Réseau PHARE FM

AUX PORTES DU DAUPHINÉ (38 La Verpillière, Grand Est Lyonnais)107.0 FM21:30
GRENOBLE (38)96.6 FM21:30
HAUTE-NORMANDIE (76 Yvetot/Louvetot)94.9 FM21:30
MONTAUBAN (82)92.0 FM21:30
MONS (Belgique)89.3 FM21:30
MULHOUSE (68)95.3 FM21:30
HAGUENAU (67)91.5 et 92.5 FM21:30

AQUITAINE RADIO

MEILHAN SUR GARONNE (47)103.6 FM20:30 à partir de juin sinon 21:00

RADIO ALBATROS

LE HAVRE (76)88.2 FM20:45
FÉCAMP (76)89.8 FM20:45

RADIO ALTITUDE

CLERMONT FERRAND (63)97.0 FM22:00

RADIO CRISTAL

ÉPINAL (88)107.3 FM22:00
GÉRARDMER (88)92.7 FM22:00

RADIO LA SENTINELLE

ROUEN (76)97.9 FM21:30

RADIO OMEGA

AUDINCOURT (25)90.9 FM09:00 et 20:00

RADIO ALLIANCE PLUS

NÎMES (30)103.1 FM13:15 le mardi

RADIO FM PLUS

MONTPELLIER (34)91.0 FM13:15 le mardi

FM ÉVANGILE 66

PERPIGNAN (66)88.7 FM06:00 et 11:30. En espagnol à 23:00
EYNE (66)103.4 FM06:00 et 11:30. En espagnol à 23:00

WEB RADIO

PHARE FMwww.pharefm.com21:30
LOUANGE RÉUNIONwww.louangereunion.fr10:00, 18:00 et 22:00 (heures locales)
RADIO VIE FMwww.radio.vie-fm.fr05:00, 09:00 et 15:00
RADIO PRÉDICATIONwww.radiopredications.com10:00 et 19:00

Émission 925 - Daniel 4:24 - 4:28

Diffusé le 13 juillet 2015 - ::

Chapitre 4

Verset 24

J’ai entendu un acteur dire qu’il avait eu beaucoup de chance parce que par sa profession, il avait pu vivre beaucoup d’existences différentes. En fait, ce privilège est offert à tout le monde du moins à ceux qui se souviennent de leurs rêves. Seulement quelques fois on préférerait ne pas s’en rappeler.

Ce fut le cas du roi Nabuchodonosor qui a fait un bien vilain rêve, en fait un cauchemar, parce que même s’il a plutôt bien commencé, il a vite très mal tourné. On peut être certain que le roi aurait voulu l’oublier aussi vite que possible, mais malheureusement il se souvient de tous les détails qui le hantent et le travaillent car il sent que cet arbre immense qu’il a vu s’élancer vers le ciel et qui est coupé sur l’ordre des dieux a un caractère prémonitoire qui n’annonce rien de bon pour lui.

Et il a raison, car Dieu lui a fait savoir qu’il allait être jugé pour ses fautes et en particulier pour son ubris, son orgueil démesuré. En effet dans son arrogance, il s’est fait une énorme statue et a exigé sous peine de mort que tous les grands de son royaume se prosternent devant elle et l’adorent. Il va sans dire que le Dieu des cieux dont il est beaucoup question dans le livre de Daniel, n’apprécie pas ce genre de comportement. Ce qui est plus étonnant par contre est que l’Éternel décide d’intervenir et de s’occuper du cas Nabuchodonosor alors que d’habitude, Dieu ne prête guère attention à la plupart des autres rois idolâtres.

Une des explications tient dans le fait que le prophète Daniel et ses trois compagnons d’armes Chadrak, Méchak et Abed-Nego sont des hauts fonctionnaires qui font partie de la cour du roi de Babylone. Or les trois amis que je viens de citer avaient eux aussi reçu l’ordre de se prosterner et d’adorer la statue ce qu’ils ont refusé tout net parce qu’un tel geste aurait été une violation grave de la loi de Moïse. Nabuchodonosor s’est alors emporté comme il le fait chaque fois qu’on lui résiste, et a fait jeter les trois hommes dans une fournaise ardente mais Dieu les en a délivrés.

