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Émission 144 - Evangile de Marc 2:18 - 3:16

Diffusé le 19 juillet 2007 - ::

Chapitre 2

Verset 18

Je suis dans le chapitre deux de l'Évangile de Marc. Jésus a déjà croisé le fer à 2 reprises avec les religieux juifs qui ne l'apprécient pas parce qu'Il menace leur pouvoir. Je continue le texte.

Un jour que les disciples de Jean et les pharisiens étaient en train de jeûner, ils vinrent trouver Jésus et lui demandèrent : — Comment se fait-il que tes disciples ne jeûnent pas, alors que les disciples de Jean et les pharisiens le font ? (Marc 2.18).

Les disciples de Jean-Baptiste étaient des gens religieux jusqu'au bout des ongles, comme les pharisiens, mais beaucoup plus humbles que ces derniers. Tout ce beau monde est en train de jeûner, alors que Jésus et ses disciples festoient à la maison de Matthieu. Alors bien sûr, ça fait désordre et des jaloux. L'Ancien Testament ne prescrivait un jeûne pour tous les Juifs que lors du Yom Kippur, le jour annuel des Expiations, en signe de repentance.

Mais les pharisiens favorisaient les jeûnes volontaires les lundis et jeudis, afin de montrer leur piété et d'en être admirés. Comme en d'autres occasions, c'est Jésus qui doit justifier le comportement de ses disciples. Il montre l'inconvenance du jeûne pour ses disciples, bien qu'Il n'y fût pas opposé, lorsqu'il était pratiqué convenablement.

Versets 19-20

Je continue.

Jésus leur répondit : — Comment les invités d'une noce pourraient-ils jeûner pendant que le marié est avec eux ? Aussi longtemps que le marié se trouve parmi eux, ils ne peuvent pas jeûner ! Le temps viendra où il leur sera enlevé. Alors, ce jour-là, ils jeûneront ! (Marc 2.19-20).

La contre-question de Jésus établit une analogie avec lui-même. Tout comme il n'est pas convenable pour les compagnons du marié de jeûner en signe de tristesse dans la présence de l'époux, parce que ça jetterait un gros froid, il était de même désobligeant pour les disciples de Jésus de jeûner pendant qu'Il était avec eux. Sa présence constituait une situation aussi joyeuse qu'un banquet de noces. Mais cette situation changera, car le moment viendra où l'époux sera violemment enlevé. Ce jour-là, le jour de la crucifixion, les disciples connaîtront la tristesse et alors ils jeûneront. Cette allusion à sa mort prochaine est le premier indice de la croix dans l'Évangile de Marc.

Versets 21-22

Je continue.

Personne ne raccommode un vieux vêtement avec un morceau d'étoffe neuve. Sinon, la pièce rapportée tire sur la vieille étoffe et en arrache une partie. Finalement, la déchirure est pire qu'avant. De même, personne ne verse du vin qui fermente encore dans de vieilles outres, sinon le vin nouveau les fait éclater, et voilà le vin perdu, et les outres aussi. À vin nouveau, outres neuves ! (Marc 2.21-22).

Pour la première fois, Marc mentionne une double parabole du Christ, qui s'applique à un domaine plus large que le jeûne. La présence de Jésus, le Fils de Dieu, avec son peuple était une période de nouveauté et indiquait que ce qui était ancien était dépassé. Essayer de lier la nouveauté de l'Évangile à la vieille religion du judaïsme est aussi futile que d'essayer de réparer un vieil habit avec du tissu neuf. Mouillée, la partie neuve rétrécira en déchirant le vieux tissu usé. Les œuvres accomplies sous l'égide de la loi de Moïse sont comme un vieux vêtement mangé par les mites, sans aucune valeur.

Le Seigneur Jésus est venu pour donner à ceux qui se confient en Lui un vêtement de noces tout neuf, blanc comme neige, le vêtement de la justice de Jésus-Christ lui-même, le seul habit qui permette à quiconque de se tenir devant le trône de Dieu. Quant à la deuxième partie de la parabole, il est également désastreux de verser du vin nouveau, c'est-à-dire non fermenté, dans de vieilles outres usées jusqu'à la corde. Inévitablement, lorsque le jus de raisin fermentera, il fera rompre les outres et tout sera perdu. En finalité, le salut offert par Jésus ne doit pas être mélangé avec l'ancien système judaïque.

