judas convoitait cet argent. Étant voleur il aurait bien voulu taper dans la caisse.
Versets 6-9
Je continue.
Mais Jésus dit : — Laissez-la donc tranquille ! Pourquoi lui faites-vous de la peine ? Ce qu'elle vient d'accomplir pour moi est une belle action. Des pauvres, vous en aurez toujours autour de vous, et vous pourrez leur faire du bien quand vous le voudrez ; mais moi, vous ne m'aurez pas toujours. Cette femme a fait ce qu'elle pouvait. Elle a d'avance embaumé mon corps pour préparer mon enterrement. Vraiment, je vous l'assure, dans le monde entier, partout où l'Évangile sera annoncé, on racontera aussi, en souvenir de cette femme, ce qu'elle vient de faire (Marc 14.6-9).
Contrairement aux disciples, Jésus considère ce geste comme une expression d'amour et de consécration à son égard à la lumière de sa mort imminente. Elle avait d'avance oint son corps pour la sépulture. Par de solennelles paroles, Jésus promet que partout où la Bonne Nouvelle serait annoncée, son geste le serait aussi. Il s'agit de la période que nous vivons actuellement. En effet, quiconque lit les Évangiles découvre ce récit émouvant de Marie et de son amour pour le Christ. Elle a offert ce qu'elle possédait de plus cher à Jésus. C'est un magnifique exemple à suivre.
Versets 10-11
Je continue.
À la suite de cela, Judas Iscariot, l'un des Douze, alla trouver les chefs des prêtres pour leur proposer de leur livrer Jésus. Sa proposition les réjouit et ils promirent de lui donner de l'argent. Dès lors, il chercha une occasion favorable pour leur livrer Jésus (Marc 14.10-11).
Le contraste est saisissant ici encore. C'est le jour et la nuit. Marie donne tout ce qu'elle a au Seigneur, tandis que Judas le trahit. Revoilà les chefs religieux sur le tapis. Ils ne sont jamais bien loin à rôder sniffant leur proie. L'idée de Judas était de révéler aux hyènes galeuses le moment où Jésus serait isolé de la foule. Alors, ils pourraient se saisir de lui sans provoquer une émeute publique. Les chefs religieux exultent de plaisir devant cette offre inattendue.
Judas décida de trahir le Seigneur, parce qu'il était désillusionné du fait que Jésus n'allait pas établir son royaume politique, ce qui anéantissait ses espoirs d'un gain personnel. Il s'est dit, tout est fini, alors autant que je retire quelques pièces d'argent de cette histoire comme compensation. Il avait pourtant vécu 3 ans avec le Christ, assisté à tout son enseignement et vu tous ses miracles. À la fin, tel un serpent il mordit la main bienveillante qui l'avait nourri. Il était fourbe dans l'âme, mais Jésus l'avait choisi dans l'espoir qu'il se repentirait en cours de route, mais en vain.
Dans la vie de Judas, on trouve la fascinante combinaison de la souveraineté divine et de la responsabilité humaine. Selon le plan de Dieu, Jésus devait souffrir et mourir. Judas, bien qu'il ne fut pas forcé de trahir, fut cependant tenu responsable de s'être soumis aux directives de Satan.
Versets 12-15
Je continue.
Le premier jour de la fête des pains sans levain, celui où l'on tue l'agneau de la Pâque, ses disciples lui demandèrent : — Où veux-tu que nous fassions les préparatifs pour le repas de la Pâque ? Alors il envoya deux d'entre eux en leur donnant les instructions suivantes : — Allez à la ville. Vous y rencontrerez un homme portant une cruche d'eau. Suivez-le. Lorsqu'il entrera dans une maison, parlez ainsi au propriétaire : « Le Maître te fait demander : Où est la pièce où je prendrai le repas de la Pâque avec mes disciples ? » Alors il vous montrera, à l'étage supérieur, une grande pièce aménagée, déjà prête. C'est là que vous ferez les préparatifs pour nous (Marc 14.12-15).
