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Émission 141 - Evangile de Marc 1:1 - 1:5

By Chemins de VIE
Créé 16/07/2007 - 05:00

Introduction 1

Introduction 1

Après avoir couvert la Genèse, l'Évangile selon Matthieu puis l'Exode, le deuxième livre de l'Ancien Testament, je vais maintenant commencer le second des quatre Évangiles, celui de Marc dans le Nouveau Testament.

Cet Évangile est le second livre du Nouveau Testament. Il suit celui de Matthieu. Il a été écrit de Rome au début des années 60 du premier siècle de notre ère. Il fut donc rédigé avant les 3 autres Évangiles et constitue peut-être même le premier livre écrit qui éventuellement fera partie du Nouveau Testament. Ceux qu'on appelle communément les Pères de l'Église, ceux qui furent les premiers dirigeants du christianisme après les disciples du Christ, sont unanimes pour reconnaître que l'auteur de cet Évangile est bien Marc. Il n'était pas l'un des 12 apôtres comme Matthieu ou Jean, mais aurait découvert la foi chrétienne par l'intermédiaire de l'apôtre Pierre.

La petite histoire dit que ce dernier ayant prêché à Rome, on aurait demandé à Marc de consigner les détails de son enseignement sur Jésus par écrit. Marc était en effet son compagnon de ministère et avait une bonne compréhension de ce que Pierre présentait. Il se serait appuyé sur le témoignage de Pierre pour retranscrire avec exactitude, mais sans ordre, tout ce dont il se souvenait de ce qui avait été dit ou fait par le Seigneur. Soit dit en passant qu'on peut remarquer la grande humilité de Pierre. Il évite toujours que l'attention se porte sur lui et il mentionne à peine les faits, œuvres ou enseignements du Christ auxquels il n'a pas personnellement assisté. Son attention aux détails par contre montre que les faits furent relatés par un témoin oculaire, l'apôtre lui-même.

On peut dire sans faire d'erreur que l'Évangile selon Marc pourrait également s'appeler celui de Pierre. Marc est le nom romain de l'auteur, tandis que Jean est son nom juif. Sa mère est mentionnée dans le livre du Nouveau Testament qui s'appelle Les actes des apôtres . Après que Pierre ait été libéré de prison, il nous est dit qu' il se rendit à la maison de Marie, la mère de Jean appelé aussi Marc. Un assez grand nombre de frères s'y étaient réunis pour prier (Actes 12.12). Sa mère était donc chrétienne, plutôt aisée et l'Église naissante se réunissait chez elle à Jérusalem. Marc était cousin d'un certain Barnabas, lui-même ami et compagnon de voyage de l'apôtre saint Paul. Il apparaît plusieurs fois dans le Nouveau Testament. Avant d'écrire son Évangile, Marc avait aussi participé à un des grands voyages missionnaires de l'apôtre saint Paul qui a écrit presque la moitié du Nouveau Testament. Mais ils eurent un différent très sérieux et Marc le quitta. Plus tard, ce problème en entraîna un autre, cette fois-ci, entre l'apôtre Paul et Barnabas. Je cite le passage en question :

Après quelque temps, Paul dit à Barnabas : Partons refaire le tour de toutes les villes où nous avons annoncé la Parole du Seigneur et rendons visite aux frères pour voir ce qu'ils deviennent. Mais Barnabas voulait emmener avec lui Jean, appelé aussi Marc, et Paul estimait qu'il ne convenait pas de prendre avec eux celui qui les avait abandonnés en Pamphylie et qui ne les avait pas accompagnés dans leur œuvre. Leur désaccord fut si profond qu'ils se séparèrent. Barnabas emmena Marc avec lui et s'embarqua pour Chypre (Actes 15.36-39).

Le problème se régla par la suite, mais malgré tout cette histoire montre que les relations humaines sont toujours difficiles même pour des chrétiens consacrés et, de plus, auteurs inspirés de livres du Nouveau Testament. Chacun des 4 Évangiles est rédigé à l'intention d'un public différent. Celui écrit par Matthieu, et que j'ai déjà parcouru, s'adresse essentiellement aux Juifs, des gens religieux. Il présente Jésus comme roi et juste héritier de la maison de David. C'est pourquoi il débute par sa généalogie. Les Hébreux se situaient par rapport aux ancêtres de leur tribu respective.