Il apparaît clairement dans le livre de Daniel que lui et ses compagnons bénéficient de la protection divine, alors si le roi de Babylone fait quoi que ce soit qui ait une incidence sur ces quatre Hébreux, l’Éternel intervient. Ce rêve prémonitoire est donc l’annonce d’un jugement bien que pour le moment il soit encore différé. Seulement Nabuchodonosor doit faire très attention à sa conduite car désormais, il se promène avec l’épée de Damoclès sur la tête et c’est exactement le conseil que Daniel lui donne après avoir terminé l’interprétation du rêve.

Je continue à lire dans le chapitre 4 du livre.

C’est pourquoi, ô roi, voici mon conseil : puisses-tu juger bon de le suivre ! Détourne-toi de tes péchés et fais ce qui est juste ! Mets un terme à tes injustices en ayant pitié des pauvres ! Peut-être ta tranquillité se prolongera-t-elle (Daniel 4.24).

Le verbe traduit par détourne-toi de tes péchés a été rendu par rachète tes péchés dans la Vulgate ce qui a donné un argument à ceux qui enseignent qu’il est possible à un être humain de racheter ses péchés par des œuvres méritoires. Seulement le mot araméen (perak) ne veut pas dire racheter mais rompre, briser, cesser (comparez Genèse 27.40 ; Ésaïe 1.16-17) ce qui apparaît dans presque toutes les traductions modernes (sauf la TOB) y compris la version catholique de l’école biblique de Jérusalem dite la Bible de Jérusalem .

Daniel à qui Nabuchodonosor avait simplement demandé de lui expliquer ce que son rêve signifiait aurait très bien pu s’en tenir là. Mais son affection pour le roi le pousse à suggérer une solution, un moyen d’éviter le jugement. Nabuchodonosor doit s’amender en modifiant son comportement. En effet, Daniel sait que les destinées de l’homme ne dépendent pas d’une fatalité aveugle et que les menaces de Dieu ne s’accomplissent pas d’une manière systématique (comparez Ésaïe 38.1-5), surtout quand celui qui fait l’objet de la foudre divine accepte de changer de conduite morale. Le prophète Ésaïe écrit :

Que le coupable abandonne sa voie, et l’homme malfaisant ses mauvaises pensées ! Et qu’il revienne à l’Éternel qui aura compassion de lui, à notre Dieu qui lui accordera un pardon généreux (Ésaïe 55.7 ; comparez Jérémie 18.7-8 ; Jonas 3.5-10).

Daniel recommande donc au roi de Babylone, d’une part, de rompre avec le mal, et d’autre part, d’utiliser sa position et son pouvoir pour exercer la justice et la miséricorde envers les plus démunis, car ce sont là les deux principales vertus d’un bon souverain. Le conseil de Daniel est la seule façon pour le roi d’échapper au châtiment annoncé sous forme de menace dans son rêve.

Verset 25

Je continue le texte.

Tous ces événements s’accomplirent pour le roi Nabuchodonosor (Daniel 4.25).

Si Nabuchodonosor avait cru Daniel, il n’aurait pas fait une crise de démence, perdu la raison et passé sept années à brouter de l’herbe comme un bœuf ou un âne au milieu des troupeaux. Mais ce potentat était lié par son péché d’orgueil qu’il n’a pas pu abandonner.

Après avoir entendu l’explication de son rêve, il était satisfait, mais n’en a pas tenu compte ; il l’a donc oublié et évidemment ignoré ce que Daniel lui avait conseillé. Mal lui en a pris.

Dans sa grâce et en rêve, Dieu a donné un avertissement à Nabuchodonosor puis du temps pour qu’il s’amende. Mais le roi a méprisé la bonté de Dieu à son égard ; il a continué dans ses mauvaises actions et comme aucune tuile ne lui tombait sur la tête, au contraire, tout allait plutôt bien pour lui et son royaume, il s’est dit que finalement, cet arbre immense qu’il avait vu en songe être coupé par les dieux ne présageait rien du tout ; ce n’était qu’un rêve.

Une des principales raisons pour laquelle beaucoup de gens continuent dans leurs voies perverses nous est donnée dans un passage de l’Ancien Testament qui dit :

Parce qu’une mauvaise action n’est pas vite sanctionnée, les hommes sont portés à faire beaucoup de mal (Ecclésiaste 8.11).

Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, l’être humain livré à lui-même suit les penchants de sa nature mauvaise. Et bien que la peur du gendarme soit le commencement de la sagesse , notre système de justice n’en tient pas compte ce qui fait que dans nos sociétés laxistes on commet des actes ignobles en toute impunité. Les délits, les meurtres et même les pires atrocités ne sont pas sérieusement sanctionnés. Au contraire, on défend avec acharnement les droits de ceux qui commettent des actes odieux et qui mériteraient le supplice de la roue.

Entre les vices de forme, les circonstances atténuantes, l’incapacité mentale , et qui sait quoi d’autre, il existe tout un arsenal permettant au plus endurci des criminels d’échapper à la justice. Et au pire, ils ont droit à une prison dorée aux frais de la princesse. Quant aux victimes, on s’en fout ! Ils n’ont qu’à subir. Dans ces conditions, rien d’étonnant donc si les délits de tous ordres ne font que s’accroître.

La mentalité de Nabuchodonosor était : après moi le déluge . Mais ça n’a pas marché et tous les événements décrits dans son cauchemar vont s’accomplir.

Versets 26-27

Je continue le texte.

En effet, un an plus tard, il se promenait sur la terrasse du palais royal de Babylone. Il prit la parole et dit : N’est-ce pas là Babylone la grande que moi j’ai bâtie pour en faire une résidence royale ? C’est par la grandeur de ma puissance et pour la gloire de ma majesté que j’ai fait cela (Daniel 4.26-27).

Dans le livre de l’Apocalypse, l’apôtre Jean utilise plusieurs fois l’expression Babylone la grande . L’épithète la grande se retrouve chez des écrivains anciens (Pausanias et Strabon) et semble avoir été la façon habituelle dont on appelait cette cité. Et sans exagération, elle méritait bien ce titre honorifique plus que toutes les autres villes de l’antiquité.

La fondation de Babylone remonte à l’époque qui a suivi le déluge (comparez Genèse 11) mais d’après des inscriptions archéologiques, on sait que Nabuchodonosor a fait exécuter d’immenses travaux dans Babylone et ses alentours. Ses constructions grandioses avaient consisté, d’une part, à l’embellissement considérable de la cité ancienne, et d’autre part, à la construction d’une ville nouvelle sur la rive gauche orientale du fleuve Euphrate. Tous les écrivains anciens rendent témoignage à la magnificence de cette cité. Même le prophète Ésaïe (Ésaïe 13.19 ; SER) l’appelle l’ornement des royaumes, la fière parure des Chaldéens . Les ruines qui en restent se composent surtout de briques marquées du nom de Nabuchodonosor.

Les murs d’enceinte de Babylone étaient peut-être ce qui était le plus prodigieux et pour cette raison, les Grecs les considéraient au même titre que les jardins suspendus, parmi les sept merveilles du monde. D’après l’historien Hérodote (484-420 av. J-C) qui visita Babylone après sa conquête par les Perses, les fortifications étaient construites en briques liées par du bitume. Ses murs avaient 90 m de haut, 22 de large et formaient un carré de 22 kilomètres de côté. Ce vaste espace était en partie occupé par des champs cultivés qui garantissaient de la famine cette cité embellie considérée imprenable, du moins en apparence.

Babylone formait donc un carré qui était situé sur les deux côtés du fleuve Euphrate qui le coupait selon l’une de ses diagonales. En d’autres mots, la ville était constituée de deux triangles dont les bases longeaient chaque côté du fleuve. Elle était traversée du nord au sud par 25 rues parallèles larges de 45 mètres qui se croisaient à angles droits avec 25 autres rues identiques, ce qui faisait 50 grandes avenues. Par leurs entrecroisements, ces avenues formaient 625 places et 676 quartiers d’habitations. Les maisons avaient de 3 à 4 étages. Toutes les rues s’arrêtaient au bord du fleuve et étaient fermées par des portes d’airain, 100 en tout, 50 sur chaque berge. Le long des deux rives couraient des murs en briques qui reliaient les angles nord-ouest et sud-est de la grande muraille extérieure.

Les deux parties de la ville communiquaient par un pont de 185 mètres de long qui reposait sur des piliers en pierre. Les poutres qui en formaient le tablier étaient enlevées le soir pour que ce passage ne devienne pas le théâtre de brigandages nocturnes.