Les recoupements de textes nous permettent de dire que Jésus et ses disciples sont à Béthanie, un village à quelques km de Jérusalem. Étant donné que le repas pascal devait être pris à l'intérieur des murs de Jérusalem, les disciples demandèrent à Jésus où il voulait qu'ils aillent le préparer. Ils supposaient qu'ils prendraient avec Lui ce festin familial. Effectivement, le jeudi matin, Il envoie Pierre et Jean à la ville pour préparer la chambre réservée. L'homme, qui porte une cruche, devait être un signal, car à cette époque, seules les femmes transportaient l'eau. Ce serviteur les conduirait chez leur hôte qui connaissait bien Jésus et était très certainement un disciple. Il mit donc à sa disposition une chambre aménagée d'une table et de divans pour y célébrer la Pâque.
Verset 16
Je continue.
Les disciples partirent. Ils arrivèrent à la ville, trouvèrent tout comme Jésus le leur avait dit et préparèrent le repas pascal (Marc 14.16).
Ils firent cuire l'agneau et apprêtèrent le pain et le vin, les herbes amères, ainsi qu'une sauce faite de fruits secs humectés de vinaigre et accompagnés d'épices. La Pâque était une fête privée que l'on célébrait en famille, c'est pour cela que l'hôte qui prêtait cette pièce à Jésus n'était pas présent. De toute façon, le Seigneur avait bien précisé qu'Il voulait demeurer avec ses disciples, ceux qui l'avaient accompagné pendant 3 ans et qui devraient poursuivre son œuvre. De plus, il avait encore d'importants enseignements à leur communiquer avant son départ.
Verset 17
Je continue.
Le soir, Jésus arriva avec les Douze (Marc 14.17).
Nous sommes jeudi, et le Seigneur atteint la ville à la tombée de la nuit avec les apôtres pour prendre le repas pascal qui commençait après le coucher du soleil et qui devait être terminé avant minuit. Il arrivait discrètement, car Il ne voulait pas se faire arrêter avant son heure. Au moment voulu, il se laisserait livrer entre les mains des Juifs et des Romains pour être crucifié. Tout cela avait lieu selon le plan de Dieu. Marc abrège les événements pour se concentrer sur la trahison et la nouvelle interprétation du pain et du vin.
Versets 18-20
Je continue.
Pendant qu'ils étaient à table et qu'ils mangeaient, il leur dit : — Vraiment, je vous l'assure, l'un de vous, qui mange avec moi, me trahira. À ces mots, ils devinrent tout tristes, et, l'un après l'autre, ils lui dirent : — Ce n'est pas moi, n'est-ce pas ? Alors il reprit : — C'est l'un des Douze, celui qui trempe son morceau dans le plat avec moi (Marc 14.18-20).
Marc abrège les événements du repas pour se concentrer sur deux incidents : l'annonce par Jésus de sa trahison au moment où ils trempaient ensemble le pain et les herbes amères dans un bol de sauce aux fruits et d'autre part sa nouvelle interprétation du pain et du vin juste après le repas de fête. Pendant qu'ils mangeaient, il était habituel de s'allonger sur des divans pour manger. Chacun des convives trempait son morceau de pain dans le plat commun qui contenait la sauce. C'est à ce moment que Jésus annonce solennellement qu'il sera livré par un de ses compagnons. Manger avec quelqu'un et le trahir ensuite, c’était le summum de la traîtrise. Les disciples se sentent culpabilisés, car ils se savent capables de commettre le crime le plus vil. Chacun pose donc la question au Christ : « Ce n'est pas moi, n'est-ce pas ? » , dans l'attente d'une réponse négative rassurante de sa part. Mais Jésus refusa de désigner le coupable par son nom. En cela, Il tendait la perche au traître, lui donnant l'occasion de se révéler et de se repentir.
Verset 21
Je continue.
Certes, le Fils de l'homme s'en va conformément à ce que les Écritures annoncent à son sujet, mais malheur à celui qui trahit le Fils de l'homme. Il aurait mieux valu pour lui n'être jamais né ! (Marc 14.21).
Le Christ devait mourir, c'était la volonté de Dieu et ne dépendait aucunement de l'action d'un traître. Cette trahison accomplissait une prophétie que je cite :
Celui-là même avec qui j'étais en paix, Qui avait ma confiance et qui mangeait mon pain, Lève le talon contre moi (Psaumes 41.10).
D'un autre côté, Jésus se lamente exprimant une sincère compassion pour Judas qui le vendait 30 pièces d'argent, car il était moralement responsable. Un sort si terrible l'attendait dans l'éternité, qu'il aurait été préférable qu'il ne vienne jamais au monde.