Versets 23-24

Je continue le texte.

Un jour de sabbat, Jésus traversait des champs de blé, et ses disciples, tout en marchant, cueillaient des épis. Les pharisiens le firent remarquer à Jésus : — Regarde ! Pourquoi tes disciples font-ils le jour du sabbat ce qui est interdit ce jour-là ? (Marc 2.23-24).

Voici un autre conflit. La présence des pharisiens en cet endroit un jour de sabbat n'est pas due au hasard. Comme des charognards, ils suivent Jésus à la trace, parce qu'ils s'intéressent de très près au mouvement qu'Il a lancé. Les religieux cherchaient sans cesse une occasion de l'accuser. En mettant en cause le comportement des disciples, c'est l'enseignement du Maître qu'ils attaquent. Le jour du sabbat, la loi interdisait tout travail, dont la moisson, mais par contre la cueillette était permise pour quelqu'un qui avait faim, quel que soit le jour de la semaine. Je lis le passage :

Si tu viens à passer par le vignoble de ton prochain, tu pourras manger autant de raisin que tu veux, jusqu'à satiété, mais tu n'en emporteras pas dans ton panier. De même, si tu traverses le champ de blé mûr de ton prochain, tu pourras cueillir des épis à la main, mais tu n'en couperas pas à la faucille (Deutéronome 23.24-25).

Les pharisiens choisissent de suivre la tradition qui interdisait même la cueillette, et c'est sur cette base qu'ils s'attaquent à Jésus. Ils furent malvenus.

Versets 25-26

Je continue le texte.

Il leur répondit : — N'avez-vous jamais lu ce qu'a fait David lorsque lui et ses compagnons ont eu faim et qu'ils n'avaient rien à manger ? Il est entré dans le sanctuaire de Dieu, à l'époque du grand-prêtre Abiathar, il a mangé les pains exposés devant Dieu que seuls les prêtres ont le droit de manger, et il en a donné aussi à ses hommes (Marc 2.25-26).

Comme réponse, Jésus fait appel aux Écritures et à un précédent établi par celui qui allait devenir le roi David et ceux qui étaient avec lui, lorsqu'ils furent dans la disette. David demanda pour lui et ses hommes les pains qui étaient exposés dans le sanctuaire de l'Éternel et qui étaient réservés aux prêtres par la législation mosaïque. La pointe de l'enseignement de Jésus porte sur le fait que David en a mangés et en a donnés à sa troupe. Si le futur roi a pu faire cela sans que Dieu ne le condamne, à combien plus forte raison Jésus peut Lui aussi faire de même et autoriser ses disciples à cueillir du grain à leur passage dans les champs.

Versets 27-28

Je continue le texte.

Et il ajouta : — Le sabbat a été fait pour l'homme, et non pas l'homme pour le sabbat. C'est pourquoi le Fils de l'homme est aussi maître du sabbat (Marc 2.27-28).

Jésus enfonce le clou. Le sabbat a été conçu par Dieu pour le bien-être et le repos de l'homme, pas pour l'obliger à observer de pénibles règles en ce jour-là. À l'origine, la relâche du septième jour fut instituée pour toute l'humanité après la création. Ceci implique qu'elle devrait être une institution universelle ; l'intérêt de l'homme l'exige. Ce n'est pas un acte législatif arbitraire, mais une sage et bienfaisante décision pour le bien-être de la race humaine. L'expérience montre que les hommes sont plus heureux et prospères quand ils observent ce repos. Dès que les Israélites furent sortis d'Égypte, le sabbat leur fut rappelé et devint un des signes distinctifs de l'alliance entre l'Éternel et son peuple.

Dans ce passage, Jésus enseigne que non seulement les règles cérémonielles de la tradition n'ont jamais force de loi, mais les interdits du sabbat doivent être abandonnés devant les nécessités de la vie humaine. C'est l'esprit de la loi qui a priorité et non la lettre. En disant : le Fils de l'homme est aussi maître du sabbat, l'auteur conclut cet incident par un commentaire éditorial sur la signification de la déclaration de Jésus. Il enseigne que le Fils de l'homme a une autorité souveraine sur la façon dont on doit gérer le jour du repos. Le conflit suivant, toujours à propos du repos du 7e jour, va confirmer cette idée.