L'Évangile de Marc relate bien sûr les mêmes choses que l'Évangile de Matthieu sur de nombreux épisodes de la vie de Jésus, mais dans une perspective différente, ce qui enrichit la vision qu'on peut avoir du ministère du Christ. Marc ne mentionne pas les origines du Christ, car il Le présente comme un serviteur de Dieu d'abord et de l'homme ensuite. Or ce qu'on demande à celui qui est là pour servir, c'est de bien faire son travail. Nul ne se soucie s'il est d'une bonne famille ou pas. Dans l'Évangile de Marc, Jésus se dépouille de sa gloire céleste et se montre très discret. Il revêt le tablier du serviteur au lieu de faire de longs discours. Marc résume bien son approche lorsqu'il rapporte ces paroles du Christ :

Et si quelqu'un veut être le premier parmi vous, qu'il soit l'esclave de tous. Car le Fils de l'homme n'est pas venu pour se faire servir, mais pour servir lui-même et donner sa vie en rançon pour beaucoup (Marc 10.44-45).

En tant que serviteur de l'Éternel, Jésus-Christ accomplit une prophétie de l'Ancien Testament que je cite :

Voici mon serviteur, que je soutiens, celui que j'ai choisi, qui fait toute ma joie. Je lui ai donné mon Esprit et il établira la justice pour les nations. Mais il ne criera pas, il n'élèvera pas la voix, il ne la fera pas entendre dans les rues (Ésaïe 42.1-2).

L'Évangile de Marc s'adresse aux citoyens de l'empire romain. Ces gens-là étaient des soldats et des bâtisseurs. Ils avaient subjugué le monde, établi la pax romana , c'est-à-dire imposer par la force l'ordre, la loi et la justice. Ils avaient aussi construit un très grand nombre de routes qu'on appelle encore les voies romaines et dont l'objectif était avant tout militaire, c'est-à-dire déplacer des légions aussi rapidement que possible. Mais leur forme de gouvernement était despote et hypercentralisée. Les empereurs, ou Césars comme on les appelle, exerçaient une dictature cruelle pour la plupart. Il n'empêche que, pendant des siècles, ils furent capables de tenir leur empire en bride. C'est à ces gens pragmatiques que l'Évangile selon Marc s'adresse. En conséquence, il se concentre sur le ministère de Jésus, sur sa façon de former et diriger ses disciples et sur ce qu'Il a accompli pendant son temps sur terre.

Ce sont les faits et gestes de Jésus qui dominent le récit. On n'y trouve pas d'événements se rapportant à son enfance comme dans Matthieu et Luc. Par rapport aux trois autres Évangiles, Marc ne contient que peu de discours et de rares paraboles, mais beaucoup de miracles. C'est ce qui explique aussi que cet Évangile est de loin le plus court des quatre. Simon Pierre qui raconte la vie de Jésus à Marc, était lui aussi comme les Romains, un homme d'action, et c'est pourquoi l'adverbe «  Aussitôt  » revient une quarantaine de fois dans cet Évangile. Il y joue souvent le rôle de lien entre les différents épisodes de la vie de Jésus. Celui-ci semble être constamment en mouvement. Quelqu'un a dit avoir répertorié plus de 1 000 fois la préposition et. Celle-ci, comme l'adverbe aussitôt, aide à intensifier la séquence des événements, car, après un et, on s'attend à ce que quelque chose suive immédiatement. C'est ainsi que se succèdent à un rythme soutenu : guérisons, expulsions de démons, controverses avec les adversaires religieux et instruction des disciples. Une parole de l'apôtre Pierre concernant Jésus résume bien cet Évangile qui dans le fond et dans le style est de son cru. Je la cite :

Vous savez ce qui s'est passé, à commencer par la Galilée, puis dans toute la Judée, après que Jean a appelé les foules à se faire baptiser. Ensuite, Dieu a oint Jésus de Nazareth en répandant sur lui la puissance du Saint-Esprit. Celui-ci a parcouru le pays en faisant le bien et en guérissant tous ceux qui étaient tombés sous le pouvoir du diable, car Dieu était avec lui. Nous sommes les témoins de tout ce qu'il a fait, dans le pays des Juifs et à Jérusalem (Actes 10.37-39).

Quelqu'un qui avait lu ce témoignage a fait cette remarque très à propos : J'ai lu dans l'Évangile que cet homme, appelé le Christ, allait de lieu en lieu faisant du bien autour de Lui. Ce qui me trouble, c'est que moi je me contente d'aller de lieu en lieu. Cette déclaration me fait réfléchir. Si je brasse beaucoup d'air, est-ce pour accomplir quelque chose qui durera ou bien est-ce que je me consacre surtout à l'éphémère ? Comme Matthieu, Marc divise son Évangile géographiquement, entre le ministère du Christ dans le nord d'Israël, aux confins des nations dites païennes, et la Judée où se trouve Jérusalem, dans le sud. Il décrit en premier lieu l'œuvre du Christ en Galilée qui se divise en deux temps bien distincts. Tout d'abord, Marc se concentre sur son ministère public qui occupe la moitié de l'Évangile puis ensuite sur l'enseignement que le Christ donna à ses disciples. La célèbre déclaration de Pierre jouant le rôle de pivot entre ces deux parties. Je la rappelle :

Alors Jésus leur demanda : Et vous, qui dites-vous que je suis ? Pierre lui répondit : Tu es le Messie ! (Marc 8.29).