Sur la rive gauche orientale se trouvait la citadelle royale de Nabuchodonosor dont on a retrouvé les ruines. Selon l’historien juif Josèphe et des inscriptions retrouvées, cet édifice magnifique formait un complexe de 13 hectares qui fut construit en quinze jours. Près de là se trouvaient les fameux jardins suspendus composés de terrasses superposées, dans les voûtes desquelles on pouvait circuler.

Eusèbe de Césarée (265-340), l’écrivain grec chrétien considéré comme le père de l’histoire religieuse, écrit que pour plaire à son épouse Amytis, originaire du pays montagneux de la Médie, le roi Nabuchodonosor lui avait offert une colline artificielle de 120 mètres de haut comme lieu de promenade et de rafraîchissement. Cet endroit paradisiaque construit à l’intérieur de la forteresse de Babylone comprenait un ensemble gigantesque de terrasses construites sur des voûtes. Leurs ruines sont encore visibles aujourd’hui et s’étendent sur une surface de quinze hectares. Des machines hydrauliques faisaient monter l’eau du fleuve (l’Euphrate) jusqu’à un réseau complexe de petits cours d’eau qui irriguaient la végétation. Ces jardins suspendus de Babylone font partie des sept merveilles du monde antique. Elles sont appelées ainsi parce qu’elles étaient considérées comme des réalisations artistiques quasi parfaites.

Enfin, à l’angle nord-ouest de la ville de Babylone, du même côté que la citadelle royale et la colline artificielle, se trouvait le grand temple de Bel aussi appelé Mardouk, la divinité équivalente à Jupiter, premier dieu des Romains et assimilé à Zeus le dieu suprême de la Grèce antique. Bel est également le même dieu que le Baal des Phéniciens dont les Écritures parlent si souvent. Ces deux noms Bel et Baal signifient aussi Seigneur . Les monuments assyro-chaldéens attribuent à Bel le rang suprême comme Zeus chez les Grecs et l’appellent le père des dieux , le créateur, le prince de l’univers . Son nom entrait dans un grand nombre de noms propres chaldéens comme dans celui de Daniel appelé Beltchatsar.

Sur la rive occidentale droite du fleuve se trouvait le temple de Bel-Nébo, une tour colossale de sept étages et qui selon certains avait 75 mètres de haut et selon d’autres, 225 mètres. Vers la fin de l’Empire babylonien, Nébo ou Nabu était à côté de Mardouk, c’est-à-dire Bel, le principal dieu adoré à Babylone. D'ailleurs, on les confondait volontiers. Nébo était considéré comme l’interprète divin, le Dieu de la science et de l’écriture. Il correspond à Hermès chez les Grecs et à Mercure chez les Romains (comparez Actes 14.12). On retrouve le nom Nébo dans celui de plusieurs rois comme Nabuchodonosor ou son père Nabopolassar par exemple.

Avec tous ces dieux et tous ces noms différents pour le même dieu, il y a vraiment de quoi se mélanger les pinceaux. Mais en réalité, tous les peuples antiques avaient à peu près les mêmes divinités mais ne les appelaient pas pareil. De plus, leur importance relative les uns par rapport aux autres, ainsi que leurs caractéristiques changeaient avec le temps ce qui fait que pour nous ces dieux forment un amas confus.

Tous ces détails un tant soit peu fastidieux j’en conviens, montrent que Babylone offrait sur un seul site les monuments les plus imposants de la gloire de l’homme. Et comme c’était Nabuchodonosor qui avait fait de cette ville Babylone la grande et une résidence royale digne de lui et de son empire, son orgueil ne s’explique que trop bien. Cet homme avait la folie des grandeurs. Alors qu’auparavant il avait fait construire à sa gloire une statue plaquée d’or, maintenant c’est Babylone la grande qui témoigne de sa majesté. Son orgueil et son arrogance ne connaissaient pas de limites.

Un jour de sa terrasse, il contemple la puissance et la beauté de Babylone, cette cité magnifique qu’il avait beaucoup embellie. Il exprime alors combien il est très satisfait de lui-même et fait la roue sans tenir compte le moins du monde de l’avertissement qu’un an auparavant l’Éternel lui avait donné, ni du fait que dans sa patience il avait différé le châtiment. Au lieu d’utiliser ce temps à bon escient et se repentir le roi a continué à faire le mal. Son orgueil éclate surtout dans cette déclaration : par la grandeur de ma puissance et pour la gloire de ma majesté .