Chapitre 3

Versets 1-2

Nous voici parvenus au chapitre 3, et la discussion commencée précédemment sur ce qui est ou n'est pas permis de faire le jour du sabbat se poursuit et va éventuellement se terminer par la rupture entre Jésus et les chefs religieux. Ensuite, Marc continuera son récit en donnant une vue d'ensemble des innombrables guérisons opérées par le Christ. Au lieu de se focaliser avec précision sur certains prodiges comme avec un microscope, il va plutôt utiliser un télescope, si je peux me permettre cette analogie. Mais tout d'abord, nous sommes à nouveau un jour de sabbat. Je commence à lire.

Jésus entra de nouveau dans la synagogue. Il s'y trouvait un homme avec la main paralysée. On le surveillait attentivement pour voir s'il le guérirait un jour de sabbat : ils voulaient ainsi pouvoir l'accuser (Marc 3.1-2).

L'incident précédent s'était passé dans les champs, un endroit profane. Ici, l'action se passe dans une synagogue, un lieu consacré. Il y a de fortes chances que cet homme à la main sèche ait été planté là par les pharisiens comme on attache une proie ou utilise un leurre afin de piéger un animal. Ils ont dit à ce pauvre homme quelque chose comme : Viens donc à la synagogue, Jésus doit s'y rendre, il te guérira. Il s'agit donc d'un coup monté. Les pharisiens étaient convaincus que Jésus tomberait dans le panneau et ferait un prodige le jour du sabbat. C'était une belle occasion de le discréditer.

En réalité, ces religieux témoignaient involontairement que Jésus était plein de compassion, ce qui est un commandement majeur de la loi, qui ordonne : Tu aimeras ton prochain comme toi-même . La tradition des rabbins permettait les actes médicaux un jour de sabbat uniquement lorsqu'une vie était en danger. Selon cet enseignement, le problème de cet homme ne constituait nullement un risque pour sa vie et aurait donc pu attendre le lendemain. Si Jésus le guérissait, ils pourraient l'accuser de violer le sabbat, une offense punissable de mort.

Versets 3-4

Je continue le texte.

Jésus dit à l'homme à la main infirme : — Lève-toi et mets-toi là, au milieu. Puis il demanda aux autres : — Est-il permis, le jour du sabbat, de faire du bien ou de faire du mal ? A-t-on le droit de sauver une vie ou faut-il la laisser se détruire ? Mais personne ne dit mot (Marc 3.3-4).

Jésus, qui a lu dans les pensées des pharisiens, a déterminé de donner la priorité à une bonne œuvre. Il allait guérir cet homme un jour de sabbat, en plein milieu de la synagogue, et devant ses ennemis qui n'attendaient que cela. Il leur pose une question rhétorique à propos du genre d'action qui convenait vraiment au but du sabbat dans la loi de Moïse : Est-il permis... de sauver une personne, ou de la tuer ?

Une parole qui doit transpercer les redresseurs de torts. Eux donnaient asile à des pensées meurtrières. Lui, Il cherchait à sauver une vie. Lequel brisait le sabbat ? La réponse évidente est de faire du bien et sauver une personne. Mais leur manquement à se servir de ce jour de repos pour aider cet homme dans le besoin revient en réalité à mal faire. De plus, et comme le texte le confirmera, ces religieux sont déjà en train de comploter le meurtre du Christ ce même jour.

Décidément, les pharisiens n'éprouvaient aucune difficulté à faire du mal 7 jours sur 7. C'était leur spécialité. Ce qui est en jeu dans cet incident est la question morale de faire du bien le sabbat, mais les pharisiens refusèrent d'en discuter. Foncièrement de mauvaise foi, ils recherchaient uniquement une occasion de condamner le Christ, un point c'est tout.

Verset 5

Je continue.

Jésus promena sur eux un regard indigné. Profondément attristé par la dureté de leur cœur, il dit à l'homme : — Étends la main. Il la tendit et elle fut guérie (Marc 3.5).