Une fois son ministère en Galilée terminé, le Christ se rend à Jérusalem, en Judée, pour se présenter comme le Messie et pour y être mis à mort. Ce trajet et la dernière semaine avant la crucifixion occupent, à un chapitre prêt, presque la moitié de l'Évangile de Marc.

Le premier chapitre, que je vais maintenant aborder, recouvre une période plus longue que n'importe quel autre du Nouveau Testament. Il commence par une prophétie combinée de Malachie et d'Ésaïe, deux prophètes de l'Ancien Testament. Ensuite, il traite la première année du ministère du Christ, dont les trois événements préparatoires, qui ont précédé l'apparition publique de Jésus. Je veux parler de la venue de Jean-Baptiste, puis du baptême et de la tentation de Jésus-Christ. Marc le suit au cours d'un jour de sabbat bien rempli avant de conclure par la guérison d'un lépreux. L'auteur, et donc également l'apôtre Pierre en filigrane, va aussi souligner que, malgré des journées fort occupées, Jésus prenait le temps de prier.

Chapitre 1

Verset 1

Je commence maintenant à lire ce premier chapitre.

C'est ainsi qu'a commencé la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, le Fils de Dieu (Marc 1.1).

Le texte débute d'une manière assez brutale, qui dit littéralement : Commencement de l'Évangile de Jésus-Christ, Fils de Dieu. Il renvoie ainsi le lecteur au début de la Genèse qui débute ainsi :

Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre (Genèse 1.1).

La comparaison est évidente : Au grand commencement dans l'éternité, Dieu et Au commencement de la bonne nouvelle, Jésus-Christ ! Curieusement, la façon, dont saint Jean commence son Évangile, semble faire le lien entre la première phrase du livre de la Genèse et le premier verset de Marc. En effet, Jean écrit :

Au commencement était celui qui est la Parole de Dieu. Il était avec Dieu, il était lui-même Dieu. Au commencement, il était avec Dieu (Jean 1.1-2).

Il s'agit là d'un commencement qui n'en a jamais été un. C'est une façon de dire : Dans l'éternité passée était la Parole qui était Dieu. Un peu plus loin, Jean continue en disant :

Celui qui est la Parole est devenu homme et il a vécu parmi nous. Nous avons contemplé sa gloire, la gloire du Fils unique envoyé par son Père : plénitude de grâce et de vérité ! (Jean 1.14).

Cette parole qui est Dieu est aussi devenue homme. En d'autres mots, Jésus-Christ est à la fois le Dieu de toute éternité et la bonne nouvelle qui est venue sur terre, dont Marc va maintenant parler. Lorsqu'il mentionne le commencement de la bonne nouvelle, il se réfère à tous les faits historiques qui ont entouré Jésus-Christ et qui concernent sa vie, sa mort et sa résurrection. Le Christ n'est pas un mythe, tant s'en faut, mais un personnage qui a fait l'histoire et laissé une immense trace de son passage. L'apôtre Jean, encore lui, s'opposant à une certaine philosophie en vogue de son époque, écrit :

Nous vous annonçons le message de celui qui est la vie. Nous vous annonçons ce qui était dès le commencement : nous l'avons entendu, nous l'avons vu de nos propres yeux, nous l'avons contemplé et nos mains l'ont touché (1Jean 1.1).

L'apôtre fait intervenir le contact des sens avec lesquels il est entré en communication avec le Christ en chair et en os. Il était à la fois humain et la source de la vie. Comme son enfance et sa généalogie, avec ses ancêtres remontant jusqu'à Abraham, n'intéressaient pas les Romains, aucun renseignement n'est donné dans ces domaines. Bonne nouvelle est la signification du mot grec transcrit en français par le mot Évangile, et elle consiste en la venue du règne de Dieu, c'est-à-dire l'intervention libératrice du Créateur en la personne de son Messie, Jésus-Christ. Le propos, que s'est fixé Marc, est de faire connaître Jésus qu'il nomme Christ et Fils de Dieu. Et c'est en effet à la révélation du Christ, qui est Fils de Dieu, que l'on assiste au fil des pages du texte. Jésus ne va pas utiliser le titre de Messie, car il était compris de manière trop politique et guerrière. Il lui préférera celui un peu énigmatique de Fils de l'homme.