Versets 22-24
Je continue.
Au cours du repas, Jésus prit du pain puis, après avoir prononcé la prière de reconnaissance, il le partagea en morceaux qu'il donna à ses disciples en disant : — Prenez, ceci représente mon corps. Ensuite il prit une coupe, remercia Dieu et la leur donna. Ils en burent tous. Alors il leur dit : — Ceci est mon sang, par lequel est scellée la nouvelle alliance : il va être versé pour beaucoup d'hommes (Marc 14.22-24).
Au cours du repas pascal, le chef de famille expliquait le sens de cette fête qui célébrait la délivrance d'Israël de l'esclavage égyptien. C'est ce qu'a fait Jésus une fois que Judas les eut quittés. Jésus parla du pain et du vin, des choses physiques auxquelles il donna une signification toute nouvelle. Par contre, la relation, qu'il établit entre les aliments et son corps et son sang, fut exprimée en langage symbolique. Jésus était présent parmi ses disciples lorsqu'Il prononça ces paroles, donc ils n'ont pas littéralement mangé son corps ou bu son sang, ce qui de toute façon était répugnant pour les Juifs.
Selon le rite pascal, il y avait 4 coupes différentes renfermant du vin rouge mélangé à de l'eau et que les convives se passaient durant le repas. C'est à la troisième coupe, celle de la bénédiction qui concluait la principale partie du repas, que Jésus a fait son commentaire. Pour comprendre, il faut savoir que l'Ancienne Alliance établie par Moïse entre l'Éternel et les Israélites avait été ratifiée par le sang du sacrifice d'un animal.
Jésus explique alors à ses disciples que la coupe de bénédiction symbolise la nouvelle alliance. Elle va être scellée entre Dieu et tous les hommes par le sang qu'Il allait verser sur la croix. Le vocabulaire originel souligne très bien que ce traité est établi par un seul parti, Dieu. L'homme ne peut pas le modifier, mais seulement l'accepter ou le rejeter. Auparavant, le Créateur traitait avec l'humanité par l'intermédiaire d'Israël, le peuple choisi.
À partir de maintenant, tout homme a individuellement accès à Lui sur la base du sacrifice de Jésus-Christ.
Versets 25-26
Je continue le texte.
Vraiment, je vous le déclare : — je ne boirai plus du fruit de la vigne jusqu'au jour où je boirai le vin nouveau dans le royaume de Dieu. Après cela, ils chantèrent les psaumes de la Pâque. Ensuite, ils sortirent pour se rendre au mont des Oliviers (Marc 14.25-26).
Moment plus que solennel et des plus émouvants. Jésus prédit une dernière fois la venue de son royaume au-delà de sa mort imminente. Il était presque minuit quand ils quittèrent la chambre haute et Jérusalem.
Versets 27-28
Je continue.
Jésus leur dit : — Vous allez tous être ébranlés dans votre foi, car il est écrit : Je frapperai le berger et les brebis s'enfuiront de tous côtés. Mais, quand je serai ressuscité, je vous précéderai en Galilée (Marc 14.27-28).
Jésus annonce que tous vont temporairement l'abandonner. Il cite une prophétie que je lis :
« Épée, réveille-toi contre mon berger, le chef de mon peuple, contre mon compagnon, demande l'Éternel, le Seigneur des armées célestes. Va, frappe le berger : que les brebis soient dispersées ! » (Zacharie 13.7).
Il compense sa prédiction alarmante de désertion par la promesse d'une réunion après sa résurrection, promesse dont les disciples n'ont pas tenu compte du tout à cause de leur incrédulité.
Versets 29-31
Je continue.
Alors Pierre lui déclara : — Même si tous les autres étaient ébranlés, moi, pas ! Jésus lui répondit : — Vraiment, je te l'assure : aujourd'hui, oui, cette nuit même, avant que le coq ait chanté deux fois, tu m'auras renié trois fois. Mais Pierre protesta avec véhémence : — Même s'il me fallait mourir avec toi, je ne te renierai pas. Et tous disaient la même chose (Marc 14.29-31).