Jésus les fixe d'un regard pénétrant englobant toute l'assemblée. Il est à ce moment-là furieux contre cette espèce de religieux hypocrites au cœur dur comme de la pierre. Il est en colère contre leur malice et leur méchanceté. C'est la seule référence explicite à une profonde indignation de Jésus dans tout le Nouveau Testament. Le temps du verbe, par contre, indique qu'Il était continuellement affligé à cause de leur manque total de miséricorde et leur insensibilité vis-à-vis de la misère humaine. Les pharisiens, en particulier, manifestaient un mépris hautain envers tous ceux qui n'étaient pas rituellement ascètes comme eux.

Le Christ va donc croiser le fer avec ces vipères. Il demande à l'homme d'étendre sa main sèche. Aussitôt, celle-ci fut complètement guérie. Jésus ne fit usage d'aucun moyen visible qui aurait pu être interprété comme un travail le jour du sabbat. Parce que ce jour est mis à part pour le bien-être de l'homme et parce qu'Il en était le Maître, Jésus n'hésita pas à guérir cet homme ce jour-là. Jésus, par grâce, le sortit de sa détresse. Mais cette guérison mit définitivement le feu aux poudres.

Ces deux conflits un jour de sabbat entre le Christ et les religieux de tout poil, créèrent la rupture définitive entre le pouvoir politico-religieux qui gouvernait Israël et le Fils de Dieu. Les dés étaient désormais jetés. Il ne s'agissait plus que d'une question de temps et d'occasion pour que les dirigeants de la nation juive se débarrassent du Messie. L'autorité du Christ non seulement s'opposait à la leur, mais encore l'écrasait. Il était devenu un défi sérieux à leur pouvoir ce qui menaçait fortement leur place au soleil.

Verset 6

Je continue le texte.

Aussitôt, les pharisiens sortirent de la synagogue et allèrent se concerter avec des membres du parti d'Hérode sur les moyens de faire mourir Jésus (Marc 3.6).

Ce verset constitue le point culminant de cette série de conflits entre les pharisiens et Jésus. Ces religieux me font penser à un vieux film, qui donne vraiment la chair de poule, et dans lequel figure le fameux détective privé Sherlock Holmes. Il s'appelle Les chiens de Baskerville . Ces animaux sont des tueurs de première classe. Les pharisiens pourraient aussi être comparés à une bande de loups ou encore de hyènes à la recherche d'une proie. Les membres du parti d'Hérode n'étaient pas normalement associés aux pharisiens puisqu'ils étaient proches du pouvoir politique mis en place par les Romains. Ces deux groupes resteront associés dans un effort commun sans précédent pour se débarrasser de Jésus.

À partir de maintenant, l'annonce que le Christ va mourir jette son ombre sur sa mission. C'est la fin de la section des grandes controverses, qui furent la communion avec les gens de mauvaise vie, le jeûne et surtout le sabbat. Dans chaque cas, le débat est ouvert par une question des religieux. Dans les trois situations, l'attitude de Jésus et l'autorité qu'Il se permet d'assumer ne correspondent pas à l'idée que ses contemporains se faisaient d'un Maître enseignant.

Les conclusions que Jésus apporte aux trois débats à l'aide de paroles brèves et pleines de puissance, loin de calmer l'opposition, la nourrissent et conduisent à une première concertation visant à le faire mourir. Malgré la grande prudence dont fait preuve Jésus, sa réputation ne fait que grandir.

Versets 7-8

Je continue le texte.

Jésus se retira du côté du lac avec ses disciples. Une foule immense le suivait : elle était venue de la Galilée, de la Judée, de Jérusalem, de l'Idumée, des territoires de l'autre côté du Jourdain ainsi que de la région de Tyr et de Sidon. Ces gens venaient à lui car ils avaient appris tout ce qu'il faisait (Marc 3.7-8).

Cette fois-ci, Jésus se retire, mais avec ses disciples, parce qu'Il a commencé à les former. Sa réputation est immense ce que confirme la foule qui le traque. Les gens accourent de partout pour l'écouter et se faire guérir. Je suis sûr que j'y serais allé aussi. Ils proviennent de presque tout le territoire juif ainsi que des pays voisins limitrophes et païens. Tyr et Sidon sont deux villes côtières phéniciennes du nord, tandis que l'Idumée est au sud du pays d'Israël. Maintenant, Jésus est confronté à un autre problème.