Le propre de l’orgueil qui se divinise est de se considérer comme l’auteur, l’instrument et le but, en un mot comme le centre de tout. Ce mouvement d’orgueil auquel le roi s’est abandonné à cet instant sur sa terrasse fut comme la goutte d’eau proverbiale qui fait déborder le vase. Maintenant les dés sont jetés et l’heure du jugement a sonné.

Pour un roi, se promener sur une hauteur et contempler sa capitale est une démarche malsaine parce qu’elle nourrit sa propre importance. David aussi était sur sa terrasse quand il a vu une jolie femme (2Samuel 11.2), l’épouse de l’un de ses officiers supérieurs. Mais comme il était roi, il s’est cru tout permis.

Au travers des siècles, que ce soit dans le monde des affaires, de la finance ou de la religion, une multitude d’hommes mais aussi des femmes ont essayé de se construire un petit ou même un grand empire. Et quand ils réussissent, ils gloussent comme des dindons et oublient Dieu bien évidemment.

Jésus a mis en garde ses disciples contre ce travers quand il leur a dit :

Et que servira-t-il à un homme de gagner le monde entier, s’il perd son âme ? Ou que donnera un homme en échange de son âme ? Car le Fils de l’homme va venir dans la gloire de son Père avec ses anges, et alors il rendra à chacun selon sa manière d’agir (Matthieu 16.26-27 ; SER).

Nabuchodonosor contemple sa capitale, gonfle la poitrine et dit :

N’est-ce pas là Babylone la grande que moi j’ai bâtie pour en faire une résidence royale ? C’est par la grandeur de ma puissance et pour la gloire de ma majesté que j’ai fait cela (Daniel 4.27).

Versets 28-30

C’est alors que le rideau tombe. Le texte dit :

Ces paroles étaient encore sur ses lèvres, qu’une voix retentit du ciel : Roi Nabuchodonosor, écoute ce qu’on te dit : le pouvoir royal t’est retiré ! On te chassera du milieu des humains et tu vivras avec les bêtes sauvages, tu te nourriras d’herbe comme les bœufs. Tu seras dans cet état durant sept temps, jusqu’à ce que tu reconnaisses que le Très-Haut est maître de toute royauté humaine et qu’il accorde la royauté à qui il lui plaît. Au même instant, la sentence prononcée contre Nabuchodonosor fut exécutée : il fut chassé du milieu des hommes, il se mit à manger de l’herbe comme les bœufs et son corps fut mouillé par la rosée du ciel, sa chevelure devint aussi longue que des plumes d’aigle et ses ongles ressemblaient aux griffes des oiseaux (Daniel 4.28-30).

La sentence commence à la troisième personne, une tournure empruntée aux édits royaux. Dieu se moque de ce soi-disant grand roi en lui annonçant son châtiment comme le ferait un suzerain à son vassal et le jugement est sévère. Plus loin dans le livre (Daniel 5.21), Daniel rappelle cet événement et précise que sa raison devint semblable à celle des bêtes et il se mit à vivre en compagnie des ânes sauvages. Comme je l’ai déjà dit, le roi était atteint de boanthropie, une maladie mentale dans laquelle la personne affectée se prend pour un bœuf et vit comme un animal sans se soucier du tout ni de ses actions ni de son apparence.

Il est probable qu’à cause de sa position royale, Nabuchodonosor fut caché dans un parc animalier loin des regards du grand public afin que le moins de monde possible connaisse sa vraie condition. Il est également possible que ce soit Daniel qui ait organisé cette mise à l’écart discrète et assumé la direction du royaume en intérim. Autrement, il y a de fortes chances que le roi aurait été assassiné par l’un des nombreux aspirants au trône. Bien entendu, les annales babyloniennes n’ont pas retenu cet épisode peu glorieux du règne du grand empereur. Nabuchodonosor a voulu se faire dieu. Eh bien, le Dieu unique et vrai l’a fait tomber de son piédestal et l’a abaissé au niveau de la bête. Que cette chute vertigineuse et brutale me serve d’avertissement !