Pierre, impétueux comme de coutume, aurait cette fois encore mieux fait de se taire. Il revendique une plus grande allégeance à Jésus que tous les autres apôtres, et même s'il était sincère, il se méprenait grandement sur lui-même. Ni Pierre, ni moi, ni personne n'est capable de sonder les profondeurs de son cœur. On croit ceci, on pense cela, concernant soi-même et ce qu'on ferait dans une situation de crise. Dans la réalité, on ne peut préjuger de soi. Je ne sais pas comment j'agirais parce que je ne me connais pas vraiment. Dieu seul me connaît parfaitement. Par de solennelles paroles, Jésus dit énergiquement à Pierre que, malgré ses bonnes intentions, son échec serait plus grand que celui des autres, car il allait non seulement l'abandonner, mais également le renier.
Le « chant du coq » était une expression proverbiale pour indiquer le moment précédent le lever du soleil. Marc est le seul à mentionner que le coq chantera deux fois, détail probablement dû au clair souvenir que Pierre en avait gardé et c'est lui le témoin oculaire qui raconte l'histoire à Marc qui l'écrit. Devant la réponse incisive de Jésus, Pierre proteste encore bien d'avantage et avec force que jamais au grand jamais il ne renierait Jésus, même si cela voulait dire mourir avec Lui. Tous les disciples d'un seul cœur affirment la même fidélité, laissant entendre de façon très présomptueuse que la prédiction de Jésus est fausse, mais la suite montra qu'ils se trompaient tous eux-mêmes.
Versets 32-34
Je continue. Ils arrivèrent en un lieu appelé Gethsémané. Jésus dit à ses disciples : — Asseyez-vous ici pendant que je vais prier. Il prit avec lui Pierre, Jacques et Jean. Il commença à être envahi par la crainte, et l'angoisse le saisit. Il leur dit : — Je suis accablé de tristesse, à en mourir. Restez ici et veillez ! (Marc 14.32-34).
Ils arrivent à un endroit clos ressemblant à un jardin, situé dans une oliveraie. Ce lieu était l'un de leurs préférés pour se réunir. Jésus demande à 8 de ses disciples de s'asseoir à l'entrée et de l'attendre. C'est la troisième fois que Marc montre Jésus en train de prier.
Le Christ devait maintenant affronter une rude épreuve et Il fut gagné par une angoisse indescriptible. Tout l'impact de sa mort et de ses conséquences le frappa au point où il chancela sous ce poids. Il était horrifié à la perspective de se voir chargé de toutes les fautes de tous les hommes de tous les temps, de les expier sur la croix en subissant l'enfer, la séparation d'avec son Père qui dans sa fureur allait se détourner de Lui. Il accomplissait une mission pour toute l'humanité. Il était l'aboutissement de la loi de Moïse, de toutes ses exigences inflexibles et de tous ses rites complexes, cruels et contraignants.
Tout cela reposait sur lui. Il était mon garant et le nôtre. Il allait goûter à la mort dans toute son amertume. De plus, et bien que cela ne nous soit pas révélé, Jésus a certainement dû faire face au tentateur qui, bien qu'il ne soit pas mentionné directement, est sans aucun doute présent essayant de Le dérailler de son objectif. Néanmoins, cette fois-ci encore, Jésus va réaffirmer son engagement à faire la volonté de Dieu.
Versets 35-36
Je continue.
Il fit quelques pas, se laissa tomber à terre et pria Dieu que cette heure s'éloigne de lui, si c'était possible : — Abba, Père, pour toi, tout est possible. Éloigne de moi cette coupe ; cependant, qu'il arrive non pas ce que moi, je veux, mais ce que toi, tu veux (Marc 14.35-36).
Abba est le mot araméen pour papa et dénote une relation intime. Les Juifs n'utilisaient pas ce terme familier dans leurs prières. Jésus s'est écrié Papa, Père, en deux langues différentes comme pour bien accentuer son cri. Il pria à haute voix avec grande émotion, et cela, au moins une heure. Christ en tant qu'homme plaida afin que si c'était possible, ses souffrances puissent se détourner de lui. En tant que médiateur homme-Dieu, il se soumit à la volonté de son Père, disant toutefois : « Non ce que je veux, mais ce que tu veux ». Dans son humanité, Il suppliait de ne pas avoir à subir cette heure de châtiment et boire la coupe du jugement de Dieu.