Versets 9-10

Je lis la suite.

Il demanda alors à ses disciples de tenir une barque à sa disposition pour éviter d'être écrasé par la foule. En effet, comme il guérissait beaucoup de gens, tous les malades se précipitaient vers lui pour le toucher (Marc 3.9-10).

Le désir qu'avaient ces gens d'être guéris en touchant Jésus était si pressant qu'Il risquait de se faire écraser comme lors d'une cohue après un grand match de foot. Alors, il charge ses disciples de se tenir toujours prêts à l'évacuer par la mer, si l'assaut de la foule devenait trop fort. Ce que je trouve intéressant, c'est que le Christ aurait pu faire comme les grands de ce monde et établir un cordon sanitaire autour de lui : De l'air s'il vous plaît ! Ou bien, faire mettre tous les malades en rang et les guérir chacun à leur tour, ou bien tous d'un coup, ou je ne sais pas quoi encore. Mais non, Il a décidé de les laisser faire.

Versets 11-12

Je continue.

Lorsque des gens qui étaient sous l'emprise d'esprits mauvais le voyaient, ils se prosternaient devant lui et s'écriaient : — Tu es le Fils de Dieu. Mais il leur défendait absolument de faire savoir qui il était (Marc 3.11-12).

Dans la foule, il y avait des démoniaques, c'est-à-dire des personnes dont le langage et la conduite étaient dominés par des esprits impurs. Ce sont eux qui à plusieurs reprises reconnaissent le vrai statut de Jésus en tant que Fils de Dieu et se sentent grandement menacés par saprésence. En faisant taire leurs cris inopportuns, Jésus se soumettait au plan de Dieu, qui voulait une révélation progressive de son identité et de sa mission.

Versets 13-15

Je continue.

Plus tard, il monta sur une colline avoisinante et appela ceux qu'il voulait, et ils vinrent à lui. Il désigna ainsi douze hommes qu'il nomma apôtres et qui devaient être constamment avec lui ; il les envoya annoncer l'Évangile avec le pouvoir de chasser les démons (Marc 3.13-15).

Il faut noter que c'est Jésus qui choisit les apôtres, et non le contraire. Il le leur rappellera à la fin de son ministère. Je cite le passage.

Ce n'est pas vous qui m'avez choisi. Non, c'est moi qui vous ai choisis ; je vous ai donné mission d'aller, de porter du fruit, du fruit qui soit durable (Jean 15.16).

Marc est le seul à mentionner explicitement l'étroite association de Jésus et des Douze qui furent désignés pour être constamment avec lui. Il nous indique ainsi la façon dont le Christ a choisi d'éduquer ses apôtres : non seulement par l'enseignement, mais aussi par l'exemple et le dialogue. C'est là le secret, s'il y en a un, de la formation d'un réel disciple, ce qui est une rude tâche pour le Maître. Ces Douze constituaient le noyau d'une nouvelle communauté à venir, je veux parler de l'Église.

Versets 16-19

Voici maintenant la liste traditionnelle de ces 12 hommes. Je lis :

Voici les noms des Douze qu'il désigna : Simon, auquel Jésus donna le nom de Pierre, Jacques, fils de Zébédée et Jean son frère auxquels il donna le nom de Boanergès, ce qui signifie « fils du tonnerre », André, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques, fils d'Alphée, Thaddée, Simon le Zélé, et Judas Iscariot, celui qui le trahit (Marc 3.16-19).

Jésus assuma la responsabilité de son choix jusqu'au bout et ainsi réhabilita Pierre après que celui-ci l'eut renié. Il donna aussi sa chance à Judas, mais il la refusa. Jacques et Jean son frère devaient être des prédicateurs impétueux, ce qui leur valut le surnom de fils du tonnerre . Céphas qui reçoit le nouveau nom de Pierre, ce qui veut dire caillou, est en tête de liste, car il sera le porte-parole du groupe et plus tard le premier dirigeant de l'Église.