Néanmoins, la révélation du Messie s'opérera, petit à petit. Cependant, ce n'est que lors de son entrée triomphale dans Jérusalem qu'il se présente comme le roi de la maison de David et ainsi officialise en quelque sorte son identité. Il la confirme lors de son procès, puis il accepte comme trône la croix, mais sa résurrection prouve qu'il est bien le Fils de Dieu, le Messie qui devait venir et qui reviendra pour instaurer son royaume avec puissance.

Versets 2-3

Je continue le texte.

Selon ce qui est écrit dans le livre du prophète Ésaïe : J'enverrai mon messager devant toi. Il te préparera le chemin. On entend la voix de quelqu'un qui crie dans le désert : Préparez le chemin pour le Seigneur, faites-lui des sentiers droits (Marc 1.2-3).

Le prophète annonce la venue d'un précurseur qui déblayera le terrain pour ainsi dire avant que ne paraisse le Seigneur. Ce grand nettoyage fut l'appel à la repentance, au retour sur soi et au changement de vision des choses.

Verset 4

Je continue le texte.

Jean parut. Il baptisait dans le désert. En effet, il appelait les gens à se faire baptiser pour indiquer qu'ils changeaient de vie, en vue de recevoir le pardon de leurs péchés (Marc 1.4).

La venue de Jean-Baptiste est l'accomplissement de la prophétie combinée mentionnée précédemment. Le baptême de Jean n'était pas une innovation absolue, puisque les Juifs exigeaient que les païens qui voulaient se convertir au judaïsme soient baptisés en se plongeant eux-mêmes dans l'eau. Ce qui est franchement nouveau, par contre, et surprenant, c'est que ce baptême de repentance, comme il est appelé, s'adressait au peuple de l'alliance, aux Israélites. Il était réservé à ceux des Juifs qui reconnaissaient ne pas être en règle vis-à-vis de la Loi que Dieu avait donnée au peuple d'Israël par l'intermédiaire de Moïse.

Il n'est pas bien difficile d'enfreindre l'un des six cents et quelques commandements contenus dans l'Ancien Testament. Il va sans dire que ceux qui s'autoproclament justes ne pensent pas avoir besoin de changer de comportement. Seuls les repentants, qui étaient prêts à admettre leurs fautes et résolus à changer, étaient admis à ce baptême. Le rite de passer sous l'eau n'est qu'un symbole. Il ne change strictement rien à la personne.

C'était seulement une préparation en vue de la venue du Messie. Par contre, si ces gens étaient sincères, alors lorsque le Christ paraîtrait, ils deviendraient des disciples et éventuellement recevraient le pardon de sa part, car Lui seul détient ce pouvoir d'absoudre le coupable. Ce n'est pas une personne humaine ou une cérémonie même pompeuse qui va effacer ma culpabilité vis-à-vis du Dieu trois fois saint.

Versets 5-6

Je continue.

Tous les habitants de la Judée et de Jérusalem se rendaient auprès de lui. Ils se faisaient baptiser par lui dans le Jourdain en reconnaissant leurs péchés. Jean était vêtu d'un vêtement de poils de chameau maintenu autour de la taille par une ceinture de cuir. Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage (Marc 1.5-6).

Le temps des verbes donne l'impression d'une procession continuelle de personnes qui venaient entendre Jean et se faire baptiser par lui dans les eaux du Jourdain. Ses habits et son alimentation le désignaient comme un homme du désert. Son vêtement est celui des pauvres, mais on peut y voir aussi une allusion au prophète Élie de l'Ancien Testament, dont il est écrit que c'était un homme habillé d'un vêtement en poil de chameau, noué d'une ceinture autour des reins (2Rois 1.8) et dont le retour sur terre avait été prophétisé comme précédent celui du Messie . Jésus-Christ est venu une première fois ayant Jean-Baptiste comme précurseur.

Son rôle était semblable à celui du prophète Élie. Jésus-Christ reviendra une deuxième fois précédé cette fois-ci par l’Élie original et ressuscité. Jean-Baptiste est le premier homme appelé à devenir prophète de l'Éternel depuis 400 ans. Né dans une famille de la tribu de Lévi et d'un père qui était prêtre, il aurait dû lui-même embrassé cette vocation bien rémunérée et servir dans le temple de Jérusalem. Les sauterelles séchées et le miel sauvage constituaient les mets habituels des pauvres dans les régions désolées. Le miel était un aliment courant dans le monde méditerranéen antique. Mais Jean se distingue en ce que son menu quotidien est composé uniquement de sauterelles et de miel sauvage : son mode de vie spartiate accentue l'impact de son message.


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